Pont-aqueduc du Grand-Arvou
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| Pont-aqueduc du Grand-Arvou | |||
Le pont-aqueduc du Grand-Arvou. | |||
| Géographie | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Région à statut spécial | Vallée d'Aoste | ||
| Commune(s) | Porossan (Aoste) | ||
| Coordonnées géographiques | 45° 45′ 30″ N, 7° 19′ 41″ E | ||
| Fonction | |||
| Franchit | Torrent Parléaz | ||
| Fonction | Pont aqueduc | ||
| Caractéristiques techniques | |||
| Type | Pont en arc | ||
| Longueur | 68,50 m | ||
| Portée principale | 13,60 m | ||
| Hauteur | 19,50 m | ||
| Matériau(x) | Pierre et mortier de chaux | ||
| Construction | |||
| Construction | Époque médiévale (vers 1300) | ||
| Géolocalisation sur la carte : Italie
Géolocalisation sur la carte : Vallée d'Aoste
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Le pont-aqueduc du Grand-Arvou est un pont-aqueduc médiéval situé près du hameau de Porossan, sur le territoire de la commune d'Aoste, en Vallée d'Aoste.
Il se trouve entre les localités de Neyves et de Chiou, au-dessus d’une gorge étroite creusée par le torrent Parléaz.
Il constitue l’ouvrage le plus spectaculaire du canal d'irrigation appelé « rû Prévôt », l’un des plus importants systèmes hydrauliques historiques de la région[1].
Le pont-aqueduc du Grand-Arvou est un pont en arc en maçonnerie, construit en pierre et mortier de chaux, partiellement enduit. Il mesure 68,50 m de long. La portée de l’arc, mesurée à la corde, est de 13,60 m. La hauteur du toit jusqu’à la base du piédroit en rive droite atteint 19,50 m, tandis que la distance entre le toit et l’intrados de l’arc est de 10,50 m.
L’ouvrage présente un plan irrégulier de forme trapézoïdale (sans grande base), résultant de la nécessité de maintenir une pente constante du canal tout en limitant l’ouverture de l’arc, grâce à l’appui sur les versants rocheux adjacents.
Le canal intérieur, long d’environ 70 m, est couvert d’un toit en lauzes. Il est enduit d’un revêtement imperméable et mesure environ 57 à 62 cm de largeur à la base, atteignant 80 à 82 centimètres à hauteur d’épaule en raison d’un ressaut. Sa hauteur permet le passage d’un homme debout pour l’inspection, mais l’accès est aujourd’hui fermé pour des raisons de sécurité.
Des ouvertures latérales assurent l’éclairage du couloir. Des dispositifs statiques renforcent l’ensemble : un contrefort cylindrique à l’est consolide la partie la plus étroite, tandis que de l’autre côté la répartition des charges vers la roche s’effectue au moyen d’une double arcature en arête de poisson visible sous l’enduit.
L’abbé Joseph-Marie Henry considérait le pont-aqueduc du Grand-Arvou comme « l’un des plus beaux monuments conservés du Moyen Âge » en Vallée d’Aoste. Il figure parmi les rares ponts-canaux médiévaux encore en service dans la région[2].
À quelques mètres en aval se trouve le pont-aqueduc dit « Petit-Arvou », de dimensions plus modestes, qui transporte les eaux du rû Champapon.
Histoire
Comme d’autres ouvrages hydrauliques de la région, notamment le Pont d'Aël d’époque romaine, le pont du Grand-Arvou s’inscrit dans une longue tradition d’aménagement des eaux en Vallée d’Aoste.
Entre le XIIIe et XVe siècles, la région connut une intense activité de construction de canaux d’irrigation, appelés rus, destinés à remédier aux problèmes de sécheresse et à soutenir le développement des pâturages de montagne.
Le rû Prévôt fut vraisemblablement construit vers 1288–1300 à l’initiative d'Henri de Quart, prévôt de la cathédrale d'Aoste. Des documents de 1306 et 1307 attestent que le canal était déjà en fonctionnement à cette époque. Dans son testament de 1317, Henri de Quart légua à ses neveux les droits et revenus issus du canal qu’il avait fait édifier sur le territoire de Quart.
Au fil des siècles, l’entretien du pont-canal fut confié au prévôt, puis à des gestionnaires locaux. Au XVIe siècle, l’ouvrage connut une période de dégradation. En 1701, un nouveau règlement fut instauré afin d’assurer une gestion plus rigoureuse du rû Prévôt, avec la désignation de gardiens des eaux chargés de la surveillance et de l’entretien.
Au cours des dernières décennies, l’urbanisation progressive des zones agricoles a entraîné la mise en conduite souterraine de la quasi-totalité du canal (près de 11,9 km sur 12 km). Le pont-aqueduc du Grand-Arvou demeure aujourd’hui le principal témoignage visible de cette grande œuvre hydraulique médiévale, toujours en fonction.