Plan Pleven
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Le plan Pleven est un projet présenté à l'Assemblée nationale française le par le ministre de la Défense nationale, René Pleven[1]. Il a pour but de répondre à la demande américaine d'augmentation des effectifs militaires des pays d'Europe de l'Ouest, dans un contexte de guerre froide, et alors que les États-Unis avaient proposé précédemment d'autoriser la nouvelle République fédérale d'Allemagne à se réarmer, afin de répondre à cette volonté. La France, cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est hostile à voir renaître une armée allemande, et propose, par ce plan, la mise en place d'une « armée européenne » dans laquelle seraient intégrées des troupes allemandes[2]. Le plan Pleven est ainsi proposé par la France afin d'empêcher la création d'une armée allemande, tout en augmentant les effectifs militaires du continent européen faisant directement face à la menace soviétique. La présentation de ce plan servira de base à l'élaboration du traité de la Communauté européenne de défense (CED), signé en , mais qui ne sera pas ratifié par la France.
Deux évolutions majeures dans les relations internationales à cette période expliquent les raisons de la présentation du plan Pleven par la diplomatie française. D'une part, la montée des tensions américano-soviétiques, aboutissant au début de la guerre froide en 1947 et à l'éclatement de la guerre de Corée en 1950. D'autre part, les volontés d'une construction européenne entre les pays d'Europe de l'Ouest, recommandée par les États-Unis, afin de faire face à l'URSS de Joseph Staline, considérée comme une menace par les pays occidentaux.
En 1948, le traité de Bruxelles lie la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg au sein de la même alliance militaire. Ces cinq mêmes États signent le pacte Atlantique l'année suivante, une nouvelle alliance rassemblant également le Danemark, la Norvège, l'Islande, l'Italie, le Portugal, le Canada, mais surtout les États-Unis, détenteurs de l'arme atomique. Ces différents traités consolident la formation du bloc occidental. Mais au début des années 1950, les Américains s'alarment de la quantité insuffisante de militaires présents à l'Ouest du continent européen face à l'Armée rouge. La guerre de Corée, débutée en , et la guerre d'Indochine, déchirant la colonie française depuis 1946, occupent une importante partie des contingents pouvant potentiellement défendre l'Europe de l'Ouest en cas d'attaque soviétique. Il est alors question, sur une proposition américaine, formulée en [2], de réarmer la RFA, mise sur pied l'année précédente, alors qu'il était prévu que l'Allemagne ne se dote pas d'une armée. La France refuse catégoriquement, mais propose, en alternative, le plan Pleven.
De plus, le plan Pleven est présenté dans le contexte de la construction européenne. En 1948, le partage de l'aide américaine dans le cadre du plan Marshall au sein de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), est la première épreuve de coopération entre les pays européens. La même année, se tient à La Haye un premier Congrès inter-européen, durant lequel le projet d'une Union européenne est évoqué. Le , la déclaration Schuman est prononcée afin de présenter le projet de mise en commun des productions franco-allemandes de charbon et d'acier. Le plan Pleven, présenté quatre mois après la déclaration de Robert Schuman, ajoute ainsi la dimension militaire dans la construction européenne.