Pokémon Showdown
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Pokémon Showdown, aussi stylisé Pokémon Showdown!, est un simulateur fanmade, développé en 2011 par Guangcong "Zarel" Luo, dont le but est de permettre des combats Pokémon compétitifs en utilisant des équipes de Pokémon personnalisables. Adopté en 2012 par Smogon University, un site communautaire et forum internet géré par des fans, il est devenu le simulateur officiel utilisé par ce dernier. Il est hébergé comme application web et a auparavant existé comme application Windows. Showdown utilise le système des tiers Smogon, qui sont des formats de combat divisés selon la fréquence d'utilisation d'une espèce de Pokémon donnée sur un ladder.
| Créateur | Guangcong "Zarel" Luo[1] |
|---|---|
| Développé par | Plusieurs contributeurs, dont "Zarel" et Chris "chaos" Monsanto[2] |
| Première version | [1] |
| Écrit en | Node.js, JavaScript[3] |
| Environnement | Navigateur web, Windows (abandonné) |
| Langues | Anglais, allemand, espagnol, français, italien, néerlandais, portugais, turc, hindi, japonais, chinois simplifié, chinois traditionnel |
| Type | Simulateur |
| Politique de distribution | Gratuit |
| Licence | Open source |
| Site web | pokemonshowdown.com |
L'accueil a été globalement positif de la part des médias spécialisés et des fans de la franchise Pokémon, bien que des inquiétudes aient été exprimées concernant une éventuelle atteinte au droit d'auteur envers cette dernière. Le site a également été inclus dans de nombreuses études académiques portant sur l'entraînement de l'intelligence artificielle.
Histoire
Les premières formes de simulateurs de combats Pokémon incluaient Netbattle et IRC, le premier disposant d'une interface utilisateur fonctionnelle[4].
Le développement de Pokémon Showdown a débuté en 2011 sous l'impulsion de Guangcong "Zarel" Luo. Après avoir joué à un ancien simulateur appelé Pokémon Online, Zarel s'est lassé de son interface utilisateur rudimentaire et a décidé de créer sa propre version[1]. Showdown est écrit en JavaScript, ce qui permet le déploiement de modifications en temps réel, sans l'inconvénient de devoir interrompre les serveurs pour ajouter de nouvelles fonctionnalités (en)[3]. L'objectif principal du simulateur était d'offrir une expérience sans bug à l'utilisateur final, tout en implémentant l'ensemble des mécaniques de toutes les générations de Pokémon sorties jusqu'alors[5].
Zarel a constaté que l'absence de fonction de replay des combats dans l'ancien simulateur obligeait les joueurs à se fier à un journal de combats textuel pour les partager. Ayant déjà développé un concept de rediffusion de matchs, il décide d'en faire une fonctionnalité dans Pokémon Showdown. En juillet 2012, Smogon University adopte le site et le simulateur de combats de Showdown, après que Zarel, cherchant à susciter l'intérêt pour son lecteur de replays de combat, initialement conçu sur les forums de l'ancien simulateur, ait mis en évidence le besoin d'un simulateur plus personnalisable[3]. Une équipe interne de contrôle qualité approuve et intègre au simulateur des sprites des espèces présentes dans Pokémon Noir et Blanc (2010), avec l'aide d'un graphiste spécialisé[6]. Le serveur qui héberge Pokémon Showdown est financé par Chris "chaos" Monsanto, le fondateur de Smogon[7]. En 2017, Showdown, puis Smogon, sont victimes d'une fuite de données, compromettant des mots de passe, y compris ceux des administrateurs[8]. Zarel s'engage ainsi à implanter la double authentification (A2F)[9].
Simulateur de combat
La fonctionnalité principale de Pokémon Showdown est la possibilité de simuler des combats Pokémon entre joueurs. Ces derniers peuvent choisir entre différents formats, tels que ceux catégorisés par Smogon ou d'autres qui sont propres à Showdown[10].
Tiers Smogon
Après avoir joué compétitivement à Pokémon pendant plusieurs années en utilisant IRC[11] et le site Azure Heights, Chris "chaos" Monsanto a créé Smogon University le 17 décembre 2004[6]. Smogon possède un système de tiers qui répartit les espèces individuelles de Pokémon selon leur fréquence d'utilisation et les évolutions du metagame[6]. Les principaux tiers sont répartis comme suit :
- OU (OverUsed) : le tier principal, qui inclut les principales espèces compétitives[6].
- Uber : considéré comme la banlist (« liste d'interdiction ») du précédent. Surtout composé de Pokémon légendaires[12].
- UU (UnderUsed) : inclut les Pokémon qui ont peu d'utilisation en OU[11].
- RU (RarelyUsed) : inclut les Pokémon qui ont peu d'utilisation en UU[13].
- NU (NeverUsed) : inclut les Pokémon qui ont peu d'utilisation en RU[12].
- PU : inclut les Pokémon qui ont peu d'utilisation en NU. Adopté comme tier officiel en 2015[14].
Autres fonctionnalités
Random Battles
Le Random Battles (« combats aléatoires »), aussi abrégé en Randbats, est un format sur Pokémon Showdown où chaque joueur reçoit une équipe de six Pokémon, principalement évolués, choisis au hasard[15]. Une différence notable avec les tiers précédents est la suppression du Team Preview, qui permet aux joueurs de voir la composition d'équipe de l'adversaire avant le début du combat[16].
Teambuilder
Le teambuilder (« constructeur d'équipe ») est une fonctionnalité de Showdown permettant de composer des équipes afin d'affronter d'autres joueurs[17],[18]. Les Pokémon peuvent être sélectionnés par ordre alphabétique dans une fenêtre interne, avec des restrictions spécifiques dépendant du format choisi. Les capacités, objets, talents, EVs et IVs sont tous sélectionnables dans le teambuilder ; les combinaisons illégales, telles que celles concernant des Pokémon qui n'ont pas encore été officiellement publiés, sont bloquées. Les équipes sont enregistrées via les cookies du navigateur et peuvent être importées et exportées sous forme de fichier texte[19]. Le teambuilder permet également de nommer les équipes créées et d'organiser celles-ci à l'aide de dossiers, qui sont générés automatiquement pour les différents tiers[20].
Ladder
La plupart des format sur Pokémon Showdown possède un système de ladder (« échelle »), qui est basé sur plusieurs indicateurs. L'Elo est une valeur qui évolue après chaque combat, augmentant lors d'une victoire et diminuant lors d'une défaite. Cela influe directement sur le matchmaking. La seconde valeur, appelée Glicko-1 (puis plus tard Glicko-2)[21], utilise le système de classement Glicko. Elle évolue plus lentement et prend également en compte le ratio victoires/défaites (en). Elle permet une représentation plus précise du niveau de compétence d'un joueur[22]. Une troisième valeur, appelée Glicko X-Act Estimate et nommée d'après son développeur "X-Act", s'appuie sur le classement Glicko et se base sur la probabilité de victoire d'un joueur face à un adversaire[21]. 24 heures d'inactivité entraînent une baisse de classement pour les joueurs ayant atteint un score de 1400 ou plus dans un format donné[22].
Chat rooms
Showdown héberge plusieurs chat rooms (« salons de discussion »), où les utilisateurs peuvent échanger sur différents sujets. Par exemple, les tiers Smogon disposent chacun de leur propre salon de discussion ; il existe également, entre autres, des salons linguistiques où les utilisateurs peuvent parler la langue qui est dédiée[23],[24].
Réception
Réception générale
Le simulateur a reçu un accueil majoritairement positif de la part des sites spécialisés en jeux en ligne[25]. Dans un article publié sur Kotaku en 2019, Ben Sledge a soutenu que Pokémon Showdown est « encore meilleur que les jeux officiels pour les combats », soulignant la facilité d'utilisation et la personnalisation plus rapide. Sledge a également comparé le court temps d'attente pour trouver un match sur Showdown à celui, bien plus long, des combats en ligne dans la série principale des jeux vidéo Pokémon[1]. Blake Johnson, de Comic Book Resources, a mentionné dans une critique (en) de 2022 le teambuilder du simulateur, remarquant qu'il s'agit de « l'un des principaux atouts de Pokémon Showdown » et soulignant sa simplicité d'utilisation. Johnson a conclu en déclarant que « presque tous les fans de la série peuvent y trouver leur compte »[26].
Préoccupations concernant le droit d'auteur
Malgré les éloges reçus pour son système de personnalisation des Pokémon, son système de ladder et son utilisation régulière en compétition, Pokémon Showdown a suscité des inquiétudes quant à d'éventuelles violations de droits d'auteur de la franchise Pokémon. Le journaliste de Sports Illustrated Cale Michael a commenté cela en écrivant que « TPC aurait pu fermer Showdown à tout moment », mais « n'a jamais entrepris de démarche allant dans ce sens à notre connaissance », suggérant qu'avec l'annonce de Pokémon Champions pour avril 2026, l'avenir d'un tel simulateur « est plus incertain que jamais »[27]. Ben Sledge, écrivant pour Kotaku en 2019, a remarqué que « Showdown utilise des noms de marques déposées et des illustrations protégées par le droit d'auteur, ce qui pourrait poser problème si Nintendo décidait un jour de s'y intéresser ». Interrogé par Sledge, le créateur Guangcong "Zarel" Luo a refusé de commenter les éventuels problèmes juridiques[1]. Dans un article pour TheGamer en 2025, Sledge a de nouveau commenté la situation juridique de Showdown, déclarant : « J'ai toujours été étonné que Pokémon Showdown ait pu perdurer aussi longtemps sans DMCA de la part de The Pokémon Company, mais le jeu continue de fonctionner »[28]. Justin Groot, écrivant pour le magazine Kill Screen, a également qualifié la violation du droit d'auteur d'« obstacle majeur », empêchant « la compétition Pokémon de Smogon de devenir un véritable esport ». Groot a toutefois noté que si la popularité du simulateur augmentait, TPC pourrait prendre des mesures similaires à celles de Nintendo concernant le mod Project M de Super Smash Bros. Brawl[29].
Projets académiques
Depuis l'adoption de Showdown par Smogon University en juillet 2012, le simulateur utilise le système des tiers de ce dernier pour ses différents formats de combat, l'intégrant à son propre système de ladder[30]. Un projet nommé Future Sight AI, développé par l'informaticien Albert III en 2021, comme l'a rapporté Jay Costello pour The Verge, a réussi à se hisser parmi les 5 % des meilleurs joueurs d'un ladder de Pokémon Showdown. Ce projet y est parvenu en extrapolant toutes les possibilités pour les tours d'un combat donné, puis en utilisant l'apprentissage prédictif pour anticiper (en) le déroulement de ces mêmes tours, afin de retenir les choix offrant la plus grande probabilité de victoire[31]. Un projet similaire, utilisant un agent logiciel appliquant l'algorithme de recherche arborescente Monte-Carlo, mené en 2024 au Massachusetts Institute of Technology, a également permis d'atteindre un bon classement dans le ladder du format Random Battles de la quatrième génération, avec un score Elo de 1693[32]. D'autres projets impliquant l'utilisation de l'intelligence artificielle sur Showdown ont été menés, dont deux par l'Institute of Electrical and Electronics Engineers en 2017 et en 2019[33],[34].
Dans d'autres médias
En 2023, James Milton Johnson, candidat de l'émission de téléréalité Love Is Blind, a affirmé lors d'un épisode être un joueur classé au niveau national sur Pokémon Showdown et avoir déjà été banni (en) pour avoir proféré des injures. Un tweet (en) publié par le compte officiel du simulateur a par la suite prouvé que, bien qu'il ait effectivement figuré dans un ladder, le ranking n'était pas très élevé[35].
Articles connexes
- Compétition dans Pokémon (en)
- Fangames de Pokémon (en)
- Pokémon Champions
- Protection de la propriété intellectuelle par Nintendo (en)