Piratage de Sony Pictures Entertainment

From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Sony Picture Plaza à Culver City.

En , la société américaine Sony Pictures Entertainment, filiale du groupe japonais Sony, est victime d'un piratage massif de ses données. Cette attaque informatique est l'une des plus importantes jamais subies par une entreprise aux États-Unis, qui accusent la Corée du Nord d'en être responsable[1].

Sony Pictures Entertainment (SPE) est une société américaine de la Sony Corporation of America, elle-même filiale du géant japonais de l'électronique grand public Sony. D'octobre à , elle a tourné le film L'Interview qui tue !, qui devait être diffusé le [2].

Historique

Le lundi 24 novembre 2014, en allumant leurs ordinateurs, les employés de Sony Pictures Entertainment ont vu apparaître sur leurs ordinateurs une image de squelette, accompagnée d'un message de chantage. Les pirates, sous le nom de Guardian of Peace, menaçaient de commencer à dévoiler des informations sensibles le soir même si l'entreprise n'accédait pas à leurs requêtes [3]: « Nous avons obtenu toutes vos données internes incluant des secrets. Si vous n'obéissez pas, nous publierons ces données. Vous avez jusqu'au à 23 h pour décider »[4].

Le 27 novembre 2014, cinq films dont Annie, Mr. Turner, Still Alice, To Write Love on Her Arms (Day One (film, 2012) (en)) et Fury, distribués par la société font leur apparition sur des sites pirates[5]. Hormis le dernier, les 4 titres piratés devaient sortir en salle dans les mois prochains.

Auteurs

Depuis le , le piratage est attribué à un groupe se faisant appeler #GOP, un acronyme pour « Guardian of Peace »[6]. Cet acronyme se retrouve en signature des messages revendiquant le piratage et accompagnant la publication des données sur les sites de téléchargement[6].

Le , l'un des pirates déclarait au site d'information CSO : « Nous sommes une organisation internationale, qui inclut des célébrités issues des milieux politiques et de plusieurs pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Nous ne sommes pas contrôlés par un État. Notre cible n'est pas le film 'The Interview', comme le laisse entendre Sony Pictures »[7]. Le journal Le Monde précise que les messages des pirates s'accompagnent de revendications d'ordre financier (« nous voulons une compensation monétaire »), détaillant la volonté de causer la faillite de Sony Pictures et sa « cupidité », ou encore la « dangerosité » du film The Interview, de nature à « mettre fin à la paix régionale et causer une guerre »[7].

Le 19 décembre 2014, le Federal Bureau of Investigation a assuré avoir « récolté suffisamment d'information pour conclure que le gouvernement nord-coréen est responsable de ces actions », et évoque des « similarités dans les lignes de code, les algorithmes de chiffrement de données, les méthodes pour supprimer des données et compromettre les réseaux informatiques » et que « des analyses techniques sur le logiciel malveillant utilisé lors de l'attaque révèlent des liens avec d'autres logiciels, dont le FBI sait qu'ils ont été développés par des acteurs nord-coréens »[8],[9].

Un porte-parole du Département politique de la Commission de défense nationale de la république populaire démocratique de Corée a rejeté en bloc les accusations américaines et a demandé aux États-Unis d’accepter de mener une enquête conjointe, sous peine de « lourdes conséquences »[10],[11].

Vecteurs d'intrusion

Le 19 décembre 2014, le centre américain d'alerte et de réaction aux attaques informatiques (US-CERT) a publié une alerte sur son site détaillant le malware très probablement utilisé par les attaquants[12],[13]. Le maliciel serait un ver informatique équipé de 5 composants : un implant d'écoute, une backdoor, un proxy, un outil de destruction massif de disque dur et un outil de nettoyage ciblé[12],[13].

Conséquences

Notes et références

Articles connexes

Related Articles

Wikiwand AI