Pietro Secchia
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| Pietro Secchia | |
Antifasciste et homme politique italien | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Sénateur de la République Italienne | |
| – (25 ans, 1 mois et 29 jours) |
|
| Circonscription | Livourne (II lég.), Bielle (III, IV, V, VI) |
| Législature | I, II, III, IV, V, VI |
| Groupe politique | Communiste |
| Député de l'Assemblée Constituante | |
| – 31 juin 1948 | |
| Groupe politique | Communiste |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Occhieppo Superiore (Italie) |
| Date de décès | (à 69 ans) |
| Lieu de décès | Rome (Italie) |
| Nationalité | Italienne |
| Parti politique | PSI (1919-1921)
PCd'I (1921-1943) PCI (1943-1973) |
| Profession | Homme politique,
Publiciste |
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Pietro Secchia (Occhieppo Superiore, – Rome, ) est un homme politique et antifasciste italien, dirigeant important et historien mémorialiste du Parti communiste italien.
Les débuts dans la résistance antifasciste
Né à Occhieppo Superiore, dans la province de Bielle et provenant d'une famille ouvrière (son père est un militant du Parti socialiste italien), Pietro Secchia fréquente brillamment le lycée classique, mais du fait de sa pauvreté il est rapidement contraint de chercher un travail : dès 1917, il est embauché comme commis puis devient ouvrier dans une usine lainière.
En 1919, il s'inscrit à la FGSI (l'organisation de la jeunesse socialiste) avec laquelle il participe aux grèves rouges du Biennio rosso (1919-1920). En août 1922, il rejoint la grève légale contre le gouvernement Facta : pour cela, il est licencié. Plus tard il a, avec ses camarades, un affrontement contre un groupe de fascistes qui tourne au vinaigre. Entre-temps, en plus de son engagement syndical il poursuit son engagement politique: en 1921, il adhère au nouveau Parti communiste italien, en 1928 il en devient membre du Comité central.
Pour avoir exprimé publiquement son aversion pour Mussolini et son régime, il est arrêté en avril 1931 et, en février 1932, condamné à dix-sept ans et neuf mois de prison par le Tribunal spécial. Son ouvrage La lutte de la jeunesse prolétarienne contre le fascisme, publié à Berlin par l'Internationale de la jeunesse communiste, date également de 1931.
Amnistié en 1936, il est envoyé en détention dans l'île de Ponza puis à Ventotene. Après l'arrestation de Mussolini et la chute du régime, le 19 août 1943, il est libéré, ainsi que les autres prisonniers politiques et détenus, par une disposition du gouvernement Badoglio. La disposition, d'abord plus restrictive, est ensuite étendue, aux prisonniers communistes et anarchistes, sous la pression des représentants des partis antifascistes.
De nouveau libre, il participe à la Résistance, rejoignant, avec Luigi Longo, Gian Carlo Pajetta, Giorgio Amendola et Antonio Carini, le Commandement général des Brigades d'assaut Garibaldi. Il est l'auteur de nombreux articles publiés dans les journaux La nostra lotta, Il Combattente et l'Unità, recueillis plus tard, en 1954, dans l'œuvre Les communistes et l'insurrection.
Tout en soutenant une politique révolutionnaire qui prépare la perspective d'une insurrection armée, comme Longo et d'autres partisans communistes, il rejoint en 1944 le « tournant de Salerne » de Palmiro Togliatti, qui pousse le PCI à collaborer avec les autres antifascistes et avec les institutions du Royaume du Sud.
De l'après-guerre à 1973
En février 1948, à la suite du VIe Congrès national du PCI, il est élu secrétaire général adjoint, poste qu'il occupe jusqu'en 1955. En 1946, il est député à l'Assemblée constituante et en 1948, il est élu sénateur dans les rangs du Front démocratique populaire et le reste jusqu'à sa mort.
De 1946 à 1954, il est également chargé de l'organisation et du secteur Propagande du parti : durant sa gestion, le PCI atteint le nombre maximum d'adhérents de son histoire, dépassant la barre des deux millions, un résultat jamais atteint. A ce titre, il garde un certain contrôle sur l'ensemble de l'appareil du parti et aussi sur ce que ses adversaires politiques appellent plus tard le « parapartito » (para-parti), une structure clandestine constituée de noyaux d'anciens partisans, soupçonnés d'être souvent encore en possession d'armes non livrées après la Libération, et prêt à l'affrontement armé en cas de coup d'État de la droite anticommuniste. Le « parapartito » aurait agi sous une forme plus ouverte à l'occasion de l'attentat de Togliatti en 1948, mais l'absence de perspectives insurrectionnelles concrètes, qui se manifeste en cette circonstance, aurait alors entraîné le déclin et finalement la disparition de la structure, dont l'existence réelle cependant, n'a jamais recueilli de preuves certaines.
Souvent en décalage avec la politique de Togliatti et parfois considéré comme son alternative possible, en 1954 sa position au sein du parti commence à s'affaiblir : en effet il est d'abord rejoint puis remplacé par Giorgio Amendola à la direction organisationnelle. Secchia et d'autres éléments sont donc progressivement marginalisés, officiellement au nom d'une politique de "renouvellement", en réalité pour diminuer le pouvoir et l'influence au sein du parti des représentants les moins enclins à appliquer des politiques "réformistes" et d'accompagnement (tandis que la soi-disant "conventio ad excludendum" se poursuivait, qui, de fait, rendait impossible l'entrée dans les coalitions politiques des partis considérés par la Démocratie Chrétienne et ses alliés comme étant "extrémistes", à savoir le PCI, qui représentait de larges masses, et le MSI, une formation de droite qui se référait aux vingt ans de l'ère mussolinienne). De plus, élément à ne pas sous-estimer, la disparition de Staline et sa répudiation lors du XXe Congrès du PCUS a rendu la position des tenants d'une vision organiquement léniniste (dont Secchia est le principal représentant) particulièrement inconfortable à la fois dans le parti, et à la fois dans la sphère plus large de l'électorat du PCI, qui a vu le mythe de l'URSS et de Staline mis à mal, et parmi eux, surtout ceux qui tenaient un lien politico-sentimental avec cette période. Le déclin de Secchia est exacerbé en juillet de la même année par la « fuite avec la caisse enregistreuse » et par le vol de certains documents secrets du PCI par l'un de ses principaux collaborateurs, Giulio Seniga.
L'épisode marque sa disparition définitive des postes d'importance nationale : contraint d'abandonner la responsabilité de l'organisation nationale, il est nommé responsable du secrétariat régional de Lombardie, de 1955 au début de 1957. Il dirige ensuite l'activité éditoriale du parti jusqu'à la fin de 1962.
Dès la fin des années soixante il se consacre beaucoup à la politique internationale, il se bat pour l'émancipation et l'indépendance de l'Afrique : il visite l'Égypte et la Syrie en juillet-août 1967, l'Afrique du Nord en octobre-novembre de la même année ; la Jordanie, et à nouveau la Syrie en décembre 1969 ; Soudan, Éthiopie et Somalie en octobre 1971. En janvier 1972, il s'envole pour le Chili, où il soutient le gouvernement progressiste de Salvador Allende : il est le dernier dirigeant occidental à visiter la nation latino-américaine avant l'avènement de la dictature d'Augusto Pinochet. A son retour en Italie, il est pris d'une maladie qui le tient entre la vie et la mort pendant quelques mois. La nature incertaine de la maladie conduit Secchia, bien qu'il n'ait aucune preuve, à croire qu'il a été empoisonné par la CIA. Désormais affaibli, il décède en juillet 1973.
Aspects controversés
Internationaliste convaincu, il est généralement désigné comme l'un des principaux représentants de la « ligne dure » et révolutionnaire, qui considère la lutte armée comme un outil politique possible : en fait, il représente cette partie de la classe dirigeante de PCI qui n'a pas l'intention de collaborer avec Démocratie Chrétienne et les autres groupes politiques qu'il considère comme bourgeois.
Dans ses dernières années, il propose que le parti s'ouvre aux mouvements sociaux qui, à partir de 1968, s'organisent de manière spontanée et tumultueuse, afin d'offrir un débouché politique à l'énergie révolutionnaire des masses de la jeunesse. Dans ses écrits et ses discours, il y a constamment une critique des positions sectaires et extrémistes considérées comme irréalistes et contre-productives.
