Pierre Paquier

From Wikipedia, the free encyclopedia

Nom officiel
Jean Édouard Stéphane Pierre PaquierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Pierre Paquier
Pierre Paquier en 1955
Biographie
Naissance
Décès
Nom officiel
Jean Édouard Stéphane Pierre PaquierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Autres informations
Grade militaire

Pierre Paquier est un général français né le à Paris à l’île Saint-Louis et décédé à Paris le .

Jeunesse

Pierre Paquier est le fils de Jean d’Alcantara-Paquier, professeur à l’académie impériale de Saint-Petersbourg et d'Hortense Lupasco (1877-1910) fille d’Evelina Podlesiecki et de Constantin Georges Lupasco, chef d’escadron d'artillerie de l'armée roumaine.

Vie privée

Il épouse le 10 août 1928 Marie-Louise Koch, fille de Marguerite Le Gour et du lieutenant-colonel Louis Koch (1867-1915)[1], commandant le 33e régiment d’infanterie de marine, mort pour la France en 1915.

Ils ont trois enfants, Bernard, Marie-France (Madame Pierre Baraton), Stéphane-Pierre.

Il pratique l'équitation, et est formé comme instructeur omnisports à l'école de Joinville.

Études

Il étudie aux Collège de Juilly, au lycée Saint-Louis et à l'école Fontanes à Paris dirigée par Henri de Gaulle père du général, et dont Pierre Paquier a décrit la façon d’enseigner l’Histoire [2].

Bulletin de Pierre Paquier rédigé par Henri de Gaulle, directeur de l'école Fontanes et père du général De Gaulle

Il entre au Prytanée militaire de la Flèche[3] et se présente au concours d'entrée à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr.

Carrière militaire

Pierre Paquier en deuxième année de Saint-Cyr (1923)

Pierre Paquier est admis à Saint-Cyr le 25 octobre 1922. Il en sort en 1924 avec la promotion « Metz et Strasbourg »[4]. Un de ses plus proches camarades est l’élève officier Philippe de Hauteclocque, futur maréchal Leclerc.

Sous-lieutenant en 1924, lieutenant en 1926, capitaine en 1931, commandant en 1939, lieutenant-colonel en 1947, colonel en 1948, général en 1954.

Affectations

En 1925, il est affecté à l'école d’application de l’armée de l’air.

En 1926 au 12e régiment d’aviation à Neustadt[5], officier pilote, chef de la 8e escadrille[6].

En 1928 au 35e régiment d’aviation à Lyon.

En 1929 à l'aéronautique d’Indochine où il est cité pour la première liaison aérienne d'Indochine vers la Chine en volant d’Hanoï vers Yunnanfou (Kunming).

Capitaine en 1931.

Pierre et Marie-Louise Paquier, Hanoï, 1929

En 1932, il est affecté au commandement de la 3e escadrille de la 54e escadre, à l'école de perfectionnement au pilotage d’Étampes.

En 1935, il est rédacteur en chef de la revue du Ministère de l’Air, sous les ordres du colonel Pierre Weiss. C'est le début d'une amitié de 35 années qui ne se terminera qu'à la mort de Pierre Weiss, devenu général, en 1970[7].

La revue traite des actualités, des techniques aéronautiques, de l'Histoire militaire et aéronautique. Paraissant le 15 du mois elle est financée par la publicité à raison de 20 à 24 pages par livraison.

Pierre Paquier accueille les aviateurs américains du "Pingpong flight"

La fonction de Pierre Paquier l'amène à accueillir des aviateurs ayant accompli des actions extraordinaires, tels le chanteur millionnaire Harry Richman et son pilote Dick Merrill arrivant de Londres après avoir leur étonnant « ping pong flight »[8]. Les volumes vides des ailes et du fuselage de leur Vultee V-1 étaient emplies de 41000 balles de ping pong, censées le faire flotter en cas d'amerrissage forcé.

En 1937, il devient chef de la section Presse du Ministère de l’Air[9],[10],[11].

Il est ensuite Professeur à l'école supérieure de guerre aérienne.

Seconde guerre mondiale

À la déclaration de guerre, le commandant Paquier commande la base aérienne de Tananarive (Ivato).

Jean Assollant qui prêta le Goéland civil à Pierre Paquier pour rechercher le Graff Spee

Sa première mission est de localiser le Graf Spee, croiseur allemand chargé d’empêcher le ravitaillement transatlantique transitant du continent américain vers l’Europe. Fait symptomatique du sous-équipement de l’Armée de l’Air à l’entrée en guerre, ces vols sont accomplis sur le Goéland[12] F-APKS, avion civil, confié à l'Armée de l'Air par Jean Assollant[13], ami de Pierre Paquier et directeur de l'aviation civile à Madagascar. Cet appareil civil n'était ni armé, ni protégé, face aux 24 canons antiaériens de 105, 37 et 20 mm du croiseur, mais disposait d'une autonomie de 2000 km. Enfin repéré, le Graf Spee qui s’était abrité à l’ouest de Madagascar, repart en direction du Cap afin de couper la route marchande entre l’Argentine et l’Europe. Bloqué par la Home Fleet dans le port de Montevideo, il se sabordera tandis que son commandant se donnera la mort.

En 1940, Pierre Paquier obtient de regagner la France pour participer aux futures opérations qui - l’auteur de « Guerre et surprise » en est convaincu -, vont brutalement succéder à la « Drôle de guerre ».

Il est nommé aide de camp[14] de Georges Mandel, alors ministre des colonies puis de l'Intérieur. Il assure notamment la liaison entre l’armée de l’air et le ministère de l’intérieur lorsque M. Mandel se voit confier ce ministère. C’est à ce titre qu’il accompagne Winston Churchill à l’aérodrome après le sommet franco-britannique de Briare et Tours des 12 et 13 juin 1940. La défaite alliée est alors consommée et l’Angleterre va se retrouver seule face à Hitler. Au pied de son De Havilland[15] le premier ministre se retourne vers lui avant de monter en avion. Winston Churchill enlève son chapeau puis, se frappant à plusieurs reprises le front du poing droit, lui dit : « Commandant, la victoire… elle est là ! Elle est là ! ».

Après l’armistice il est affecté en zone libre à la base aérienne de Francazal pour y mettre sur pied une unité d'un type nouveau : un bataillon d’infanterie de l’Air, pouvant remplir les missions d’un régiment d’infanterie, tout en disposant des moyens de transport de l’Armée de l’Air. L’unité compte 3540 aviateurs, soldats de la classe 40 ou engagés volontaires pour l’Afrique du Nord et l’AOF. Ses officiers, dont plusieurs polytechniciens et Saint-Cyriens, et ses sous-officiers sont volontaires et les aviateurs sont tous des soldats de première classe.

Mais le gouvernement de Vichy a autorisé l’installation d’un poste météo allemand à Toulouse. Alors les aviateurs revenant du champ de tir défilent devant les Allemands en chantant l’hymne du bataillon de choc : « Non, non, jamais nous ne voudrons nous rendre aux Boches ». L’état-major français décide de relever de son commandement le commandant Paquier.

Dès l’invasion de la zone libre par les Allemands le commandant Paquier, sous couvert d’une commission technique relative aux enseignements de la guerre, mène des actions clandestines en collaboration avec son beau-frère, le capitaine Louis Muller du service de contre-espionnage[16]. Le capitaine Muller est un des 3 agents secrets ayant acheminé en France en 1940 le stock d’eau lourde[17] destiné à l'expérimentation nucléaire.

Pierre Paquier organise à partir de Toulouse une filière d’évasion de nombreux militaires et fonctionnaires civils renvoyés de l’administration du fait des lois raciales : sous le couvert d’un « service des archives de l’armée de l’air », ces derniers occupaient des postes administratifs fictifs en attendant leur passage en Espagne.

Activité clandestine

Il vient également en aide à de nombreuses familles de résistants, comme celle du général Cochet[18] après que ce dernier ait été arrêté et se soit évadé. Puis, l’armée de l’air ayant été équipée par les Américains, il rejoint la 31e escadre du groupe de bombardement Maroc, équipé de bombardiers B 26 Marauder[19],[20]. Sur ces Marauder, il occupera le poste de navigateur, d'une importance cruciale pour des bombardements de jour ciblant uniquement des cibles militaires ou industrielles.

Le groupe Maroc participe à la campagne d’Italie, à la bataille de France et enfin à la bataille d’Allemagne jusqu’à la capitulation allemande. L’équipage du commandant Paquier affronte les Messerschmitt 262 à réaction, notamment le 9 avril 1945 lors du bombardement des réserves stratégiques de carburant de Weissenhorn.

Après guerre

En 1946, il devient chef du service historique de l’Armée de l’Air.

En 1948, inspecteur adjoint des forces aériennes d’Outre-mer.

En 1949, chef d’État-Major de l’inspection générale de l’Armée de l’Air.

Il quitte l’Armée de l’Air en 1955 et préside 3 institutions : le syndicat de la presse Militaire, l'Union des pilotes de France et l'Amitié franco-roumaine.

Carrière civile

Directeur de la communication des sociétés pétrolières Labo puis Fina France.

Fin de vie

Pierre Paquier décède à Paris le 29 octobre 1980.

Décorations

Commandeur de la Légion d'Honneur

Croix de guerre 39-45

Décorations étrangères : ordre royal du Cambodge, ordre du Muniséraphon, dragon d'Annam, mérite culturel de Roumanie, étoile de la grande Comore[21]

Les œuvres de Pierre Paquier à travers quelques extraits ou commentaires

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI