Porte Cailhau
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La porte Cailhau (porta deu Calhau en 1450)[2] ou porte du Palais est une porte de la ville de Bordeaux, dans le département français de la Gironde. Elle faisait office à la fois de porte défensive et d'arc de triomphe (présence d'une niche à l'effigie du roi)[3]. Elle est classée monument historique depuis le [1].
La porte Cailhau se dresse sur la place du Palais du côté du fleuve. Située entre les embouchures des deux principales rivières de Bordeaux, le Peugue (cours d'Alsace et Lorraine) et la Devèze (rue de la Devise), c'était la principale entrée dans la ville depuis le port. Elle donnait accès au Palais de l'Ombrière, résidence des ducs de Guyenne, puis siège du Parlement de Bordeaux à partir de 1462.
À l'époque, les quais verticaux n'existaient pas. La rive descendait en pente douce vers le fleuve et c'étaient des bateaux légers qui déchargeaient les navires ancrés dans le fleuve.
Toponymie
Le nom de la tour signifie caillou (calhau en gascon). Il était donné au quai en pente douce situé entre les deux rivières, que l'on « appela le quai daü Caillaü (du Caillou), parce qu'en raison de son utilité, il fut le premier à être pavé en cailloux de rivière. (...) Cette porte se trouvant placée en face du quai du Caillaü, dut naturellement prendre ce nom. »[4],[Note 1].
Ce nom est partagé avec la puissante famille bourgeoise bordelaise médiévale des Cailhau ou Caillau, établie près du Palais de l'Ombrière non loin de la porte fortifiée qui perpétuerait leur nom, et qui donna plusieurs maires à la ville (XIIIe - XIVe siècle)[3].
Histoire


La porte originelle était implantée dans le rempart du XIVe siècle. Elle a été remplacée par le monument actuel, construit plus près de la Garonne entre 1493 et 1496[5]. Le hasard a voulu qu'en fin de construction, le roi Charles VIII remportât en 1495 la bataille de Fornoue contre les Italiens, au cours de laquelle l'archevêque de Bordeaux, André d'Espinay conduisait un contingent bordelais. Pour commémorer cette victoire, la porte formant une entrée royale face au Palais de l'Ombrière a été dédiée par les jurats à Charles VIII, et ornée de sa statue en marbre blanc, tenant globe et sceptre, entourée du cardinal d'Espinay et de saint Jean-Baptiste[6]. La statue, brisée par les révolutionnaires en 1793 a été remplacée par une copie en pierre en 1880[5]. L'architecte initial en fut probablement Raymond Macip. Par la suite, l'édifice a été assez remanié, notamment par l'élargissement de la baie par l'architecte Charles Dardan en 1753-1754. Mais c'est surtout, l'architecte Charles Durand qui la restaure et la dégage des édifices accolés de 1880 à 1890.
Dès 1906, la porte Cailhau abrite le Musée du Vieux Bordeaux pour accueillir les collections de la Société archéologique de Bordeaux. Le musée est aménagé avec deux grandes salles, la salle de la Herse pour les réunions, la bibliothèque et les archives au troisième étage, et les dépôts dans les combles. Les collections du musée sont principalement composées de dons, à commencer par le mobilier de la salle de la Herse offert par Armand Bardié, qui peut être qualifié de gothique sobre. La grande salle est décorée de peintures à teintes neutres rehaussées de frises polychromes d'un bel effet, décor réalisé par Désiré Bontemps, un architecte de la ville, Coudol et Labatut, également architectes, et le peintre Millet. Par la suite, de nombreux dons sont venus enrichir les collections, qui ont conduit à l'extension des aménagements avec une troisième salle ouverte en 1913. Le musée était ouvert au public le dimanche. La création de ce musée résulte d'un travail acharné, notamment celui d'Armand Bardié, accompagné par Marius Vachon, qui a effectué plusieurs voyages à Bordeaux pour y donner des conférences et apporter son soutien. En 1970, la Société archéologique ne pouvant plus assurer l'entretien et la gestion du musée, confie les clés de l'édifice à la Ville de Bordeaux[7].
Le monument a bénéficié d'une restauration en 1960 et d'une mise en lumière. La rénovation de la place du Palais, située à proximité de la porte et réalisée en 2010, permet une mise en valeur du monument qui est régulièrement ouvert au public pour des visites touristiques.

