Romualdi obtient un doctorat en sciences politiques. Au cours de ses études, il est secrétaire des Gruppi universitari fascisti à Forlì de 1936 à 1938. Il travaille ensuite comme journaliste[1].
Romualdi et son unité sont capturés par les partisans du groupe d'Urbano Lazzaro à Dongo, en Lombardie, en . Cependant, il parvient à s’échapper. Il est alors condamné à mort par contumace[3]. Après son évasion, il s'implique, en 1946, dans les activités de l'organisation clandestine des Fasci d'azione rivoluzionaria (Faisceaux d'Action révolutionnaire). Mais, à la fin de la même année, en compagnie de son ami Pino Rauti, il quitte cette structure pour participer à la création du Mouvement social italien[4].
Le il est arrêté dans des conditions mystérieuses. En effet, condamné à mort par contumace en tant que vice-secrétaire du Parti fasciste républicain, il vit alors dans la clandestinité sous le nom d'emprunt de «Giuseppe Versari». Or, au cours de cette cavale, il rencontre à plusieurs reprises les autorités, dont le ministre Palmiro Togliatti, secrétaire du Parti communiste italien. Avec elles, il participe aux négociations au sujet de l'amnistie prévue en faveur des prisonniers fascistes et même à la préparation du référendum institutionnel[5]. Emprisonné en 1948, sa peine est réduite à quatre ans d'emprisonnement. Il est libéré en 1951 et il reprend son poste de secrétaire adjoint du MSI[3].
Au sein du MSI, il est l'un des représentants, avec Arturo Michelini, Filippo Anfuso et Giovanni Roberti, de la tendance modérée du parti, qui prône la formation d'une «Grande droite», qui regrouperait toutes les forces anticommunistes (monarchistes, libéraux, centre-droit de la Démocratie chrétienne), en opposition avec la tendance «révolutionnaire», menée par Giorgio Almirante, ou les tendances plus radicales et activistes, comme celle menée par Pino Rauti[6].
Il siège à la Chambre des députés de 1953 à 1979, puis au Sénat italien de 1983 à 1987[7]. En 1959, il fonde la revue mensuelle L'Italiano, dans laquelle paraîtront de nombreux articles de son fils, Adriano Romualdi[8]. Il a également dirigé les revues Lotta Politica, Il Poplo Italiano et Ardito à divers moments. En tant que secrétaire adjoint du MSI, il s'efforce de moderniser les structures du parti. Il joue un rôle de premier plan dans la rédaction du programme en neuf points de 1967, qui sera toutefois aboli par l'arrivée d'Almirante à la tête du parti en 1969[3].
Le , il fait partie de la délégation du Groupe des droites européennes au parlement européen, reçue officiellement en audience par le pape Jean-Paul II. Parmi les 16 membres de cette délégation, on trouve aussi Giorgio Almirante, le Grec Dimitriadis Krisantos et le Français Jean-Marie Le Pen. Le pape les encourage à «continuer leur combat contre l'avortement» et «contre la décadence des valeurs morales en Europe»[10],[11].
Romualdi décède d'un cancer à Rome en 1988, à peu près au même moment que ses contemporains Almirante et Grandi[12]. Deux leaders du Parti communiste italien, Nilde Iotti et Giancarlo Pajetta se joignent à ses obsèques, de la même manière que lui et Almirante avaient participé à celles d'Enrico Berlinguer[13]. Dans la presse, Giorgio Almirante déclare qu'il s'agit là d'un geste entre «ennemis qui se respectent»[14].
Il est le père de l'historien et théoricien de la «Cultura di Destra» Adriano Romualdi.
Rumeurs
Il a fait l'objet de nombreuses rumeurs selon lesquelles il aurait été le fils biologique de Benito Mussolini, bien qu'aucune preuve n'en ait jamais été fournie[15]. Romualdi lui-même, originaire du même village que Mussolini, a encouragé la rumeur[1].
Références
1 2 3 (en) Philip Rees, Biographical Dictionary of the Extreme Right Since 1890, Simon & Schuster, 1990, p.328
↑ Pauline Picco, «Les regards des extrêmes droites italiennes sur le combat pour l’«Algérie française»: circulations et transferts (années 1960)», Cahiers d’études italiennes, no22, , p.127–140 (ISSN1770-9571 et 2260-779X, DOI10.4000/cei.2909, lire en ligne, consulté le )
↑ (en) RJB Bosworth, Oxford Handbook of Fascism, Oxford University Press, 2009, p.589
↑ Massimo Magliaro, «Le Mouvement Social Italien», Cahiers d'histoire du nationalisme, Paris, Synthèse nationale, no 11, 2017, 250 p., p. 19. (ISSN2493-6715).
↑ Christophe Boutin, Politique et tradition: Julius Evola dans le siècle (1898-1974), Paris, Kimé, , 513p. (ISBN2-908212-15-3), p.347
↑ Baillet, Philippe., De la confrérie des bons Aryens à la nef des fous: pour dire adieu à la droite radicale française: précédé de trois textes d'Adriano Romualdi traduits de l'italien et annotés par Philippe Baillet, Saint-Genis-Laval, Éditions Akribeia, , 200p. (ISBN978-2-913612-69-3 et 2913612695, OCLC1043880064, lire en ligne)