Police bleue

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La police bleue vérifie les cartes d'identité à l'entrée du ghetto de Cracovie.

La police bleue (en polonais Granatowa Policja, litt. police bleu marine) est pendant la Seconde Guerre mondiale la police en Pologne occupée par les Allemands, dans le Gouvernement général. Le nom allemand officiel de l'entité est Polnische Polizei im Generalgouvernement Police polonaise du gouvernement général » ; en polonais Policja Polska Generalnego Gubernatorstwa).

La police bleue voit officiellement le jour le lorsque l'Allemagne recrute des officiers de police d'État polonais d'avant-guerre, organisant des unités locales sous direction allemande. Elle est une institution auxiliaire chargée de protéger la sécurité publique dans le Gouvernement général[1]. La police bleue, initialement employée pour lutter contre la criminalité ordinaire, est ensuite chargée de lutter contre la contrebande, qui est un élément essentiel de l'économie souterraine de la Pologne occupée.

L'organisation est officiellement dissoute par le Comité polonais de libération nationale le [2],[3]. Après un processus d'épuration, plusieurs de ses anciens membres rejoignent la nouvelle structure de police nationale, la Milicja Obywatelska (Milice des citoyens). D'autres membres sont poursuivis après 1949.

Affiche allemande obligeant les anciens policiers polonais à se présenter à l'occupant sous peine de sanctions sévères.

En , le gouverneur général Hans Frank ordonne la mobilisation de la police polonaise d'avant-guerre. Les policiers doivent se présenter au travail ou encourir la peine de mort[4]. Officiellement, la Polnische Polizei (PP) est subordonnée à l'Ordnungspolizei (Orpo) allemande. Les installations d'avant-guerre restent en service dans toute la Pologne occupée, avec la même structure organisationnelle, sous le commandement du major Hans Köchlner, formé en Pologne en 1937[5]. Les policiers portent notamment les mêmes uniformes, mais sans les insignes nationaux[5]. Après l'opération Barbarossa, tous les territoires nouvellement acquis dans le district de Galicie sont placés sous contrôle ukrainien avec siège à Chełm Lubelski[5].

Selon l'historien Andrzej Paczkowski, les effectifs de la police bleue atteignent environ 11 000 à 12 000 agents[6], avec une croissance rapide[6],[7]. Emanuel Ringelblum estime le nombre de ses membres à 14 300 à la fin de 1942, y compris à Varsovie, Lublin, Kielce et dans la Galice orientale[8].

Ces effectifs importants sont dus, selon l'historien Marek Getter[5], à l'expulsion vers le Generalgouvernement de tous les policiers professionnels polonais, depuis les territoires annexés par le Troisième Reich (Reichsgau Wartheland, etc.). En outre, le salaire d'environ 250-350 złotys est élevé et comporte une part variable. Enfin, les Allemands ont intentionnellement institué une corruption policière, en donnant aux policiers le droit de garder pour eux 10 % de tous les biens confisqués[5], voire un tiers ou la moitié des biens des Juifs arrêtés[9]. La police bleue se compose principalement de Polonais et d'Ukrainiens de langue polonaise des parties orientales du gouvernement général[10].

Agent de la police bleue dirigeant la circulation à Varsovie.

La police bleue a peu d'autonomie, et tous ses officiers de haut rang sont issus des rangs de la police allemande, la Kriminalpolizei (Kripo). Elle sert de force auxiliaire[11] et est subordonnée à l'Ordnungspolizei allemande. De nouveaux volontaires sont formés dans une école de police à Nowy Sącz, avec 3 000 diplômés (recevant un salaire de 180 złotys chacun), sous la direction du Schutzpolizei Major Vincenz Edler von Strohe (de son vrai nom Wincenty Słoma, un Reichsdeutscher anciennement dans la police autrichienne)[5].

Du point de vue allemand, le rôle principal de la police bleue est de maintenir la loi et l'ordre sur les territoires de la Pologne occupée, de manière à libérer l'Ordnungspolizei allemande pour d'autres tâches. Comme Heinrich Himmler l'indique dans son arrêté du  : « assurer le service de police générale au sein du gouvernement général est le rôle de la police polonaise. La police allemande n'interviendra que si les intérêts allemands l'exigent et surveillera la police polonaise. »

La police bleue s'appuie également en grande partie sur les lois pénales polonaises d'avant-guerre, une situation acceptée comme une nécessité provisoire par les Allemands[10].

Historiographie

Voir aussi

Notes et références

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