Quelques années avant la Révolution, il s'expatrie à Saint-Domingue où il acquiert un commerce. Ayant fait faillite, il rentre en France[2] et s'installe comme commerçant à Nantes, mais fait de nouveau faillite[1].
Pendant la Révolution, il gomme la partie de son patronyme qui évoque l'Ancien Régime et se fait appeler Socrate Chaux; il est en effet néo-stoïcien[1]. La Révolution lui donne l'occasion de reconstituer sa fortune. Dès 1791, il se trouve en possession de nombreux biens sécularisés: deux maisons en ville, trois propriétés dans la campagne[1].
À partir de 1793, c'est l'une des têtes pensante du comité révolutionnaire de Nantes. Il s'y distingue par sa vénalité, son manque de scrupules et d'humanité. Il est le plus attentif à faire rentrer l'argent, s'en servant d'ailleurs pour empierrer le chemin menant à l'une de ses propriétés, surnommé «le chemin de Chaux». Dès juin 1793, les malversations commencent, Chaux oubliant notamment de rendre compte d'une somme destinée à une mission à Paris[1]. Doué d'une grande facilité de parole et d'une grande intelligence, le sans-culotte Chaux est un homme très écouté ce qui facilite son entrée dans les clubs révolutionnaires nantais. Il se place dans l'ombre du natif de Saint-Domingue, Jean-Jacques Goullin (1756-1797) et réussit à obtenir la bienveillance de la part de Jean-Baptiste Carrier. Pour l'historien Michelet, Chaux est le «patriote ardent», mais «brutal, de peu de tête»[1].
Arrêté après le 9 thermidor an II (), en raison du rôle qu'il a joué lors des noyades de Nantes, il est jugé le 25 vendémiaire an II (), condamné, puis bénéficie de l'amnistie du 4 brumaire an IV (), décidée par la Convention thermidorienne, concernant «les faits purement relatifs à la révolution»[3].
Pierre Chaux de Champeaux, La voix dans le désert ou L'appel aux principe, par un infortuné, Paris, Lefèvre et Nantes, Forel, an III (1795), in-8°, 30 p.
Alfred-François Lallié, Pierre Chaux, membre du comité révolutionnaire de Nantes en 1793 et 1794, Nantes, V. Forest et E. Grimaud, 1882, in-8° , 14 p. (extrait de la Revue de Bretagne et de Vendée, )
Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, vol.2, Gallimard, 1962, p.1307
Jacques Dupâquier, Carrier, le procès d'un missionnaire de la Terreur…, Des Etannets, 1994, p.142.