Pierre lithographique

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Pierre lithographique avec motif, entourée d'outils. La texture de la pierre est uniforme.

Une pierre lithographique est une roche calcaire spécifique, à la fois dure, uniforme et sans imperfection dans sa structure et sa texture, qui sert, sous forme de bloc taillé et aplani, à l'impression lithographique de textes et d'images.

Les géologues distinguent parfois le « calcaire lithographique » du calcaire « sublithographique » (micrite de Folk ou mudstone de Dunham, par exemple).

Le calcaire lithographique et sublithographique se serait formé dans des lagons peu profonds d'eau stagnante, hypersaline et anoxique. La combinaison de ces conditions aurait inhibé le développement du tapis microbien et l'invasion de micro-organismes. Ce type de calcaire apparaît en effet sans trace fossile ou sédimentaire visible, et par ailleurs, la pierre ne semble avoir subi aucune interaction avec les marées ou les courants d'eau[1],[2].

Répartition géographique

Horace Vernet : Artiste portant une pierre lithographique (vignette, lith. F. Delpech, 1818).

Allemagne

À Solnhofen en Bavière à la fin du XVIIIe siècle, fut identifié pour la première fois ce type de calcaire. Le dépôt remonte au Jurassique supérieur et seulement une partie de celui-ci peut être utilisée pour fabriquer de la pierre lithographique, appelée plattenkalk (en), possédant un grain d'une grande finesse, et dont les blocs bruts peuvent être débités sous la forme de plaques. Les gisements se trouvent d'une manière générale dans le Jura souabe et franconien, qui a fourni pendant les premières années de l'impression lithographique des matériaux à l'ensemble des ateliers européens[3],[2].

De nos jours, l'Office d'État bavarois pour la numérisation, le haut débit et la topographie conserve près de 30 000 pierres figurant de la cartographie, constituant la plus grande collection au monde de cette nature[4].

France

Sagesse, dessin sur pierre lithographique par Henri de Toulouse-Lautrec (c. 1896).

La ville de Montdardier dans le Gard devient le premier centre de production français de pierres lithographiques et l'on peut encore de nos jours y trouver les traces de nombreuses carrières. Cette pierre se trouve dans les couches géologiques du Jurassique inférieur. En 1851, durant la Grande Exposition de Londres, ce matériau reçoit une distinction[5],[6]. Avec l'évolution du format de l'affiche publicitaire vers 1870-1880, les blocs de calcaire lithographique augmentent en termes de dimension[7]. Un format de 230 × 150 cm fut utilisé par exemple pour imprimer une affiche de Théophile Alexandre Steinlen (Le Locataire, 1913)[8].

Après 1867, un second gisement est exploité du côté de Cerin, dans l'Ain, et aux Briches sur les hauteurs de Creys, dans l'Isère. Ces dépôts remontent au Kimméridgien, deuxième étage stratigraphique du Jurassique supérieur, où l'on a identifié par ailleurs de remarquables fossiles[9].

Espagne

Des carrières à pierres lithographiques ont été exploitées en Espagne près de Santa Maria de Meià sur les flancs sud de la Serra del Montsec (province de Lérida). Ces pierres se trouvent dans les couches du Crétacé inférieur. En 1902, l'ingénieur des mines Lluís Marià Vidal i Carreras (1842-1922) y découvrit un grand nombre de fossiles[10].

Le Museo Taller Litográfico de Cadix conserve une importante collection de pierres[11].

États-Unis

C'est à Louisville (Kentucky) qu'en 1868 est fondée l'American Lithographic Stone Company. Elle s'approvisionnait à partir de carrières situées dans le comté d'Overton ; puis, peu avant 1900, une deuxième carrière fut ouverte à Brandenburg. Cette entreprise fut le principal fournisseur de pierres lithographiques à usage commercial pour tout le pays jusqu'au début du XXe siècle. L'origine sédimentaire est la couche du Mississippien, correspondant au Serpukhovien du Carbonifère inférieur. Ces pierres furent jugées de qualité inférieure à celles produites en Allemagne[12].

En 1903, Clement L. Webster découvrit un nouveau gisement de pierres à Orchard (Iowa). Via son entreprise, la Interstate Investment & Development Company, il fonde dans les environs de cette ville un centre de production attenant à la carrière qu'il baptise « Lithograph City ». Géologiquement, cette pierre se situe dans les couches du Dévonien. L'entreprise A. Hoen & Co. (en) située à Baltimore, l'un des plus gros imprimeurs lithographiques de cette époque, jugea la qualité de la pierre excellente. Transformé en simple carrière, le site ferme en 1938[13].

Extraction et taille

Notes et références

Liens externes

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