Poche de Courlande

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La poche de Courlandechaudron de Courlande désigne l'encerclement par l'Armée rouge des forces de l'Axe dans la péninsule de Courlande, à l'ouest de la Lettonie, durant la dernière année de la Seconde Guerre mondiale.

Avancée soviétique du au  : la poche de Courlande se situe en Lettonie.

Préambule

Le , trois ans après le début de l'opération Barbarossa, l'Armée rouge lance l'opération Bagration destinée à libérer entièrement de toute occupation militaire allemande la RSS de Biélorussie (Russie blanche[N 1]) et à éliminer le groupe d'armées Centre.

Ainsi, le , son chef d'état-major Kurt Zeitzler, soutenu par les commandants sur le front, notamment Walter Model alors commandant sur le Front de l'Est[1], proteste contre le refus d'Hitler de retrait des troupes allemandes de Courlande, alors que l'Armée rouge n'a pas encore atteint la Baltique, protestation qui reste sans effet[2].

Après deux mois de combats et dans le cadre de la poursuite des offensives soviétiques de l'été 1944, les unités soviétiques enfoncent la ligne de front de plus de 600 km et détruisent un grand nombre de divisions du groupe d'armées Centre. Les troupes du 1er front de la Baltique atteignent les rivages de la mer Baltique le après le succès de l'offensive Siauliai qui permet de libérer Šiauliai, le , et Jelgava le . Cette offensive menace alors directement d'enfermement du groupe d'armées Nord dans les pays baltes[3],[1]. Cependant, un succès précaire allemand maintient cette menace éloignée pendant encore quelques semaines.

La Courlande dans la stratégie allemande

Hitler réitère son opposition à ce retrait le , à l'occasion d'un échange avec Heinz Guderian[4], lors de la préparation de l'offensive des Ardennes. Par la suite, en notamment[5], Guderian évoque à de nombreuses reprises le retrait lors de conférences plus tardives dans le conflit, sans autre résultat que l'évacuation partielle de trois des divisions de la poche. L'évacuation de la totalité des unités maintenues dans la poche aurait permis la constitution d'une réserve opérationnelle en mesure de stopper les opérations menées par les Alliés contre le territoire du Reich proprement dit[4]. Au mois de , peu de temps avant son limogeage, Guderian, conscient de la réalité de la situation militaire, tente une dernière fois d'obtenir, sans succès, l'évacuation de la poche[6].

Cependant, cette évacuation aurait généré de nombreux problèmes logistiques, totalement occultés par Guderian et son état-major : le retrait aurait été une opération rendue compliquée par la forte concentration d'unités soviétiques dans le secteur, par les possibilités d'attaques aériennes constantes et par les capacités de la Kriegsmarine à ce stade de la guerre. L'évacuation de la totalité des unités engagées en Courlande aurait mobilisé les moyens d'une flotte importante pendant 24 jours[7].

La perspective de cette évacuation, ou plus simplement de vastes transferts d'unités par une Kriegsmarine encore en mesure de les opérer, constitue, lors de la planification par l'Armée rouge des opérations en Prusse-Occidentale, un facteur important appuyant fortement à partir de les arguments soviétiques en faveur de la conquête de Dantzig et Gotenhafen[8].

Hitler considère la péninsule de Courlande comme une base devant faciliter la reconquête des territoires perdus au cours de l'année 1944, reconquête qui pourrait être rendue possible par d'hypothétiques succès face aux Alliés occidentaux[2]. Ainsi, à la suite du possible succès dans les Ardennes, une offensive lancée conjointement depuis la Vistule et la poche permettrait d'encercler les unités soviétiques en Pologne et dans les pays baltes[4]. Enfin, influencé par Dönitz, Hitler souhaite conserver des points d'appui dans l'est de la Baltique afin de disposer d'une base d'essais pour la nouvelle génération de sous-marins promise par la marine[9]. Cependant, le , Dönitz se ravise et affirme à Guderian que le contrôle des ports de la péninsule de Courlande n'est pas indispensable à la mise au point des nouveaux sous-marins, la mer comprise entre la péninsule du Jutland et le delta de la Vistule étant, selon lui, suffisante[4].

Unités engagées

Initialement composées d'unités du groupe d'armées Nord, les unités déployées dans la poche sont placées sous le commandement de Ferdinand Schörner, relevé le par Heinrich von Vietinghoff, auparavant en poste en Italie. Ce dernier prend dès lors en charge des unités dépendant anciennement du groupe d'armées Nord regroupées sous l'appellation de groupe d'armées Courlande[N 2],[10].

Dans un périmètre de 240 km, sont confinés 500 000 hommes, soit 32 divisions allemandes, réparties en deux armées allemandes, soutenues par 510 blindés et 178 avions de combat[11]. En , le groupe d'armée compte 180 000 combattants[12].

À ces soldats s'ajoutent de nombreux collaborateurs baltes, réfugiés dans la poche[13].

Formation de la poche

L'encerclement est mené côté soviétique par le général Bagramian dans le cadre de l'offensive de la Baltique de l'automne 1944, lorsque, lors de l'offensive de Riga et de l'opération Memel. Le , des unités de la 51e armée soviétique atteignent la mer Baltique au nord de Palanga (Apskritis de Klaipėda en Lituanie). Ainsi, le groupe d'armées allemand Nord, composé des 16e et 18e armées, est coupé du centre du groupe d'armées[7].

Le même jour, quatre armées soviétiques (1re de choc, 61e, 67e, 10e de la Garde) tentent de prendre Riga. Cependant, la 16e armée allemande oppose une résistance féroce et lance plusieurs des contre-offensives. La partie est de Riga est finalement prise par les Russes le et la partie ouest le [14].

La superficie de la poche de Courlande est de 15 000 km2. La communication avec le reste de l'Allemagne s'effectue via les ports de Liepaja et de Ventspils. Les 250 000 militaires allemands ainsi encerclés sont répartis en deux armées. Le commandement général du groupement de Courlande est assuré par Carl Hilpert. Du point de vue du commandement allemand, la poche de Courlande est une tête de pont.

À partir du , la ligne de contact des troupes allemandes et soviétiques longe la ligne Tukums-Liepaja et mesure 200 km.

Isolées depuis le mois d'octobre du reste du Reich, les unités engagées en Courlande restent en contact avec le reste du Reich et leur ravitaillement constitue l'une des priorités de la Kriegsmarine[N 3],[15]. Ce ravitaillement s’opère, jusqu'au mois de , à partir des ports de Dantzig et Gotenhafen, pas encore contrôlés ou même directement menacés par l'Armée rouge[16]. Les hommes stationnés dans la poche restent en contact avec leur famille restée dans le Reich en entretenant une correspondance qui parvient irrégulièrement à ses destinataires[17].

Le le groupe d'armées allemandes enfermé dans la poche est renommé groupe d'armées Courlande .

Batailles

, état du front sur le théâtre d'opération européen lors de la Seconde Guerre mondiale.

On dénombre chez les Soviétiques cinq à six tentatives pour éliminer le groupe Courlande, qui ont toutes échoué.

1re bataille

La première tentative pour briser la ligne de défense allemande eut lieu du 16 au , juste après la formation du « chaudron » (Kessel signifie « chaudron » en allemand), la prise de Riga et la destruction du grand pont de la Daugava, le 16 octobre 1944. Vingt-neuf divisions divisions soviétiques, appuyées par un corps blindé équipé de chars lourds Josef Staline et quatre brigades motorisées lancèrent l'offensive dans le cadre de la première bataille de Courlande, avec pour objectif d’attaquer Libau et Windau.
Le quartier général du commandement suprême russe ordonne aux 1er et 2e fronts de la Baltique de liquider immédiatement le groupement de troupes allemandes du Courlande. La 1re armée de choc, avançant sur la côte du golfe de Riga, agit avec plus de succès que les autres armées soviétiques. Le , elle traverse la rivière Lielupe et s'empare du village de Kemeri, mais le lendemain elle est arrêtée par les Allemands dans la périphérie de Tukums. En effet, des éléments des 61e et 11e divisions d'infanterie, arrivés rapidement et soutenus sur place par des lance-fumée et des batteries antiaériennes, réussirent à repousser les attaques. Le reste des armées soviétiques ne peut alors pas avancer en raison de la résistance farouche des Allemands, qui lancent des contre-attaques.
Cependant, la contre-attaque du groupe d'armées Nord pour rejoindre les dernières unités de la Wehrmacht près de Memel se solda par un échec et de nombreuses pertes.
Hitler ordonna alors que la « Festung Courlande (forteresse de Courlande) » soit tenue à tout prix et interdit au groupe d'armées, commandé par le colonel-général Ferdinand Schörner, de tenter de nouveau de percer en direction de la Prusse-Orientale.

2e bataille

La deuxième bataille de Courlande a lieu du 27 au . Les armées des deux fronts de la Baltique ont combattu sur la ligne Kemeri-Gardena-Letskava, au sud de Liepāja. Le 27 octobre, après un intense bombardement de l'artillerie soviétique, six armées combinées (60 divisions) et une armée de chars, appuyées par 2 000 canons de tous calibres attaquèrent les positions allemandes.
Au cœur de la 2e, la 5e armée de chars de la Garde lança environ 400 blindés et mena plusieurs percées dans les lignes allemandes. Les contre-attaques soviétiques n'eurent que des résultats limités, et la pluie battante suivie de routes boueuses ralentit l'avancée, permettant aux renforts allemands d'abattre de nombreux chars. Près de 1 150 véhicules blindés soviétiques furent détruits, mais au prix de lourdes pertes côté allemand. Le Xe corps d'armée perdit près de la moitié de ses effectifs, et un régiment de la brigade SS Volunteer Panzergrenadier « Nederland » fut réduit à seulement 25 hommes. Fin novembre, le groupe d’armées comptait 68 000 morts et blessés, obligeant à dissoudre ou fusionner plusieurs unités, tout en ayant subit d'importantes pertes matérielles. Malgré cela, des assauts acharnés continuèrent sur Frauenburg jusqu'à ce que les pluies de fin novembre rendent les déplacements quasiment impossibles. Libau fut transformée en port fortifié, avec des provisions pour trois mois, et l'approvisionnement par mer devint vital, les rares avions de transport Ju 52 restant sans escorte de chasse.
Le , l'offensive marque une pause, faute de munitions, et la plupart du matériel est en panne.

3e bataille

En décembre, le gel s'installa, figeant le sol boueux et permettant de relancer les opérations offensives.
Le 21 décembre à 07h20, la troisième tentative débute par un tir d'artillerie de 170 000 obus, suivit d'un assaut des 3e et 4e armées de choc, de la 10e armée de la Garde et de la 42e armée sur un front de 35 km.
La 3e bataille de Courlande se déroula à la jonction des 16e et 18e armées allemandes pour tenter de rompre l'encerclement et progresser vers Libau. Les 329e, 225e, 205e et 132e divisions d’infanterie allemandes tenaient le centre principal. Les contre-attaques de la 12e Panzerdivision et de la 227e division d'infanterie allemandes échouèrent, et la 132e division allemande dut abandonner ses positions. Avec 27 144 tués, blessés ou disparus, l'offensive soviétique fut stoppée le 23 décembre 1944. Pendant Noël, les canons se turent deux jours, mais le 26 décembre, les Soviétiques reprirent leur avancée, d'abord au sud de Tukums, puis devant Libau. À Džūkste, les positions de la 19e division SS lettone et de la 227e division furent submergées, et des réserves improvisées rétablirent la situation le 27 décembre.
Au début de 1945, environ 400 000 hommes étaient encore sous les ordres du groupe d’armées allemand. Le front s'étendait alors à quelque 20 km au sud de Libau, puis vers l'est, au sud de Durbe et Skrunda, passant par Frauenburg en direction de Tukums jusqu'au golfe de Riga. La 4e Panzerdivision, la 32e division d'infanterie, ainsi que les 227e, 218e et 389e division d'infanterie épuisées, ainsi que la 15e division SS lettone, furent regroupées et évacuées par Libau.
Le 15 janvier 1945, le colonel-général Schörner remit la direction du groupe d'armées au colonel-général Lothar Rendulic qui fut remplacé seulement dix jours plus tard par le colonel-général Heinrich von Vietinghoff.
Selon les Allemands, les troupes soviétiques de Courlande ont perdu jusqu'à 40 000 soldats et 541 chars.

4e bataille

Le , l'Armée rouge lança la 4e bataille de Courlande avec onze divisions, provenant du premier front de la Baltique, renforcé par la 6e armée de la Garde et la 51e armée, pour couper les lignes de chemin de fer Priekule-Liepāja et Jelgava-Liepāja, principales voies de communications du groupement au sud de Liepāja, ce qui aurait permis de couper la voie de repli vers le port de Liepāja. Les assauts menés de part et d’autre de Priekule, suivis d'attaques entre Frauenburg et Tukums, illustrèrent une nouvelle tactique visant à frapper en plusieurs points à la fois pour disperser les réserves allemandes.
La 30e division d’infanterie et la 11e division SS volontaire panzergrenadier « Nordland » tenaient le centre principal. Les positions sur le Vartaja (lv) durent être abandonnées. Alors que des renforts étaient en route, de nouvelles attaques frappèrent les 205e et 215e divisions d'infanterie près de Frauenburg ainsi que la 122e division d'infanterie. Le , ces combats acharnés s'enlisèrent dans la neige et la boue, causant des pertes des deux côtés, les troupes soviétiques arrêtent l'offensive et afin de consolider leurs positions sur les lignes atteintes.
Le 25 janvier 1945, le groupe d'armées prit le nom de « Groupe d'armées Courlande ».

5e bataille

Au 20 février 1945, le groupe d'armées Courlande comptait encore 352 000 soldats de la Wehrmacht, 21 000 hommes de la Luftwaffe, 12 000 hommes de la Waffen-SS ainsi qu'environ 12 600 hommes du Reichsarbeitsdienst et environ 2 400 hommes des états-majors supérieurs. Le I. Groupe des Jagdgeschwader 54 effectua des missions de soutien pour les troupes au sol avec leurs Focke-Wulf Fw 190. Son pilote de chasse le plus performant, l'oberleutnant Otto Kittel, était tombé le 16 février 1945 après 267 victoires aériennes.

La 5e bataille de Courlande, qui débuta le 20 février 1945, sans succès, par des bombardements et des attaques, entraîna la perte de 70 000 hommes pour les 21 divisions de fusiliers soviétiques et 16 brigades de chars.
L'opération lancée par le 2e front de la Baltique a pour but d'avancer sur Priekule et de repousser les troupes allemandes au-delà la rivière Bartuva. Elle est également censée prendre Liepāja pour couper l'accès allemand à son port. Le , la 1re armée de choc et une partie des forces de la 22e armée attaquent sur l'aile droite du front. Le , le groupement principal du front (la 6e armée de la Garde et une partie des forces de la 51e armée) passent à l'offensive. Après une forte préparation d'artillerie et des bombardements par l'aviation, la ligne de front dans la région de Priekule est percée par des unités des 6e armée de la Garde et 51e armée, auxquelles se sont opposées les 11e, 12e, 121e et 126e divisions d'infanterie de la 18e armée allemande. Le premier jour de la percée, les troupes soviétiques ne réussissent à avancer que de 2-3 km seulement, avec des combats très difficiles. Au matin du , Priekule est occupée par les unités de flanc droit de la 51e armée, l'avance des troupes soviétiques ne dépassant pas 2 km. La base de la défense ennemie est constituée de chars enterrés dans le sol le long de la tour[Laquelle ?]. Selon les souvenirs du général Mikhail Kazakov (en), les chars allemands ne pouvaient être détruits que par des bombes et des canons de gros calibre, dont les munitions faisaient cruellement défaut.

De nouvelles divisions allemandes de deuxième et troisième échelons arrivent en renfort, y compris les « pompiers de Courlande », la 14e Panzerdivision. La 126e division d'infanterie battue est remplacée le par la 132e division d'infanterie. Les troupes allemandes finissent par arrêter l'avancée des troupes soviétiques.

Dans la soirée du , les formations de la 6e armée de la Garde et de la 51e armée, renforcées par le 19e corps blindé soviétique, parviennent à percer les défenses allemandes sur 25 kilomètres et, après avoir avancé de 9 à 12 kilomètres de profondeur, atteignent la rivière Vaidava. L'objectif primaire est atteint, mais il n'y a plus de ressources disponibles pour exploiter ce succès tactique et en faire une victoire stratégique en perçant à Liepāja, située à environ 30 kilomètres. Le , l'opération est donc interrompue.

6e bataille

Le dégel, entamé le 11 mars, a transformé toutes les routes non goudronnées en bourbiers, rendant tout déplacement impossible.
Début mars, l'administration civile allemande en Courlande fut dissoute et la « République de Lettonie » indépendante fut proclamée.
Le 10 mars 1945, le colonel-général Rendulic reprit la tête du groupe d'armées, mais cinq jours plus tard, il céda le commandement au général Hilpert, chef de la 16e armée, qui mena les opérations jusqu'à la reddition.
Le 12 mars 1945, les soldats du groupe d’armées reçurent la bande de manches de Courlande en décoration de combat.

La sixième bataille de Courlande a lieu du 17 au .
Au sud de la ville de Saldus, le matin du , les troupes soviétiques font leur dernière tentative afin de percer la ligne de défense allemande.
Au matin du , l'avancée des troupes a eu lieu sur deux ailes, au plus profond des défenses ennemies. Malgré certains succès significatifs, certaines unités sont obligées de se replier, encerclées par les troupes allemandes en contre-attaque, comme cela s'est produit avec les 8e et 29e divisions de fusiliers de la Garde dans la région du village de Zeni[Où ?].
Le , la 8e division motorisée des fusiliers de la Garde, commandée par le général Ivan Panfilov, encerclée par l'ennemi, mène des combats très durs pendant deux jours. Ce n'est que le que l'unité soviétique, ayant rompu l'encerclement, parvient à rejoindre ses compatriotes.

Cette offensive fut également stoppée sans résultat le 31 mars.

Reddition

Le , une partie des troupes d'encerclement (y compris la 6e armée de la garde, la 10e armée de la garde, la 15e armée de l'air) est transférée du 2e front balte dissous au front de Leningrad et est chargée de poursuivre le blocus.

Le 8 mai 1945, lors de la reddition générale des forces armées allemandes, le groupe d'armées Courlande déposa les armes. Les cinq derniers convois quittèrent alors le port de Libau, escortés par les derniers chasseurs du JG 54. Grâce à ces ultimes départs, environ 27 700 hommes réussirent encore à rejoindre l'Allemagne, malgré les bombardements soviétiques. Peu avant, chaque division avait pu inscrire 125 hommes pour le dernier voyage, et la 14e Panzerdivision ainsi que la 11e division d'infanterie furent presque totalement évacuées.

Le , après la capitulation allemande, une autre tentative est faite pour briser la défense de la Courlande, après quoi plusieurs villages sont occupés et les unités allemandes commencent à se rendre.

Au total, 42 généraux, 8 038 officiers et 181 032 sous-officiers et soldats furent capturés par les Soviétiques. Environ 14 000 volontaires lettons furent considérés comme « traîtres » ; certains continuèrent la lutte armée sous le nom de « Frères de la Forêt » jusqu'en 1953.

Opérations

Pendant les huit mois d’existence de la poche, les Allemands et leurs collaborateurs lettons mènent une guerre faite de coups de main et d’opérations d’espionnage.

Conformément aux ordres de Beria, la répression s'organise le long de la ligne de front, et les services de renseignement soviétiques déjouent en permanence les raids de parachutistes et de saboteurs envoyés par les Allemands[18].

Liste des unités

Liste des unités qui ont pris part aux batailles :

Union soviétique

soit environ 430 000 hommes.

Allemagne

Le groupe d'armées Courlande se composait de moins de 30 divisions, incomplètes, dont seulement 230 000 soldats prirent part aux combats dans la dernière phase des batailles. Composition en  :

Wehrmacht
Luftwaffe
Kriegsmarine
  • 9e division de la sûreté maritime
  • 1re flottille de dragueurs de mines
  • 3e flottille de dragueurs de mines
  • 25e flottille de dragueurs de mines
  • 31e flottille de dragueurs de mines
  • 1re flottille de bateaux démineurs – Kapitänleutnant Carl Hoff
  • 17e flottille de bateaux de déminage
  • 3e flottille d'avant-poste
  • 9e flottille d'avant-poste
  • 17e flottille d'avant-poste
  • 3e flottille de sécurité
  • 14e flottille de sécurité
  • 13e flottille de débarquement
  • 21e flottille de débarquement
  • 24e flottille de débarquement
  • 3e flottille de chasse aux sous-marins
  • 11e flottille de chasse aux sous-marins
  • 2e flottille de l'école de hors-bord de la division d'entraînement des hors-bord avec le navire d'escorte de hors-bord Tsingtau

Collaboration dans la poche

Devant l'avancée soviétique, de nombreux collaborateurs lettons se sont réfugiés dans le territoire sous contrôle allemand.

Refuge

Le territoire de la poche s'affirme au fil des mois comme le refuge de nombreux collaborateurs politiques et économiques, qui sont de précieux auxiliaires locaux des Allemands.

Évacuation

Devant les succès soviétiques, de nombreux collaborateurs quittent la Courlande. Ainsi, en , les premiers trains partent de Riga vers le Reich. À partir du moment où les liaisons ferroviaires avec le Reich sont coupées, des évacuations par bateau sont organisées[19].

Lors de la reddition de la poche, von Vietinghoff, chargé du commandement, adresse au nouveau président du Reich un communiqué dans lequel il l'informe de la volonté de certains collaborateurs lettons de poursuivre la guerre contre les Soviétiques et demande la position du nouveau gouvernement en cas de proclamation de l'indépendance de la Lettonie pour pouvoir éventuellement transformer son groupe d'armées en corps franc[12].

Notes et références

Voir aussi

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