Pont du Diable (Hérault)
édifice du XIe siècle dans l'Hérault, en France
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le pont du Diable ou pont sur l'Hérault est un ouvrage d'art médiéval d'architecture romane situé entre les communes de Saint-Jean-de-Fos et Aniane, dans le département français d'Hérault en région Occitanie. Franchissant l’extrémité des gorges de l’Hérault, il est construit dans la première moitié du XIe siècle et accueille aujourd’hui uniquement la circulation piétonne. D'une longueur de 65 m, l’ouvrage est attribué aux abbayes d’Aniane et de Gellone. Il est construit en maçonnerie de pierre et comporte deux grandes arches romanes.
| Pont du Diable | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | France |
| Région | Occitanie |
| Département | Hérault |
| Coordonnées géographiques | 43° 42′ 27″ N, 3° 33′ 26″ E |
| Fonction | |
| Franchit | Hérault |
| Fonction | Pont |
| Caractéristiques techniques | |
| Type | 2 arcs en plein cintre |
| Longueur | 65 m |
| Largeur | 4 m |
| Hauteur | 18 m |
| Matériau(x) | Maçonnerie de pierre |
| Construction | |
| Construction | XIe siècle |
| Historique | |
| Protection | |
| Site du Bien | Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France |
| Numéro d’identification |
868-033 |
| Année d’inscription | |
| modifier |
|
Histoire
Mentionné également sous le nom de « pont du Gouffre noir » ou « pont du Gour noir », cet édifice est l'un des plus anciens ponts médiévaux de France[1],[2]. D'après le cartulaire de Gellone, la construction aurait eu lieu de 1025 à 1031, à la suite d'un accord conclu entre l'abbé d'Aniane et l'abbé de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert).
Victor Mortet a publié l'acte passé entre Pons, abbé d'Aniane, et Geoffroy, abbé de Gellone, en donnant une date de rédaction de l'acte comprise entre 1036 et 1048. Il est prévu que chaque abbaye construise la moitié du pont, qu'on ne doit pas le fortifier ou construire une église dessus et qu'aucun droit d'usage ou cens ne doit être prélevé pour son passage[3].
Le pont du diable (ou pont de Saint Guilhem) doit son nom à une légende se trouvant dans la seconde rédaction du Moniage Guillaume écrite vers 1160[4], qui attribue faussement la construction du pont à Guillaume d'Orange et qui prétendait que lors de la construction du pont, le diable venait défaire chaque nuit ce que les hommes construisaient durant la journée. Un jour, les hommes (qui n'en pouvaient plus de construire en vain) conclurent un accord avec le diable : il pourrait prendre la première âme qui passerait sur le pont. Ainsi, les hommes purent construire le pont. Mais, aucun des hommes ne voulant donner son âme au diable, ils firent passer un chat en premier[5]. Fou de rage, le Diable tenta en vain de détruire le pont sans y parvenir et se jeta dans l'eau. Le pont reçut ainsi le nom de « Pont du Diable ».
Le pont du Diable fait l’objet d’une inscription et protection au titre des monuments historiques depuis le [6],[7]. En 1998, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco (868-033)[8] au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France[9].
Architecture
Le pont comprend deux arches et deux ouïes. Il a été élargi à la fin du XVIIIe siècle[10].
Environnement accidentogène
Historiquement, le pont du Diable est le théâtre d'accidents causés par les sauts de l'édifice ou de ses abords immédiats[11],[12]. Malgré les arrêtés municipaux pris pour interdire les sauts et la pose de panneaux multilingues, les services de secours dénombrent une dizaine d'accidents chaque année[13],[14].
En 2008, un poste de secours est installé afin d'offrir la surveillance du site et prodiguer les premiers soins aux accidentés[15],[16].
Galerie
À proximité
Le pont jouxtant l'ouvrage est nommé « pont de la route de Saint-Guilhem », « pont de Saint-Guilhem » ou « pont neuf »[1],[17].
À proximité immédiate se trouvent les grottes de Clamouse et Saint-Guilhem-le-Désert, village médiéval classé parmi les plus beaux villages de France[18] avec son abbaye de Gellone.