Pluvier à face noire

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Thinornis melanops

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Thinornis melanops
Description de cette image, également commentée ci-après
Pluvier à face noire.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Charadriiformes
Famille Charadriidae
Genre Thinornis

Espèce

Thinornis melanops
(Vieillot, 1818)

Synonymes

  • Elseyornis melanops
  • Charadrius nigrifrons (Temminck, 1821)
  • Charadrius melanops marngli (Matthews, 1912)

Répartition géographique

Description de l'image Charadrius melanops map 2026.svg.
  • Présence permanente.

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

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Le Pluvier à face noire (Thinornis melanops, anciennement Elseyornis melanops) est une espèce d'oiseaux Charadriiformes de la famille des Charadriidae. C'est un petit limicole présent en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Petit oiseau à la silhouette fine, le Pluvier à face noire a un plumage très contrasté, avec une épaisse bande noire en travers de la tête et une autre en forme de V sur la poitrine. Le reste du corps est brun ou blanc, avec le bec rouge vif à pointe noire, et les yeux entourés de rouge.

Originaire d'Australie, où il est le limicole le plus répandu, il colonise la Nouvelle-Zélande depuis les années 1950. Absent des régions les plus arides, il vit à proximité de zones humides, comme des marais ou des lacs. Il profite aussi des points d'eau artificiels, comme les retenues d'eau, les citernes ou les barrages. Grâce à ces nouveaux habitats, le nombre de Pluviers à face noire est en augmentation.

Il chasse des invertébrés aquatiques ou des insectes. Des groupes d'oiseaux se forment entre mars et juillet, puis se dispersent pour la reproduction, qui débute selon la pluie ou la température. Les parents couvent leurs deux ou trois œufs dans un nid creusé à même le sol.

Étant donné sa tendance démographique en hausse, son aire de répartition très étendue et favorisée par de nouveaux habitats, ainsi que les menaces rares, le Pluvier à face noire est classé comme espèce de préoccupation mineure par l'Union internationale pour la conservation de la nature[1].

Description

Dimensions et plumage

Photographie d'un oiseau de profil, debout dans l'eau.
Le Pluvier à face noire est reconnaissable au motif caractéristique de son plumage et à son bec rouge vif.

Le Pluvier à face noire est un limicole à la silhouette fine et aux pattes courtes, qui mesure entre 16 et 18 cm de long, avec une envergure de 33 à 35 cm, pour un poids de 27 à 42 g[2]. Le bec mesure entre 15 et 18 mm et les tarses entre 21 et 27 mm[3].

Son plumage est très contrasté, avec une épaisse bande noire qui barre la tête horizontalement du front à la nuque, en rejoignant la couronne sombre à l'avant. Un sourcil blanc sépare les deux. Le bec est rouge vif, avec la pointe noire, et l'œil est noir et entouré d'un cercle orbitaire rouge[2],[4],[3]. La poitrine blanche porte une épaisse bande noire en forme de V. Le dessus du corps est noisette à brun foncé, avec des franges chamois. Le haut des scapulaires porte une tache pourpre et le dessous de la queue est rayé de noir. Les pattes sont rosâtres ou oranges. En vol, le dessous apparaît principalement blanc[2],[4].

Il n'y a pas de dimorphisme sexuel ni de variation saisonnière[2]. Les juvéniles ont le front, la couronne et le sourcil chamois, et la bande noire en travers de la tête est brun foncé. Le dessus du corps est chamois strié de brun, la bande pectorale est difficile à distinguer ou absente, souvent mêlée à du blanc, et le bec est brun à gris foncé[3]. Le cercle orbitaire est brun et les pattes sont roses ou brunes[2],[4].

Voix

Le Pluvier à face noire est souvent plutôt silencieux. Il émet néanmoins un chip ou dip explosif, isolé ou répété à une ou deux secondes d'intervalle, surtout en vol, ainsi qu'un tink-tink doux et d'autres sons de claquements ou de bourdonnements[4],[5].

Espèces ressemblantes

Le Pluvier à face noire ressemble au Pluvier ceinturé (Erythrogonys cinctus), mais il est plus petit avec des jambes plus courtes, sa bande pectorale est moins proéminente et sa couronne est plutôt brune que noire[4]. Sa bande pectorale noire en forme de V, son front noir et le haut de ses scapulaires foncés sont uniques parmi les petits pluviers et le rendent très reconnaissable[5].

Les juvéniles peuvent ressembler au Bécasseau à col roux (Calidris ruficollis), mais leur attitude est très différente, ainsi que leurs cris et leurs marques sur la tête[4].

Répartition et habitat

Répartition

Cet oiseau vit en Australie, y compris en Tasmanie, et en Nouvelle-Zélande. Originaire d'Australie, sa colonisation de la Nouvelle-Zélande date des années 1950, avec une première reproduction connue en 1961[5]. On y comptait 300 couples en 1967 et 1 600 individus en 1992, pour une population totale de plus de 19 000[2],[5]. De son premier site de reproduction identifié, Hawke's Bay, il a depuis colonisé le sud de l'Île du Nord, le nord-est de l'Île du Sud, Canterbury, Otago et Southland. Ailleurs en Nouvelle-Zélande, il est erratique et non-reproducteur, mais visite régulièrement les estuaires à l'est de la baie de Plenty[6].

Il est répandu dans les régions d'Australie avec des pluies régulières et absent des zones les plus arides[7]. Il est sédentaire, bien que quelques observations de groupes en Australie laissent penser qu'il puisse effectuer de courtes migrations[2]. Généralement, des groupes se forment entre mars et juillet et se dispersent pour la reproduction[7], mais de nombreux oiseaux restent à proximité de leur site de reproduction toute l'année[5].

Habitat

Photographie d'un oiseau debout sur une berge boueuse, avec quelques plantes.
Le Pluvier à face noire vit à proximité de zones humides.

Le Pluvier à face noire vit en marge de zones humides, avec une végétation rare et un sol boueux ou caillouteux. On le trouve aux abords des marais, des lacs, des trous d'eau, ainsi que près de constructions humaines, comme des retenues d'eau, des citernes ou des barrages[2], voire des petites piscines en zones urbaines[5]. En Nouvelle-Zélande, il vit souvent près de petites rivières peu profondes, de terres agricoles, de fossés inondés le long des routes et de zones humides[2]. Rarement présent en zones arides, il vit parfois à proximité d'eau salée[2] ou bien l'évite[7]. Il est rare dans les zones côtières ouvertes[5].

Écologie et comportement

Alimentation

Le comportement du Pluvier à face noire en recherche de nourriture est typique des autres pluviers.

Le Pluvier à face noire cherche sa nourriture en journée, souvent en solitaire ou en couple, voire en petits groupes familiaux, dans des zones boueuses ou parfois en eau peu profonde[4]. Il se nourrit d'escargots aquatiques, de crustacés, de vers de terre et d'insectes, comme des criquets, des sauterelles, des mouches, des fourmis, des coléoptères et des larves. Il mange aussi parfois des graines[2]. Son attitude est typique des pluviers, avec des petites courses entrecoupées de pauses et des hochements de tête[4], et il cherche parfois ses proies en faisant trembler le sol avec sa patte[5]. Plutôt solitaire, on observe quelquefois des groupes qui atteignent rarement 100 individus, quand les ressources sont faibles[5].

Reproduction

PHotographie de deux poussins et un œuf sur des graviers et des débris de bois.
Un œuf et deux poussins dans leur nid, creusé à même le sol.

La saison de la reproduction s'étend généralement de septembre à février en Australie et d'août à mars en Nouvelle-Zélande, mais varie dépendamment de la pluie ou de la température. Les couples sont monogames et restent unis parfois durant plusieurs années. Ils sont fidèles à leur lieu de reproduction et y forment un nid, une cuvette légèrement creusée dans le sol, sur du sable ou des petits cailloux, qui peut être garni de débris végétaux ou de petites pierres[2]. Le nid est situé à proximité d'une source d'eau, jusqu'à 300 m de distance[8],[5]. Les deux ou trois œufs sont pondus à deux jours d'intervalle. Après avoir été couvés par les deux parents pendant 22 à 26 jours, les poussins éclosent. Ils sont chamois et mouchetés de noir, avec le cou et le dessous du corps blancs. Les petits sont nourris par les deux parents et prennent leur envol lorsque commence la seconde couvée, ou au bout de 8 semaines pour les derniers poussins de l'année[2].

Effectifs, menaces et conservation

Suivi des effectifs

Le Pluvier à face noire est le limicole le plus commun en Australie, avec plus de 19 000 individus dans les années 1990[2],[7]. D'après les estimations de l'Union internationale pour la conservation de la nature et Birdlife International en 2016, la tendance démographique est en augmentation[9]. Dans les années 1980 et 1990, la population de Pluviers à face noire a commencé à augmenter grâce à l'apparition de nouveaux habitats propices, comme des retenues d'eau destinées à l'agriculture ou des bassins d'épuration d'eau[2],[7].

Menaces

Le succès reproducteur peut être impacté par les chats errants, les renards et les corbeaux, qui chassent les petits, ainsi que par les dérangements humains, des inondations ou l'écrasement par du bétail[2]. Les nids sont parfois situés à proximité de routes, causant le risque de collision avec des véhicules[8].

Statut et conservation

Étant donné sa tendance démographique en augmentation et son aire de répartition très large, le Pluvier à face noire est considéré comme une espèce de préoccupation mineure par l'UICN. Il est présent dans deux zones importantes pour la conservation des oiseaux, au Lac Argyle et dans les North Victorian Wetlands (en)[9].

Taxonomie

Illustration ancienne d'un oiseau.
Un Pluvier à face noire par Nicolas Huet le Jeune, parue dans le Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux en 1838.

Le Pluvier à face noire est décrit par Louis-Pierre Vieillot en 1818, sous le nom Charadrius melanops. Il a eu pour synonymes Charadrius nigrifrons, donné par Coenraad Jacob Temminck en 1821, Charadrius melanops marngli, une sous-espèce décrite par Gregory Macalister Mathews en 1912 qui n'est plus reconnue aujourd'huiAvibase (22 avril 2026)[10].

Sa classification est variable selon les références. Il est appelé Thinornis melanops par Avilist (2025) et Clements (2024), Elseyornis melanops dans la liste taxonomique de Birdlife International (2024) et la liste de Howard et Moore, et Charadrius melanops selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[11],Avibase (22 avril 2026)[10].

Sa classificiation dans son propre genre, Elseyornis, est notamment motivée par le résultat d'une étude de 1992[6]. Mais selon le Congrès ornithologique international, des études phylogénétiques récentes le placent dans le genre Charadrius, avec deux espèces sœurs, le Pluvier à camail (Charadrius cucullatus) et le Pluvier de Nouvelle-Zélande (Charadrius novaeseelandiae), anciennement placées dans le genre Thinornis[11], genre reconnu aujourd'hui par AviList.

Notes et références

Voir aussi

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