Pierre Quétineau
militaire français
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Pierre Quétineau, né le à le Puy-Notre-Dame (Anjou), mort guillotiné le à Paris est un général républicain de l'armée des côtes de La Rochelle lors de la guerre de Vendée.
Le Puy-Notre-Dame
Paris
| Pierre Quétineau | |
| Naissance | Le Puy-Notre-Dame |
|---|---|
| Décès | (à 37 ans) Paris |
| Origine | Français |
| Allégeance | |
| Arme | Infanterie |
| Grade | Général de brigade |
| Années de service | 1772 – 1794 |
| Conflits | Guerres de la Révolution française Guerre de Vendée |
| Faits d'armes | Bataille de Valmy Bataille de Jemappes Bataille des Aubiers Bataille de Thouars |
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Biographie
Jeunesse
Pierre Quétineau naît au Puy-Notre-Dame, au sud de l'Anjou, le [1]. Sa famille appartient à la bourgeoisie locale, alliée à d'autres familles de marchands, de huissiers royaux ou de notaires[1]. Son père descend d'une longue lignée de marchands bouchers et est également fermier général de l'abbaye Saint-Jean de Montierneuf de Poitiers[1]. Sa mère, Louise Robinet, possède le fief de Bourgjoly à Saint-Martin-de-Sanzay[1].
Le , à l'âge de 16 ans, Quétineau s'engage comme grenadier au régiment de Champagne-infanterie[2]. Il obtient son congé le [3], avec le grade de sous-lieutenant[2]. Entre 1772 et 1778, ce régiment est en garnison dans le nord-est de la France — à Landau, Thionville, Calais, Aire et Douai — et dans les côtes de la Manche, principalement à Dinan[2].
Le , Pierre Quétineau se marie au Vaudelnay avec Marie-Anne-Catherine Robert-Latreille, née en 1758, fille d'un riche marchand-tanneur de Montreuil-Bellay[4]. Le futur général Jean Alexandre Caffin figure parmi les témoins[5].
Le , le couple donne naissance à un fils, Pierre-Constant Quétineau, au Puy-Notre-Dame[6]. Quétineau fait ensuite l'acquisition d'un domaine rural à Villiers, dans le village de Daymé, à Saint-Léger-de-Montbrun, près de Thouars[6],[7]. Il possède également une maison à Thouars appelée La Charpagne, rue Drouyneau de Bry[8],[3]. À la mort de son père en 1783, il hérite de sa propriété au Puy-Notre-Dame[6], puis du fief Bourgjoly à Saint-Martin-de-Sanzay[1] suite au décès de sa mère en 1786.
En 1786, Quétineau est initié franc-maçon à la Loge des Cœurs Réunis en la Triple Égalité, à Thouars[6],[9].
Début de la Révolution française
En 1789, Quétineau est signataire des cahiers de doléances du Tiers état de Saumur[6].,[3]. Le , il participe à la Fête de la Fédération à Paris[10]. La même année, il se rend acquéreur d'un bien national à Saint-Martin-de-Sanzay, près de Bourjoly[10].
Le , il est élu capitaine des grenadiers lors de la création à Niort du 1er bataillon des volontaires des Deux-Sèvres[11]. Le même jour, le bataillon est passé en revue sur la place de la Brèche par le général Dumouriez qui lui remet son drapeau[12]. Le bataillon est maintenu pendant l'hiver à Niort, où il entraîné par des instructeurs du 60e régiment d'infanterie[12]. Le , alors que la Vendée commence à être agitée par des troubles en raison de la constitution civile du clergé, Dumouriez envoie Quétineau à La Chataigneraie, pour commander la garnison[13].
En avril 1792, la France déclare la guerre au Saint-Empire, ce qui marque le début des guerres révolutionnaires. Le 1er bataillon des Deux-Sèvres est alors rattaché à l'Armée du Nord, sous le commandement de Dumouriez[12]. Il se trouve au camp de Maulde en juillet, puis au camp du Quesnoy en août[12]. Le 20 septembre, il assiste à la cannonade de Valmy[12]. Le 6 novembre, le bataillon se distingue à la bataille de Jemappes, où son chef est mortellement blessé[12]. Le 15 novembre, il entre dans Bruxelles et y reste en quartier d'hiver[12]. Seuls les grenadiers sont détachés pour participer à la prise de Liège et d'Aix-la-Chapelle et assiéger Maastricht[12].
Le , Quétineau est élevé au grade de lieutenant-colonel[14]. Au cours de ces campagnes, il voue un grande admiration à son commandant, le général Dumouriez, à tel point qu'il donne son nom à son dernier né[14]. Cependant, à la suite de sa défaite à la bataille de Neerwinden, le , Dumouriez fait défection pour rejoindre les coalisés[14]. Quétineau, alors en congé chez lui à Saint-Léger-de-Montbrun, s'empresse alors de débaptiser son fils et lui donne le nom de Rouget, en souvenir d'un compagnon d'armes de Jemappes[14].
Premières opérations en Vendée
Cependant le mois de mars 1793 est marqué par le début de l'insurrection vendéenne et Quétineau quitte son congé pour reprendre les armes sous le commandement du général François Leigonyer, au sein de l'Armée des côtes de La Rochelle[14]. Promu général de brigade[15], Quétineau est mis à la tête des forces républicaines dans les Deux-Sèvres[16]. Il établit quartier général à Bressuire et commande 3 000 à 4 000 gardes nationaux[17].
Le 24 mars, Quétineau reprend sur Châtillon avec 2 000 hommes et délivre plusieurs prisonniers, mais il ne conserve pas la ville et se retire sur Bressuire le lendemain[16],[18]. Quelques jours plus tard, avec 1 000 hommes, il surprend 2 000 insurgés à Saint-Mesmin, qui laissent 17 ou 20 tués[16]. Il se porte ensuite à La Châtaigneraie pour assister le général Chalbos[16],[19]. Le 11 avril, il bivouaque au village de La Favrière, au sud des bourgs de Nueil et des Aubiers[18]. Le 12, il s'empare de ces deux bourgs[18], puis il livre un combat de trois heures sur la route des Échaubrognes[16]. Quétineau revendique la mort de « 60 brigands », pour seulement trois républicains tués[16]. Il fait également 17 prisonniers qui sont envoyés à Bressuire[18].
Cependant, les troupes républicaines sont affaiblies par des désertions en masse[16]. Dans son mémoire, Quétineau affirme avoir eu « des journées de 400 ou 500 déserteurs »[20] et indique qu'il ne dispose plus que de 2 000 hommes à la mi-avril, contre 4 000 un moins plus tôt[16].
Défaites aux Aubiers et à Bessuire

Le 12 avril, Quétineau s'empare des Aubiers[18], puis livre un combat de trois heures sur la route des Échaubrognes[16]. Quétineau revendique la mort de « 60 brigands », pour seulement trois républicains tués[16]. Il fait également 17 prisonniers qui sont envoyés à Bressuire[18]. Cependant, il est attaqué le lendemain par plusieurs milliers d'insurgés menés par Henri de La Rochejaquelein[21]. Après plusieurs heures de combats, les républicains perdent une centaine d'hommes tués ou blessés et replient en désordre sur Bressuire[18].
Le 14, Quétineau reçoit en renfort 300 hommes du 8e bataillon de volontaires du Var, dit des « Marseillais »[22]. Cependant, après leur entrée en ville, ces derniers massacrent 11 à 14 personnes détenues dans les prisons, malgré les tentatives de Quétineau pour mettre fin aux tueries[22],[23].
Pendant ce temps, l'armée vendéenne repousse les troupes de Berruyer et Leigonyer dans le Maine-et-Loire et prépare une grande offensive dans les Deux-Sèvres[24]. Entre le 26 et le , environ 20 000 à 30 000 insurgés se ressemblent à Cholet[25]. Le 30 avril, l'armée vendéenne se met en marche[25]. Le 1er mai, Leigonyer avertit Quétineau qu'il est sur le point d'être attaqué et lui demande se replier sur Thouars[24]. Le 2 mai, Argenton-Château est prise par les Vendéens et ses 400 à 500 défenseurs s'enfuient en désordre sur Bressuire[25]. Dans la nuit du 2 au , Quétineau abandonne Bressuire, qu'il juge indéfendable, et fait retraite sur Thouars[25],[26] en prenant une route détournée par Faye-l'Abbesse[27]. Quelques heures plus tard, l'armée vendéenne fait son entrée dans la ville et libère les prisonniers oubliés dans leurs cellules, dont trois rejoignent l'armée insurgée : Louis de Lescure, Gaspard de Bernard de Marigny et Guy Joseph de Donnissan[28],[29].
Bataille de Thouars

Le , Quétineau est informé que l'armée vendéenne a quitté Argenton-Château et qu'elle marche sur Thouars[30]. Le lendemain, à 5 heure du matin, elle lance l'attaque de la ville[31],[32]. À 3 000 contre 20 000 à 30 000 assaillants, les républicains prennent position derrière deux ponts et un gué pour défendre les faubourgs[33]. Les troupes de Quétineau résistent toute la matinée, mais vers 3 heures de l'après-midi les Vendéens parviennent à s'emparer de l'un des ponts et à percer les lignes républicaines[34]. Quétineau tente une contre-attaque qui est repoussée et les assaillants se ruent sur les remparts de la ville[34]. Plusieurs brèches sont pratiquées sur les points faibles des murs et les portes sont enfoncées à coups de canons[31].
Vers 17 ou 19 heures, alors que les Vendéens s'engouffrent dans la ville, Quétineau et les administrateurs font hisser le drapeau blanc[35],[36]. Cette décision provoque l'indignation d'une partie des soldats « marseillais » qui tentent d'abattre le drapeau, mais celui-ci est finalement replacé ou maintenu en place[37],[Note 1].
Capitulation de Quétineau
Le juge de paix Redon de Puy Jourdain est chargé de la capitulation auprès auprès du général vendéen Maurice d'Elbée[35]. Peu après, Louis de Lescure se présente au général Quétineau, qui rapporte leur conversation dans son mémoire :
« Le ci-devant Lescure me dit, étant entré en ville... Bonjour Monsieur Quétineau... Je ne vous connais pas, lui répondis-je... Je suis Lescure. (C'est à l'époque de la Fédération, que nous nous étions vu.) Eh bien! me dit-il, vous n'avez pas voulu me venir voir pendant que j'étais votre prisonnier à Bressuire, mais je vous ai vu moi, disputer avec les Marseillais les quatorze victimes qu'ils ont immolées malgré vous, à coups de sabres ; vous insistiez pour les déférer à la Loi. Cette conduite de votre part est restée dans mon esprit ; embrassez-moi, donnez-moi la main, on me touchera avant qu'on vous touche, et votre garnison sera bien traitée[39] »
.
Mis à part quelques insultes de la part de Stofflet, le général Quétineau est traité très courtoisement par les généraux vendéens[39],[40],[41]. Il suit ces derniers à la maison de la famille Jounault, qui est réquisitionnée pour servir de logement aux commandants de l'armée[42]. Il refuse les offres qui lui sont faites de rejoindre les rangs de l'l'Armée catholique et royale[39],[41],[40]. Dans la soirée, il est pris à parti par deux chefs vendéens qui exigent qu'ils rendent ses armes[43]. Cependant Lescure et La Rochejaquelein s'interposent et l'autorisent à les conserver[43]. Il dîne en compagnie des généraux royalistes et partage sa chambre avec Charles de Bonchamps[39]. Deux sentinelles sont cependant placées le lendemain devant sa porte[44]. Victoire de Donnissan, l'épouse de Lescure, rapporte dans ses mémoires :
« Quétineau, pendant le séjour de l'armée vendéenne à Thouars, habita constamment la même maison que les officiers supérieurs ; il mangeait avec eux. Quelques-uns eurent le tort de l'insulter, les principaux chefs prirent hautement sa défense. On ne lui ôta point ses armes. On voulut lui persuader de ne pas se livrer à des hommes qui traitaient les malheureux comme des traîtres : « Pensez-vous, dit-il, que je n'aie pas fait mon devoir ? — Général, vous vous êtes conduit comme un brave, tout le monde vous rend justice dans l'armée catholique ». Il redoudait d'être mésestimé des Vendéens, et surtout de son parti[45]. »
Emprisonnement
Le , les prisonniers républicains sont relâchés par les Vendéens[40]. Le , Quétineau obtient un passeport qui lui permet de quitter Thouars et il se présente à Doué au général Leigonyer qui le fait mettre aux arrêts[40].
L'annonce de la prise de Thouars provoque un fort émoi du côté des républicains[46]. Le , dans une lettre adressée depuis Tours à la Convention nationale, le représentant en mission Tallien qualifie le général Quétineau d'« agent de Dumouriez »[47]. Le , à la Convention nationale, plusieurs députés accusent Quétineau de trahison et de fraternisation avec les chefs rebelles[46].
Le , la ville de Saumur est prise d'assaut par les Vendéens. En ouvrant les prisons, les royalistes y découvrent le général Quétineau, mis aux arrêts sur ordre de la Commission centrale[48]. Quétineau est de nouveau libéré après avoir refusé l'offre de rallier l'armée vendéenne et se rend à Tours, où il est incarcéré sur ordre des représentants en mission[46]. Il est ensuite envoyé à Paris, où il demeure enfermé pendant plusieurs mois dans la prison de l'Abbaye[46]. Le , le député Goupilleau de Montaigu obtient de la Convention nationale un décret ordonnant qu'il soit déféré devant le Tribunal révolutionnaire[46]. Quétineau est condamné à mort le et est guillotiné le lendemain[40].
À l'annonce du verdict, Marie-Anne Latreille, l'épouse de Pierre Quétineau, s'écrie « Vive le roi ! » devant le Tribunal révolutionnaire, ce qui lui vaut d'être condamnée à mort le [49],[50]. Elle se déclare alors enceinte et obtient un sursis, mais elle fait une fausse couche en avril[50]. Le le Tribunal révolutionnaire ordonne l'exécution de la sentence et Marie-Anne Latreille est guillotinée le même jour[50].