Pilok
tambon (sous-district) de Thong Pha Phum, Thaïlande
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Pilok ( Thaï: ปิล๊อก) est un tambon (sous-district) du district de Thong Pha Phum dans la province de Kanchanaburi, en Thaïlande. Sa principale localité est Ban I-Tong (บ้านอีต่อง), un village isolé à la frontière avec la Birmanie et entouré par le parc national de Thong Pha Phum, qui couvre la majeure partie de la superficie du sous-district. Pilok a connu un essor dans les années 1940 avec l'ouverture de mines étain et de tungstène, mais l'activité minière a brutalement cessé après l'effondrement du marché mondial de l'étain de 1985. Depuis, le village s'est reconverti et attire aujourd'hui les visiteurs comme destination touristique.
Histoire
La date exacte de la découverte des gisements d’étain et de tungstène de Pilok n’est pas connue. Les premières exploitations auraient été menées par de petits prospecteurs birmans actifs dans la zone frontalière. L’intervention des autorités thaïlandaises débute en 1940, lorsque l’Organisation des mines d’État (aujourd’hui dissoute) fonde la mine de Pilok. Par la suite, de nombreuses sociétés privées s’installent dans la région, portant rapidement le nombre d’exploitations à plus d’une cinquantaine[1],[2].
À l’origine, l’exploitation minière était limitée par l’isolement de la région. Le minerai devait être transporté à dos d’éléphant jusqu’à Tha Khanun, puis chargé sur la rivière Khwai : le trajet prenait deux jours en descente et jusqu’à cinq jours en remontée pour rejoindre le centre provincial de Kanchanaburi[2]. Une route fut ouverte dès 1950 pour relier les mines à la rivière, puis, dans les années 1980, des routes partiellement pavées permettaient un accès direct depuis Kanchanaburi tout au long de l’année[3]. À son apogée, Pilok était une ville minière animée, où vivaient des milliers de travailleurs.
Le nom Pilok viendrait probablement du thaï phi lok (ผีหลอก), qui signifie « hanté par les fantômes », en référence aux conditions de travail difficiles dans la région ainsi qu'aux débuts marqués par des affrontements meurtriers entre autorités thaïlandaises et travailleurs birmans. Le nom du village I-Tong dériverai quant à lui du birman nat im taung (နတ်အိမ်တောင်), qui peut se traduire par « montagne des esprits »[2].
En 1985, l’effondrement du marché mondial de l’étain entraîna une chute brutale des prix. Les compagnies minières de Pilok cessèrent leurs activités et les mines furent abandonnées. La majorité des habitants quitta alors la région, désertant Pilok et son principal village Ban I-Tong[2].
Dans le cadre des plans de conservation du complexe forestier occidental (Western Forest Complex) lancés en 1991, la majeure partie des forêts du sous-district de Pilok a été intégrée au parc national de Thong Pha Phum, officiellement créé en 2009. Depuis, le village a connu un renouveau : son isolement, autrefois perçu comme une contrainte, est devenu un atout touristique. Une grande partie des habitants de Ban I-Tong s’est tournée vers cette nouvelle économie, transformant de nombreuses maisons en cafés ou en chambres d’hôtes[4].
Géographie et administration
Le sous-district de Pilok couvre une superficie de 725 km², dont environ 95 % est constitué de forêts naturelles, au cœur des monts Tenasserim, dans l’ouest de la Thaïlande. Il regroupe quatre villages (muban) : Ban I-Tong, Bo-ong (โบอ่อง), Mai Rai Pa (ใหม่ไร่ป้า) et Pilok Khi (ปิล๊อกคี่), pour une population totale de 6 236 habitants répartis en 2 841 foyers[5].
Ban I-tong (14°40′45″N, 98°22′10″E / 14.67917°N, 98.36944°E) est situé à 800 mètres d’altitude, à la frontière avec la Birmanie, à 75 km par la route du chef-lieu de district et à 210 km de Kanchanaburi. Un gazoduc provenant du gisement gazier de Yadana, en Birmanie, traverse le village et lui fournit de l’électricité. Les trois autres villages ne sont accessibles qu’en bateau à travers le réservoir du barrage de Vajiralongkorn et dépendent de l’énergie solaire[6].
Pilok compte plusieurs sites d’intérêt, en grande partie liés aux paysages naturels du parc national de Thong Pha Phum. Le village de Ban I-Tong est lui-même devenu une destination touristique, apprécié pour son atmosphère rustique et les brumes qui recouvrent fréquemment les collines environnantes. À proximité, l’ancienne mine de Pilok, avec ses bâtiments et machines abandonnés, est ouverte au public, tandis que le temple bouddhiste Wat Mueang Pilok (วัดเหมืองปิล็อก) se dresse sur une colline dominant le village[4]. Une autre colline voisine, Noen Sao Thong (เนินเสาธง, « colline du mât »), marque la frontière et offre un point de vue où se dressent deux mâts portant côte à côte les drapeaux de la Thaïlande et du Myanmar. Un poste-frontière se trouve à proximité, mais il n’est pas accessible au public[7].
Au sud de Ban I-Tong, la colline de Noen Chang Suek (เนินช้างศึก, « colline de l’éléphant de guerre »), qui culmine à 1 053 mètres d’altitude, offre une vue sur le village et ses environs. Par temps clair, il serait même possible d’apercevoir la mer d’Andaman, située à une cinquantaine de kilomètres côté birman. Le point de vue se trouve dans l’enceinte de la base opérationnelle de Chang Suek de la police des frontières, mais il est ouvert aux visiteurs et abrite également un terrain de camping apprécié[4].
À l’intérieur du parc national, le Khao Chang Phueak, qui culmine à 1 249 mètres d’altitude, constitue le point le plus élevé de la région. La randonnée saisonnière le long de sa crête étroite est une activité prisée des visiteurs. La cascade de Chokkradin se trouve également à proximité[8].
Également situé dans le parc national, le Somsak Mining Forest Glade est une maison d’hôtes installée sur le site d’une ancienne mine. Elle appartient à Glennis Setabundhu, surnommée « Tante Glen », une Australienne venue s’installer dans le pays avec son mari thaïlandais, Somsak, dans les années 1960. Après la fermeture de la mine et le décès de son mari en 1994, Glennis a rouvert le lieu sous forme de maison d’hôtes afin de préserver l’endroit et de soutenir les anciens ouvriers[9]. Réputé pour son isolement au cœur de la forêt, le Forest Glade n’est accessible qu’après cinq kilomètres de piste en véhicule tout-terrain. La cascade voisine de Chet Mit (น้ำตกเจ็ดมิตร, « cascade des sept amis ») se trouve dans la zone de concession de l’ancienne mine[10],[11].
De l’autre côté du réservoir du barrage de Vajiralongkorn, le Phra That Bo-ong, situé dans le village de Ban Bo-ong, est un stupa vieux de plusieurs siècles, construit au sommet d’un piton rocheux au milieu d'un étang couvert de nénuphars. Il est considéré comme sacré par les Karens bouddhistes, qui constituent la population locale[4].
Galerie
- Le village de Ban I-tong, vu depuis Noen Chang Suek
- Équipement abandonné à la mine de Pilok en 2014
- Vue sur Ban I-Tong, 2022
- Tante Glen à la maison d'hôtes Forest Glade
