Pierre Forcadel
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Pierre Forcadel, né à Béziers, est un mathématicien français du XVIe siècle, frère du poète Étienne Forcadel.
Fils d'Humbert Forcadel et d'Isabelle Cabistan, qui survécut vingt ans à son mari, il fut de formation autodidacte. Avant son arrivée à Paris, Forcadel faisait un commerce de pharmacie, car Freig lui donne le titre de Mercator Hyppocrates[1]. S'il était peu versé dans la littérature classique, Gassendi (Vie de Peiresc[2], livre II) semble forcer le trait en affirmant qu’il n’avait point étudié le latin : on pense qu'il étudia au Collège de Presles[3] pendant un an et demi[4]. Certains témoignages de Ramus[5] laissent entendre que Forcadel jeune n'était en rien doué pour les mathématiques mais qu'il sortit de son collège aussi brillant qu'Hippocrate de Chios. Il obtint en 1560, grâce à la protection de Ramus[6], une chaire de mathématiques au Collège de France qu'il occupa jusqu'en 1574. Lecteur du roi, il prononça le le serment de catholicité exigé par le Roi. Il semble néanmoins avoir été poursuivi pour calvinisme pendant les guerres de Religion, et il a sans doute quitté sa chaire de lecteur royal pendant un temps de ce fait. (Ramus en 1562, se réfugie à l'abbaye de Royaumont). En 1564, certains exemplaires de ses livres sont offerts à l'Amiral de Coligny, à François de La Noue dit bras de fer, à Charles de Téligny, tous chefs protestants, auxquels il témoigne sa reconnaissance de l'avoir secouru. Il perd son protecteur, le comte de Brissac, peu avant la Saint-Barthélemy (en 1569). Son frère Étienne meurt avant le d'après Abel Lefranc ; Pierre Forcadel mourut, lui, entre 1576 et 1577 selon les différents auteurs.
On lui doit des traductions françaises d'ouvrages antiques, notamment une première traduction (partielle) des Éléments d'Euclide, de 1564 à 1566, comprenant les 9 premiers livres[7], une première traduction des Livres de Proclus sur le mouvement en 1565, et du Traité des poids d'Archimède en 1565. Toutefois, Forcadel ignorait le grec, et n'entendait que mal le latin rapporte Pierre Gassendi dans sa vie de Pereisc. De fait, Forcadel n'était pas assez latiniste pour écrire en latin sans fautes. Par contrecoup, on a oublié ses traductions et considéré que son plus grand mérite est d'avoir réintroduit le symbole '+' pour marquer l'addition dans les calculs[8].