Plan Sénégal Emergent
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Le Plan Sénégal Emergent (PSE) est un programme stratégique de développement adopté par le gouvernement Sénégalais en 2014 dans le but de transformer durablement l’économie nationale et faire du pays une nation émergente à l’horizon 2035.
Historique
Le Plan Sénégal émergent (PSE) est un programme stratégique de développement adopté par le gouvernement Sénégalais en 2014 dans le but de transformer durablement l’économie nationale et faire du Sénégal une nation émergente à l’horizon 2035[1],[2],[3].
Cette initiative a été portée par le Président Macky Sall, élu en 2012. A son arrivée au pouvoir, le nouveau chef de l’Etat a exprimé le besoin de revoir les approches de développement sénégalais, et c’est dans ce contexte qu’il initie le programme Sénégal émergent qui vise à transformer structurellement l’économie nationale et positionner le pays sur la trajectoire de l’émergence à l’horizon 2035 afin de stimuler la croissance économique et l’investissement d’une part, et d’autre part, améliorer les conditions de vie de la population, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi[4].
Contexte
Durant plusieurs décennies, la croissance économique sénégalaise est restée modérée, souvent équivalente à la croissance démographique. Cette situation a limité l’impact des politiques de développement sur la réduction durable de la pauvreté, particulièrement en milieu rural. Malgré plusieurs cadres stratégiques successifs, les résultats ont souvent été en deçà des attentes. Seule la période 1995-2025 a marqué une décennie de progression économique, avec une amélioration du revenu par habitant. Toutefois, à partir de 2006, l’élan s’est affaibli sous l’effet du ralentissement de secteurs clés (BTP, télécommunication, services financiers), d’un secteur privé peu dynamique, de l’augmentation des dépenses publiques et d’un déficit extérieur persistant (7,9% du PIB)[5]. En 2014, avec une population estimée à près de 14 millions d’habitants, le Sénégal connaissait encore une forte croissance démographique (2.7%), bien qu’ayant entamé une transition démographique. La majorité de la jeunesse rencontrait des difficultés d’accès aux services sociaux de base et à l’emploi, faisant de la question de l’insertion socioéconomique une priorité pour les politiques publiques. La perspective d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d’ici 2015 devenait incertaine, notamment en matière de rééducation de la pauvreté, de santé maternelle et infantile, d’éducation primaire et d’accès à l’assainissement.
En outre, les politiques d’aménagement du territoire mises en œuvre jusqu’alors n’ont pas permis de corriger les déséquilibres entre les régions. Elles ont conduit à une forte concentration des activités économiques dans la région de Dakar et sur la façade ouest, accentuant la marginalisation des autres zones[5]. Aussi, la faiblesse de la croissance s’expliquait par une faible productivité, des infrastructures insuffisantes, des difficultés d’accès à l’eau, aux intrants agricoles, au foncier et au financement. L’agriculture restait vulnérable aux aléas climatiques et les chaînes de valeur agro-pastorales mal structurées.
Par ailleurs, des retards dans les réformes liées à l’énergie, l’environnement des affaires, une gouvernance perfectible et une efficacité limitée de la dépense publique ont freiné la dynamique économique. Et L’administration, souvent peu performante, faisait face à une certaine résistance au changement[6],[2].
Les différentes phases du Plan Sénégal Emergent (PSE)
Phase de lancement du PSE: (2014-2018)
En réponse aux limites observées dans les politiques économiques précédentes et aux défis structurels du pays, le Sénégal a lancé en 2014 le Plan Sénégal Emergent (PSE). Cette stratégie portée par le président Macky Sall dès son arrivée au pouvoir en 2012, visait à inscrire le pays dans une nouvelle dynamique de développement axée sur une croissance durable, inclusive et mieux repartie[7].
Le PSE marque une rupture avec les modèles antérieurs caractérisés par une faible coordination des actions, une dépendance à des moteurs de croissance traditionnels en perte et une réduction marginale de la pauvreté; notamment en milieu rural. En adoptant ce plan, le gouvernement sénégalais a voulu se doter d’un cadre de référence pour sa politique économique et sociale à moyen et long terme[8]. Ce changement d’approche repose sur la volonté d’atteindre un meilleur équilibre entre expansion économique, justice sociale et viabilité environnementale. Le PSE propose ainsi une vision nationale qu’est: «un Sénégal émergent à l’horizon 2035 avec une société solidaire dans un Etat de droit»[9],[6].
Phase II du PSE (2019-2023): le défi d’une croissance durable
Depuis 2014, le PSE constitue le cadre de référence de la politique de développement économique et social du pays. En 2019, il est entré dans sa deuxième phase d’exécution couvrant la période 2019-2023[10].
Un premier diagnostic de la phase initiale a été réalisé en décembre 2018 afin d’évaluer l’état d’avancement du plan. Ce bilan a révélé des progrès importants, en particulier une croissance économique soutenue de plus de 6% par an au cours des trois (3) années précédentes[9].
Toutefois, ces résultats n’ont pas suffi à atteindre tous les objectifs fixés, ce qui souligne la nécessité de définir les actions à mener dans cette nouvelle phase pour progresser vers les cibles prévues à l’horizon 2023.
A cet effet, une participation accrue du secteur privé est attendu pour garantir une croissance plus diversifiée et durable. Les défis restent nombreux, tant dans les domaines de la santé et de l’éducation que sur le plan fiscal, où les efforts importants sont encore requis de la part de l’Etat[10].
Phase 3 du PSE (2024-2028): contribution régionale du plan d’actions prioritaires 3
Dans le cadre de la mise en œuvre de la phase 3 du PSE, axé sur la gouvernance, la décentralisation et le développement des territoires, la région de Dakar a tenu, le 14 septembre 2023, un atelier de validation de sa contribution au Plan d’Actions Prioritaires (PAP 3). Organisée par le Service Régional de la Planification (SRP) avec l’appui de la DGPPE, cette rencontre a rassemblé représentants de l’administration, du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques et financiers[11].
Le Programme d’Appui au Développement Régional et Local (PADRL) s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Il vise à accompagner le PSE en contribuant à une croissance inclusive et durable, surtout en milieu rural. Son objectif est de créer les conditions d’un développement local à travers le renforcement de la décentralisation, la gouvernance multisectorielle et la promotion de l’entreprenariat local.
Cela passe par l’accès aux infrastructures de base (eau, électricité, voies de désenclavement), la réduction des inégalités spatiales et la consolidation du développement à la base , conformément à l’Acte III de la décentralisation . Ce positionnement rejoint également les recommandations des Perspectives Economiques en Afrique 2015 qui soulignent l’impact des infrastructures de base sur un développement inclusif[12].
Orientations stratégiques du PSE
Les orientations stratégiques qui guident la mise en œuvre du PSE s’appuient sur trois (3) axes fondamentaux :
- Le premier concerne la transformation structurelle de l’économie. Il vise à consolider les moteurs actuels de croissance tout en développant de nouveaux secteurs capables de créer des richesses, des emplois et une inclusion sociale, tout en favorisant une répartition équilibrée des activités économiques sur le territoire.
- Le second axe porte sur l’amélioration des conditions de vie des populations, à travers la réduction des inégalités sociales, la préservation des ressources naturelles et le développement de territoires durable.
- Le troisième concerne le renforcement de la sécurité, de la stabilité et de la gouvernance, incluant la protection des droits, la consolidation de l’Etat de droit et la promotion de la paix sociale[2],[13].