Plot (route)
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Un plot est, dans le domaine de la route, un équipement de marquage routier préfabriqué fournissant un guidage et des informations d'avertissement aux usagers de la route. Il peut être permanent ou temporaire, rétroréfléchissant ou non, doté d'une signalisation active ou non, fiché dans le sol ou simplement posé sur la chaussée.
Ces dispositifs sont généralement fabriqués en plastique, en céramique, en peinture thermoplastique, en verre ou parfois en métal, et se déclinent en une variété de formes et de couleurs.
Histoire
Premiers dispositifs non rétroréfléchissants
Clous (France, 1925)
| Images externes | |
| MM. Cesiano et Titulesco traversant un passage clouté rue de l'Université, Paris, 7e arrondissement, 30 mars 1933. | |
| A Paris, ouvriers installant un passage clouté pour les piétons, en 1932. | |
Si le premier marquage routier peut être attribué au Michigan Department of Transportation (MDOT) avec la réalisation d'une ligne médiane peinte en 1911 par la Wayne County Road Commission sur River Road près de Trenton (Michigan)[1], la fixation sur la chaussée de dispositifs mécaniques permettant de délimiter ou d'informer de la présence d'un obstacle est plus tardive et peut être datée de 1925, avec l'apparition des premiers clous à Paris pour délimiter les passages piétons[2]. Il s'agit d'éléments métalliques circulaires en acier de 10 à 15 centimètres de diamètre[3], inventés par François Forissier, des Établissements Paulet, au Chambon-Feugerolles (Loire)[4],[5]. Cette mesure prise à Paris se généralise progressivement à la province. Par exemple, dans les archives de L'Ouest-Éclair, la première mention d’un passage clouté dans l'ouest de la France date du 15 juillet 1933, à Caen[6]. À Paris, les passages cloutés passent de 78 en 1928 à 8 000 en 1932[7].
Botts' dots (États-Unis, Canada, 1953)

Les Botts' dots (turtles dans l'État de Washington et l'Oregon ou buttons au Texas et dans d'autres États du sud) sont des marqueurs routiers ronds en plastique et en céramique non réfléchissants. Dans de nombreuses régions des États-Unis, les Botts' dots sont utilisés, avec des marqueurs routiers réfléchissants, pour baliser les voies sur les autoroutes et les routes principales. Ils fournissent un retour tactile et auditif aux conducteurs lorsqu'ils circulent sur les voies de circulation désignées, et sont analogues aux bandes rugueuses[8],[9].
Le département des Transports de Californie (California Department of Transportation ou Caltrans), lorsqu'il s'agissait encore de la Division of Highways, a envisagé l'idée de marqueurs en relief dès 1936. Mais cette notion n'a pris de l'importance qu'en 1953, lorsque le volume et la vitesse du trafic ont commencé à augmenter sur les nouvelles autoroutes[10]. Le développement de résines époxy durables a également accéléré le développement des marqueurs en permettant aux ingénieurs de fixer des plots sur les routes sans utiliser de pointes, une alternative susceptible de crever les pneus si le plot se cassait et exposait le métal[10]. Ces nouveaux plots ont p^ris le nom de Botts' dots du nom de l'ingénieur chimiste Elbert Dysart Botts qui dirigeait Caltrans. En fait, Botts décède en 1962, avant que l'État ne commence à utiliser à grande échelle ces plots bombés qui portent son nom[9],[11],[10].
Ces plots sont rapidement devenus un outil de sécurité utile à bien des égards, au-delà de ce qu'avait imaginé Caltrans, du moins selon certains conducteurs. Les ingénieurs de Caltrans affirment qu'ils voulaient que les points servent simplement de délimiteurs visuels de voie. Mais les conducteurs ont découvert que les rangées de points produisaient un bruit distinctif lorsque les pneus passaient dessus, avertissant ainsi les conducteurs que leur voiture déviait de sa voie. Certains conducteurs ont déclaré qu'ils pouvaient même sentir les vibrations. Néanmoins des responsables de Caltrans estiment que le bruit sourd n'apporte au mieux qu'une amélioration minime en matière de sécurité. Ils citent une étude réalisée par Caltrans dans les années 1990 sur plusieurs autoroutes, dont la Capital City Freeway (Interstate 80 Business) à Sacramento, qui suggère que le nombre d'accidents est le même avec les points qu'avec les nouvelles lignes et balises réfléchissantes[9].
Les Botts' dots sont le plus souvent blancs, mais peuvent être jaunes lorsqu'ils sont utilisés pour remplacer les lignes jaunes qui séparent les sens de circulation opposés en Amérique du Nord. De nombreux Botts Dots californiens sont en céramique, tandis que d'autres peuvent être en plastique, comme le polyester[10].
- Botts' dots sur l'autoroute Interstate 280, près de la sortie Sand Hill Road, Menlo Park (Californie).
- Des Botts' dots remplacent les bandes médianes peintes. Des balises réfléchissantes de type Stimsonite (orange foncé) sont espacées à intervalles réguliers pour une meilleure visibilité la nuit.
- Valencia (Californie).
Premiers dispositifs rétroréfléchissants
Cats'eys (Royaume-Uni, 1935)
L'expérience française des clous est suivie de prêt par l'apparition en 1935 des premiers plots rétroréfléchissants au Royaume-Uni, connus sous le noms de cat's eyes ou « yeux de chat ». Percy Shaw, originaire d'Halifax, dans le nord de l'Angleterre, dépose en 1934 des brevets relatifs à des dispositifs comportant deux réflecteurs, à implanter sur la route[12]. La lentille rétroréfléchissante avait en effet été inventée six ans plus tôt, en 1927, par Richard Hollins Murray, un comptable du Herefordshire, pour être utilisée dans les panneaux publicitaires[13]. Il fonde en 1935 la société Reflecting Roadstuds Ltd qui pose la même année les premiers cat's eyes. Au départ, il est extrêmement difficile de convaincre les autorités d'investir dans son invention et ce n'est qu'après le black-out de la Seconde Guerre mondiale, près de dix ans plus tard, que son invention est largement adoptée et utilisée sur les routes britanniques. Dans les années 1950, il atteint l'indépendance industrielle en construisant une fonderie pour produire la base en fonte, une usine de traitement du caoutchouc pour le mélange et la vulcanisation de l'insert en caoutchouc, et une usine de manipulation du verre pour la production et le polissage du réflecteur en verre. L'entreprise emploie jusqu'à 130 travailleurs et produit plus d'un million de réflecteurs routiers par an, exportés dans le monde entier. Dans les années 1960, elle étend ses marchés à l'étranger. Dans la liste des distinctions honorifiques de l'anniversaire de la reine en 1965, Percy est récompensé pour cela en recevant un O.B.E. pour ses services à l'exportation[12],[14].
Autres plots catadioptriques (années 1950)
Dans un article de janvier 1955 de la revue générale des routes et aérodromes, la diffusion sur les routes anglaises des plots catadioptriques connue sous le nom de cat'seyes est soulignée et l'utilisation de ces dispositifs sur les routes françaises est appréciée par les usagers français là où ils sont utilisés, et notamment sur la RN 53, en Moselle, où une expérience a été réalisée en 1954 entre Metz et Maizières-lès-Metz, utilisant 1 200 plots. Il est précisé qu'il existe différents types de plots catadioptriques. Ils comportent des lentilles, en général disposées par paires, à grand pouvoir réfléchissant, insérées le plus souvent par un bloc de caoutchouc souple, qui dans le cas du cat's eye est conçu pour permettre un nettoyage automatique des lentilles, dans un socle de fonte lui-même encastré dans la chaussée. L'ensemble doit être suffisamment robuste pour résister au passage de chars d'assaut, engins de chasse-neige, etc. L'article interroge toutefois le devenir de ces plots lors des enduits superficiels ou des rechargements. Dans le cas des revêtements superficiels, il semble toutefois que leur saillie reste encore suffisante après deux ou trois opérations, la nécessité vétant de les protéger lors de l'application du revêtement[15].
Développements modernes
Descriptif
On peut distinguer :
- les plots encastrés (clous de chaussée, dispositifs rétroréfléchissants au sol, plot lumineux, marquage sonore sur les autoroutes),
- les plots non encastrés (poteaux de bordures de route, plots de séparation de voie, plots de chantiers, cônes de signalisation).
- Plots noyés de délimitation de chaussée.
- Plot rétroréfléchissant noyé dans la chaussée.
- Œil-de-chat visible au Royaume-Uni.
- Plot rétroréfléchissant.
- Botts' dot.
Mise en œuvre
Les plots peuvent être collés, ancrés (spittés) ou noyés dans la surface de roulement.
Indicateurs de performance des plots de chaussée rétroréfléchissants
La visibilité de nuit des plots de chaussée rétroréfléchissants est caractérisée par les indicateurs suivants[16] :
- Rétroréflexion
- Coordonnées de chromaticité (x, y)
- Durabilité à l’usage


