Pierre Dunoyer
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Marseille
Thiais
| Naissance | Marseille |
|---|---|
| Décès |
(à 76 ans) Thiais |
| Sépulture |
Cimetière parisien de Thiais |
| Période d'activité |
ou |
| Nom de naissance |
Pierre Dunoyer |
| Nationalité |
française |
| Activité |
tableau |
| Site web |
Pierre Dunoyer, né le 20 janvier 1949 à Marseille (Bouche du Rhône) et mort le 11 septembre 2025 à Thiais (Val-de-Marne)[1],[2], est un peintre français.
Depuis ses débuts en 1976, son œuvre est marquée par l'abstraction, s'inscrivant dans la voie ouverte par l’expressionisme abstrait américain.
Comme le souligne en 2023 Fabrice Hergott, historien de l'art et directeur du musée d’art moderne de Paris[3], l’apport de Pierre Dunoyer à l’histoire de la peinture consiste à avoir réalisé une œuvre caractérisée par une tension tout à fait singulière et inédite entre figuration et abstraction, structure iconique et absence d’image.
En 1991 la Galerie Nationale du Jeu de Paume inaugure sa programmation contemporaine avec une grande exposition de ses tableaux [4]. En 2000, il reçoit de l'État la commande d'une grande tapisserie qui sera réalisée en 2002 d'après un petit tableau bleu dans les ateliers de la Manufacture Nationale de Beauvais à Paris. En 2023, le Musée d’Art Moderne de Paris organise la première rétrospective publique de son œuvre[5].
Après une double formation en architecture et en psychopathologie, Pierre Dunoyer se met à peindre en 1976. L'impulsion décisive lui ayant été donnée, comme il le racontera plus tard[6], par la découverte en 1973 au Grand Palais des œuvres de Barnett Newman et de Ad Reinhardt, montrées pour la première fois en France par Alfred Pacquement, alors tout jeune conservateur.
Ses premiers tableaux sont montrés au cours de trois expositions parisiennes organisées en 1978 par le groupe Janapa (1978-1981), suivies en 1979 par sa première exposition personnelle à la galerie parisienne d'Ileana Sonnabend, intitulée Six tableaux.
Ce qui caractérise sa démarche plastique dès le départ, c'est la revendication du tableau. Une prise de position très tranchée, qui allait à l'encontre de l'entendement intellectuel et artistique de l'époque, dominée par des préoccupations analytiques et déconstructivistes sous la double devise postmoderniste de "la fin des grands récits"[7] et de "la mort de la peinture". Le tableau est revendiqué par Dunoyer comme objet au sens propre - ob-jectum : ce qui fait face. Face au regard dont il sollicite la considération, l'objet tableau se manifeste, selon ses termes, comme "un fond qui fait surface" [8].
Dans la première moitié des années 1980 il vit entre Paris, où il continue de participer au débat intellectuel et artistique très vivace en ces années-là dans la capitale française, et New York, où il expose régulièrement. Son travail plastique évolue, se libérant progressivement des contraintes géométriques des débuts : l'articulation de la matière et des couleurs distribuées sur la toile se complexifie, gagne en dynamisme et en présence[9]. Il s'établit définitivement à Paris en 1987.
En 1991 son œuvre est présentée par Alfred Pacquement à la Galerie Nationale du Jeu de Paume, tout juste rénovée et dévolue désormais à l’art contemporain[10]. Il y montre un ensemble de 24 tableaux de même format et de taille imposante (240 x 185 cm) réalisés en 1989, ainsi qu’une dizaine de tableaux plus anciens.
Montré à différentes reprises au cours des décennies suivantes, mais toujours avec parcimonie, le travail de Pierre Dunoyer a continué de se déployer à l’écart des modes du moment en suivant avec obstination, avec cohérence, comme le souligne la critique d’art et commissaire d’exposition indépendante Anna Seaman, une seule et même ligne de pensée[11].
Son œuvre a par ailleurs fait l’objet de nombreuses publications dans la presse comme dans l’édition d’essais : de l’étude de 1979 du critique d’art Marcel-André Stalter [12], à la monographie de 2009 issue du travail universitaire de la chercheuse Sophie Rébiscoul-Lavine[13], en passant par les chapitres que lui consacrent les philosophes Emmanuel Martineau[14] et Mathieu Kessler[15]dans leurs ouvrages, respectivement en 1982 et en 2000.
En 2023 Fabrice Hergott présente la première rétrospective en France[16] de Pierre Dunoyer au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris dont il est le directeur. En juin 2025 la galerie Bernard Jordan expose ses derniers tableaux qui témoignent, dans leur essentialité de ce que, dans le texte rédigé à cette occasion, le philosophe Yves Michaud[17] nomme "pur apparaître"[18].
Expositions principales
- 2025 Tableaux (avec Dimitry Orlac), Galerie Bernard Jordan, Paris[18].
- 2023 Rétrospective en 14 tableaux, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris[19].
- 2017 Vers le Tableau, Jean-Paul Najar Foundation, Dubaï[20].
- 2009 Œuvres récentes & Ré-accrochage, BFAS Blondeau Fine Art Services, Genève[21].
- 2012 Peintures & Pastels, Galerie Farideh Cadot, Paris[22].
- 1991 Tableaux, Galerie Nationale du Jeu de Paume, Paris[23].
Collections publiques
- Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris : Eleonora (1979), Rouge (1985), Bleu (2005)
- Manufacture de Beauvais, Paris Gobelins : Bleu Tapisserie 298 cm x 247 cm (2002) réalisée d'après Petit Bleu (1999)
- Fonds National d'Art Contemporain (FNAC), Paris : La Machine (1976, acrylique sur acier), Sans titre (1977, acrylique sur carton), Rouge (1988), Gris (1995), Blanc (1998)
- Centre Georges Pompidou/Musée National d'Art Moderne, Paris, : Blanc (1988)
- Fonds Régional d'Art Contemporain (FRAC) Nord-Grand Large, Rouge (Radieux 1982)
- National Gallery of Australia, Canberra (Australie) : Tableau (1980)
- Université de Villeneuve d'Ascq, Lille : Branche de Saule (1978)
- Musée des Beaux-Arts, Tourcoing : Blanc (1979), 3 séries de pastels/études (1979, pastels sur papier monté sur carton, formats divers)