Population carcérale
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Il y a en 2021 onze millions de personnes incarcérées dans le monde, dont trois millions en détention provisoire[1],[2].
Surpopulation
La plupart des prisons sont en surpopulation. L'augmentation du nombre de prisonniers a été plus importante que la croissance des centres de détention, selon les estimations propres de chaque pays. Aux États-Unis, le nombre de prisonniers a été multiplié par quatre au cours des cinquante dernières années [Quand ?]; au Brésil, la population carcérale a été multipliée par vingt dans le même temps, passant de 30 000 prisonniers à 750 000. Les Philippines, Haïti ou encore le Guatemala possèdent les prisons les plus densément peuplées au monde, avec un taux d'occupation moyen de respectivement 460 %, 450 % et 370 %[1].
Cette surpopulation a des conséquences importantes sur la sécurité, pour les prisonniers eux-mêmes, mais également pour les gardiens et la capacité des prisons à conserver les prisonniers les plus dangereux à l'écart. Par ailleurs, elle remet fondamentalement en cause leur rôle de réinsertion.
Par pays
En 2020, le pays comptant le plus de prisonniers dans l'absolu est la Chine, avec 2 447 606 personnes derrière les barreaux. Viennent ensuite les États-Unis, avec 1 675 400 personnes. Le pays en troisième position, le Brésil, compte moitié moins de prisonniers, 812 000, et les pays suivants en ont tous moins de 500 000[2].
Les dix pays dans lesquels le nombre de détenus par habitant est le plus grand sont : Saint-Vincent-et-les-Grenadines, El Salvador, Rwanda, Turkménistan, Palaos, Thaïlande, Cuba, Dominique, États-Unis, Antigua-et-Barbuda. La proportion y est d'environ 500 détenus pour 100 000 habitants[2].
En France
Répartition hommes-femmes
Les hommes constituent l’écrasante majorité des prisonniers. Environ 6 % de la population carcérale est classée dans la catégorie « Adultes femmes ». Les pays dans lesquels le pourcentage de femmes est le plus élevé sont Bahreïn, Monaco, la Jordanie, la Guinée-Bissau et Hong Kong, avec entre 20 et 25 % de femmes ; cependant, le nombre relativement peu élevé de prisonniers dans ces pays (sauf la Jordanie) peut expliquer ces statistiques[2].
La France possède la plus haute part d'homme en prison au sein de l'union européenne à 27 [3].
Jeunes détenus
La population carcérale classée « jeunes détenus »[pas clair] est faible, inférieure à 1 %, avec une exception notable pour le Mozambique comportant 27 % de jeunes détenus en prison, c'est-à-dire 5 000 jeunes sur 18 000 prisonniers et, si on se limite aux pays comptant plus de 50 000 prisonniers, seuls la Thaïlande et le Brésil ont une population carcérale jeune de respectivement 3 % et 5 %[2].
Mortalité en prison
Ce sujet est un enjeu majeur à la croisée de la santé publique, de la justice et des droits humains. Au sens large, les décès liés à la détention incluent ceux survenant « du premier contact avec les forces de l'ordre jusqu'à la libération de prison, de centre de détention ou de tout autre lieu de détention, en passant par la procédure préalable au procès et l'incarcération »[4]. « Des données incomplètes ou inexactes sur la cause et les circonstances d'un décès en détention entravent la capacité de la société à protéger la santé et la sécurité des personnes incarcérées et du personnel pénitentiaire, ainsi qu'à demander des comptes aux responsables de décès non naturels de personnes en détention »[4].
Les conditions de vie en détention, souvent plus précaires que dans la population générale, entraînent une mortalité plus élevée, notamment avant le XXᵉ siècle. Aujourd'hui, le suicide représente près d'un décès sur deux en milieu carcéral en France, avec un taux environ six fois supérieur à celui de la population générale. Les décès en détention incluent aussi des morts suspectes ou mal documentées, qui soulève parfois des questions sur la transparence des enquêtes et la responsabilité des institutions pénitentiaires[4].
Aux États-Unis, un rapport (2025) constate que « les données exhaustives sur les décès en détention ne sont pas disponibles et que la fiabilité des données disponibles est sujette à caution. Néanmoins, les données disponibles soulèvent des inquiétudes quant au nombre important de personnes en détention qui décèdent par suicide ou avant leur condamnation ». Un système médico-légal d'enquêtes sur les décès (ou MLDI pour medicolegal death investigation system) est chargé de déterminer les causes et circonstances des décès, dont pour la justice pénale. En 2025, après que plusieurs décès survenus en détention aient à nouveau attiré l'attention sur les conclusions des médecins légistes, examinateurs médicaux et coroners, avec des interrogations quant à la validité scientifique de ces déterminations[4], un rapport (2025), des National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine, souligne que le système américain est fragmenté et souffre d'un manque de ressources, de normes contraignantes et de données fiables[4]. « La rigueur méthodologique est indispensable pour déterminer avec exactitude les causes et les circonstances d'un décès, et l'état actuel du système compromet la crédibilité des enquêtes sur les décès en détention (...) Pour comprendre les causes d'un décès et traduire en justice les responsables de morts non naturelles, il est crucial de maîtriser les données scientifiques » rappelle John A. Rich (de l'Institut Rush BMO pour l'équité en santé ; Rush University System for Health, et coprésident du comité ayant rédigé le rapport) ; or, les enquêteurs et médecins légistes doivent souvent travailler dans des infrastructures obsolètes ou non accréditées, avec un personnel insuffisamment formé et certifié. Le rapport recommande notamment que le Congrès finance l'amélioration des infrastructures, renforce la coordination entre les niveaux fédéral, étatique et local, développe l'accès des coroners à l'expertise en pathologie médico-légale, et encourage la recherche interdisciplinaire, et redéfinisse « les caractéristiques d'un décès en détention qui devraient nécessiter une autopsie »[4].