Play (film, 2011)

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Réalisation Ruben Östlund
Acteurs principaux John Ortiz
Yannick Diakité
Kevin Vaz
Sebastian Hegmar
Abdiaziz Hilowle
Sociétés de production Plattform Produktion
Coproduction Office
Play
Réalisation Ruben Östlund
Scénario Ruben Östlund
Erik Hemmendorff
Acteurs principaux John Ortiz
Yannick Diakité
Kevin Vaz
Sebastian Hegmar
Abdiaziz Hilowle
Sociétés de production Plattform Produktion
Coproduction Office
Pays de production Drapeau de la Suède Suède
Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 118 minutes
Sortie 2011

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Play est un film dramatique suédo-français coécrit et réalisé par Ruben Östlund et sorti le .

À Göteborg, trois jeunes garçons, deux Suédois et un immigré cambodgien bien intégré, se retrouvent dans un centre commercial. Ils sont repérés par une petite bande d'adolescents d'origine africaine, apparemment organisée pour le racket, qui élaborent un plan complexe pour les dépouiller en douceur.

Un des jeunes Noirs les aborde, prétextant que l'un des garçons serait en possession d'un téléphone portable volé à son frère. Policés et timides, les trois jeunes se laissent embarquer dans une histoire sans fin dont ils ne peuvent plus s'extraire. Pris en filature par la bande, ils doivent supporter des palabres interminables dont même leur demande d'aide à des adultes ne peut les délivrer. Tout se finira pour les trois garçons par une humiliation totale et un tour de passe-passe surprenant à la fin de la journée. Plus tard, les parents d'un garçon voudront réparer le produit du vol subi par leur fils.

Fiche technique

Distribution

Distinctions

Récompenses

Analyse

La construction et le thème de ce film rappelle, en moins violent, le film Funny games de Michael Haneke, Play ou Game, on retrouve dans ces films deux groupes qui ne jouent pas avec les mêmes règles « Les richesses et les marques (Iphone, MP3, jean Diesel…) ont changé de mains au terme d’un petit jeu où les victimes sont acculées à donner de leur plein gré. Car ils n’ont pas compris que les règles sociales qu’on leur a inculquées ne fonctionnent pas du tout avec le "gang" qui s’amuse à leurs dépens et triche sans vergogne »[1].

Réactions politiques

Le film a suscité un débat public dans les médias suédois, dont notamment des réactions indignées provenant du côté gauche du spectre politique. Le débat s'amorce par la publication par l'auteur Jonas Hassen Khemiri d'une liste dans le Dagens Nyheter, intitulée « 47 raisons pour lesquelles j'ai pleuré en regardant le film Play de Ruben Östlund ». Parmi les raisons invoquées par Hassen Khemiri figuraient la sixième : « parce que j'ai trouvé que c'était raciste » et la vingt-septième : « parce que le public a ri lorsque les voleurs noirs traitent un garçon blanc de singe [2]».

Åsa Linderborg, directrice culturelle d'Aftonbladet, a consacré une chronique au film. Elle décrit comment, peu après être allée regarder Play, elle aperçoit un homme noir : « En une nanoseconde, mon cerveau, involontairement programmé, me concocta le même montage confus du cours de l'histoire qu'il me fait toujours à la vue d'une personne de couleur : les navires négriers, Tintin au Congo, les plantations de coton, le Rwanda, l'ANC, Mohamed Ali, The Cosby Show, « J'ai un rêve », les negerbollar, Malcolm X, les enfants avec des mouches sur le visage, Obama, le sida, Idi Amin… une bande de banlieue qui vole des téléphones portables. Je refuse de croire que ce que Ruben Östlund veuille véhiculer soit un cliché de plus. Mais si ce n'est pas le cas, que veut-il donc ? [3]»

La journaliste et politicienne America Vera Zavala a répondu à Linderborg dans le même journal. Elle soutient que le film ne traite pas du tout de race, mais de classe, et qualifie le texte de Linderborg de « populisme linguistique ». Elle y exprime son admiration pour Östlund, le qualifiant comme « la star longtemps absente dans le firmament du cinéma suédois… Quelqu'un qui ose – malgré les prévisibles accusations de racisme – décrire une société de classes brutale où les suédois volent les suédois[4]

Lena Andersson, du Dagens Nyheter, soutient que la classe sociale et la race sont des éléments secondaires dans le film ; qu'il saisit plutôt le phénomène universellement humain des abus de pouvoirs. Le récit est provocateur, car il ne permet pas au spectateur de blâmer autrui ni de se sentir coupable de manière facilement identifiable. Andersson écrit : « La difficulté du film d'Östlund réside dans le fait qu'il tend un miroir, non pas, cette fois, pour que l'homme blanc voit sa supériorité s'y refléter, mais pour que l'opprimé voie qu'il est capable d'opprimer. Cela pèse sur les deux parties. ... La perception de “l'autre” suit les mêmes mécanismes quel que soit le nom du groupe, et elle ne s'embellit pas parce que le groupe souffre ou a subi des souffrances[5]

Autour du film

Notes et références

Liens externes

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