Pointe de flèche

extrémité perforante d’une flèche From Wikipedia, the free encyclopedia

Une pointe de flèche est la partie perforante d'une flèche, à l'opposé de l'empennage. Elle peut être amovible, en bois, en pierre, en os, et tous les matériaux inventés par l'homme.

Elle peut être trempée avant usage dans une substance toxique pour augmenter sa dangerosité, ou inflammable pour déclencher un incendie.

Les plus anciennes pointes de flèches ont été découvertes dans la grotte de Fa Hien au Sri-Lanka (datées de 48 000 ans)[1], en Tunisie (datées de 50 000 ans)[2], dans la grotte Mandrin en France (datées de 50 000 ans)[3] et dans la grotte de Sibudu en Afrique du Sud (datées de 64 000 ans)[4].

Préhistoire

La pointe à la Font Robert est de petite taille : ce type d'outil est typique du Gravettien (paléolithique).

En Europe

Pointe de flèche du Néolithique final (groupe des Treilles) découverte au dolmen de la Glène, à Saint-Léons, et conservée au Muséum de Toulouse

Malgré la mauvaise conservation des arcs et des hampes, de nombreuses pointes et armatures préhistoriques témoignent d'un usage probable de projectiles rapides, compatibles avec l'arc. Dès le Paléolithique supérieur, on voit apparaître des pointes triangulaires bifaciales (de type Streletzkaja), des pointes de La Gravette et de Kostenki, ainsi que des fléchettes et microlithes gravettiens[5]. S'ajoutent les petites feuilles de laurier et de saule, des pointes à cran et les pointes à pédoncule et ailerons du Solutréen, dont la forme est très proche de celles du Néolithique et de l'Âge du Bronze. Plus tard, on trouve de nombreux microlithes magdaléniens et épigravettiens, ainsi que des pointes à dos de l'Epipaléolithique et diverses armatures en os ou bois de cervidé[6].

Typologie d'une pointe de flèche ahrensbourgienne.

Des flèches découvertes à Stellmoor (de) étaient fabriquées en bois de pin et composées d'une hampe principale avec une pré-hampe. Certaines étaient simplement taillées en pointe, tandis que d'autres portaient des armatures en silex appelées pointes ahrensbourgiennes, prouvant qu'il s'agissait bien de pointes de flèches. Cette découverte amène les chercheurs à se demander si d'autres types de pointes du Paléolithique final servaient également de pointes de flèches (les types de pointes : aziliennes, creswelliennes, hambourgiennes et de Bromme)[7].

Brai de bouleau utilisé comme liant pour les pointes de flèches.

Les pointes de flèches mésolithiques ont des formes et des techniques variées. Elles peuvent être taillées directement dans la hampe (pointes appointées, coniques, arrondies ou plates) ou être des pointes de silex, souvent sous forme de microlithes collés avec du brai de bouleau. Certaines flèches comportent aussi des armatures triangulaires latérales fixées près de la pointe. Des armatures identiques ont été retrouvées fichées dans des os d'animaux et d'humains, prouvant leur fonction létale. Dans certains cas, les pointes sont montées sur des pré-hampes en os, recevant des pointes foliacées ou pédonculées[8].

Les Scythes

Pointes de flèches trilobées scythiques sur les côtes de la mer Noire.

La répartition géographique et chronologique des pointes de flèches attribuées aux Scythes dans plusieurs régions d'Eurasie a été étudiée (par Serge Cleuziou du CNRS). Trois grandes phases sont distinguées : la première, du IXe au VIIIe siècle avant notre ère, est la période antérieure à l'arrivée des nomades cavaliers en Asie Mineure. Au nord de la mer Noire dominent les pointes à douille et deux ailettes. En Asie centrale (au Kazakhstan oriental) apparaissent déjà des pointes trilobées à soie plate, un type qui disparaîtra ensuite. La période des dominations cimmérienne, scythique et des mèdes au Proche-Orient s'étend du VIIe au VIe siècle avant notre ère. L'attribution des types de flèches à une ethnie donnée est difficile à cause de la mobilité des peuples. Les pointes à deux ailettes, nées au nord de la mer Noire, arrivent en Anatolie avec les Cimmériens et sont aussi utilisées par les Scythes, en parallèle des pointes trilobées. Les Mèdes utilisent surtout des pointes trilobées et contribuent à leur diffusion en Iran oriental. À cette époque, les deux côtés du Caucase présentent une culture matérielle très proche. Du VIe au IIIe siècle avant notre ère, les traditions scythiques et orientales divergent. Dans l'empire achéménide se développe un type standardisé produit par une armée centralisée, accompagné de types plus rares associés à des mercenaires d'Asie centrale, probablement des Saces, derniers utilisateurs de pointes trilobées en bronze[9].

En somme, l'évolution des types de flèches reflète les mouvements, influences et organisations militaires des peuples nomades et des grands empires orientaux.

Antiquité

Depuis l'antiquité, des flèches enflammées, dites aussi flèches incendiaires sont utilisées. L'archéologie expérimentale et des découvertes archéologiques bousculent l'iconographie traditionnelle voulant qu'une pointe de flèche sur laquelle est enroulée un tissu effiloché ou de l'étoupe imprégné de produit combustible comme la poix, puisse incendier facilement des cibles lointaines. La vitesse de la flèche éteint la flamme. Les forgerons cintraient les branches d'une « cage » sous la pointe, ce qui permettait d'y placer une matière inflammable laissant suffisamment de résidus incandescents pour enflammer la cible[10].

Moyen Âge

Au Moyen Âge, les pointes de flèche en fer forgé ont des formes multiples en fonction de leur utilisation (guerre, chasse) ou d'autres critères (tradition, mode…)[11].

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI