Pietro Gonzaga
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Pietro Gonzaga, né le à Longarone en Vénétie et mort le ( calendrier julien) à Saint-Pétersbourg, est un peintre, aquarelliste, dessinateur et architecte.

Né le à Longarone, Pietro Gonzaga est le fils de Francesco et de la noble Anna Grini de Belluno[1].
Il étudie à Venise de 1769 à 1772 sous la direction de Giuseppe Moretti et d'Antonio Visentini et termine ses études à Milan de 1772 à 1778 en tant qu'élève des scénographes Bernardino, Fabrizio et Giovanni Antonio Galliari[2]. Il est fortement influencé par les œuvres de Canaletto et Piranesi[2]. Il fait ses débuts comme scénographe à Milan à La Scala en 1779 et conçoit plus de 60 productions à Milan, Rome, Gênes et d'autres villes italiennes[2].
À partir de 1792, il travaille en Russie, où il suit la recommandation du prince Nikolay Yusupov, qui est à l'époque le directeur général de la musique et de l'apparat à la cour de Catherine II[2]. Il travaille comme architecte à Saint-Pétersbourg[3].
Gonzague a publié plusieurs traités en français à Saint-Pétersbourg entre 1800 et 1807. L'artiste lui-même ne parlait et n'écrivait que le français en Russie[4].
La première traduction des œuvres littéraires et des lettres consacrées au prince Ioussoupov, du français vers le russe, remonte à la période d’avant-guerre, aux alentours de 1938, et se fonde sur les recherches pré- et post-guerres de V. Ya. Stepanov. Ainsi, dans l’un de ses travaux, il publia un grand nombre de documents d’archives relatifs à l’activité de l’artiste en Russie. Malheureusement, l’invasion nazie détruisit les recherches de Stepanov ainsi que certaines œuvres de Gonzague. Grâce aux efforts entrepris après la guerre, plusieurs études fondamentales sont parvenues jusqu’à nous. La collecte et la publication de ces articles relèvent du travail d’A. G. Movchenson et de F. Ya. Syrkina en 1974[5].
La traduction italienne, qui suivit la version russe, fut réalisée sous la direction de la Fondation Cini et publiée en 2006 par la maison d’édition Leo S. Olschki[6]. Enfin, en 2021, Leman Berdeli[7], chercheuse ayant étudié la synesthésie dans l’art et la littérature par une méthode comparative, présenta aux lecteurs du monde entier les premières éditions anglaises de la Musique pour les yeux et de l’optique théâtrale de Gonzague[8].
Selon Berdeli, Gonzague se désigne comme un « partisan des plaisirs de la vue, osant les comparer à ceux de l’ouïe ». À son avis, « les écrivains et les orateurs ne s’intéressent pas au sens de la vue ; les sages et les économistes considèrent les plaisirs de la vue comme une vanité menant au vice ou au luxe ; peut-être les savants trouvent-ils cela risible, mais après les tentatives du célèbre L.-B. Castel, nous osons encore parler de musique visible »[9].
Gonzague caractérise Louis-Bertrand Castel de la manière suivante : « Peu de gens savent que le célèbre Castel était un grand mathématicien, qui inventa une sorte de clavecin où, au lieu des sons, une gamme de couleurs apparaîtrait sur la troisième octave, en correspondance avec les intervalles du système sonore. Ainsi, il pensait que la musique pour les yeux pouvait être créée. L’expérience échoua, et ce savant se serait couvert de ridicule s’il n’avait déjà eu une réputation solide grâce à ses autres recherches érudites. C’est pourquoi il décida de s’occuper de cette question, éloignée de la création d’une nouvelle musique, et de ne livrer que quelques observations sur la pratique répandue des visions et phénomènes artificiels, leurs caractéristiques musicales et leur influence sentimentale, peu connue et désormais laissée de côté »[10].
Dans la seconde partie de son étude, Gonzague aborde le thème de l’identité scénique et de l’optique théâtrale, affirmant une prédiction révolutionnaire dans l’opéra, en se référant à « l’œuvre d’art totale » quarante-neuf ans avant le Gesamtkunstwerk wagnérien[11].
Pietro Gonzaga meurt le à Saint-Pétersbourg[12].
Références
- ↑ Tonini Steidl 2001.
- 1 2 3 4 Syrkina 2003.
- ↑ (en) « Gonzaga, Pietro di Gottardo », extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit
, sur Oxford Art Online, (ISBN 9780199773787) - ↑ Гонзаго // Малый энциклопедический словарь Брокгауза и Ефрона. — 2-е изд., вновь перераб. и значит. доп. — Т. 1—2. — СПб., 1907—1909.
- ↑ Syrkina, F. I., & Movshenson, A. G. [Syrkina, F. I., & Movshenson, A. G. (1974). Pʹetro di gottardo gonzaga, 1751-1831: zhnizn i tvorchestvo ; sochineniia, Искусство. диссертация] // русский. — 1974.
- ↑ Gonzaga, P., & Biggi, M. I. (2006). La musica degli occhi : scritti di pietro gonzaga. L.S. Olschki. переводная книга (неопр.). — Флоренция, 2006. — (ISBN 9788822255723).
- ↑ Leman Berdeli. The Ocular Harpsichord ‘La Toilet’ // Diciottesimo Secolo. — 2022-11-18. — Vol. 7. — P. 157–162. — ISSN 2531-4165
- ↑ Pietro Gonzaga & Leman Berdeli, The Music of the Eyes and Theatrical Optics : Pamphlets Excerpted from an English Masterpiece on Common Sense : St. Petersbourg, 1807. Meta Printing, TR 2021.Turquie, 2021. — (ISBN 9786250095713).
- ↑ « Gonzaga & Berdeli, 2021,pp. 5-7. », dans The Music of the Eyes and Theatrical Optics: Pamphlets Excerpted from an English Masterpiece on Common Sense: St. Petersbourg, 1807. — Meta Printing, TR 2021
- ↑ « Gonzaga & Berdeli, 2021, pp. 5-19. », dans The Music of the Eyes and Theatrical Optics: Pamphlets Excerpted from an English Masterpiece on Common Sense: St. Petersbourg, 1807. — Meta Printing, TR 2021.
- ↑ « Gonzaga & Berdeli , 2021, pp.44-47 », dans The Music of the Eyes and Theatrical Optics : Pamphlets Excerpted from an English Masterpiece on Common Sense : St. Petersbourg, 1807. Meta Printing, TR 2021.
- ↑ Viale Ferrero 2002.
Annexes
Bibliographie
- (it) Maria Lucia Tonini Steidl, « Gonzaga, Pietro », dans Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 57, (lire en ligne)
- (en) Mercedes Viale Ferrero, « Gonzaga, Pietro », dans Oxford Music Online, Oxford University Press, (ISBN 9781561592630, lire en ligne)
- (en) F. Ya. Syrkina, « Gonzago [Gonzaga], Pietro di Gottardo », dans Oxford Art Online, Oxford University Press, (ISBN 9781884446054, lire en ligne)