Postillon
homme chargé de mener une voiture hippomobile
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Le postillon est surtout connu comme un homme chargé de mener une voiture hippomobile, tout comme le cocher. Mais, alors que le cocher conduit l'attelage depuis la voiture, assis sur un siège, le postillon monte le cheval, ou l'un des chevaux (toujours, dans le cas où plusieurs chevaux forment l'attelage, le cheval de gauche) qui tirent le véhicule, et qu'on appelle le porteur. Dans le cas précis des voitures de poste qu’on appelait chaises de poste et qui n’avaient pas de place pour un cocher, le postillon était seul conducteur de l’attelage.
Étymologie
Postillon vient de poste (dans son sens premier : établissement de chevaux, placé de distance en distance pour le service des voyageurs, et non dans le sens d’une administration de distribution de courrier[1]). Le mot vient de l'italien postiglione et a été introduit en français à partir de 1540[2].
Différents rôles du postillon
Le postillon est celui qui précède, à cheval, le courrier (messager) pour lui servir de guide et ramène ensuite les chevaux au relais de poste selon Jean Nicot en 1573[3].
Le postillon est un commissionnaire, lorsqu’il voyage seul porteur d’un message ou d’un colis[4].
Le postillon peut être encore un palefrenier[4] lorsqu’il loue ses services à un propriétaire de voiture hippomobile, comme le cocher.
Le postillon est enfin chargé de mener un attelage sur de longues distances, et plus seulement d’une poste à une autre. Il monte toujours un cheval, ce qui le différencie du cocher, qui lui est assis et mène l’attelage depuis la voiture.
On appelle attelage en poste tout attelage mené par un ou plusieurs postillons.
Les grandes diligences du XIXe siècle nécessitent souvent la présence simultanée d'un cocher et d'un postillon (attelage en demi-poste) : dans ce cas, le cocher a toujours la prééminence sur le postillon qu’il considère avec condescendance.

Le postillon monte le timonier de gauche (cheval attelé au plus près de la voiture). Ses conditions de travail sont assez rudes puisqu'il doit passer de longues heures à cheval, par tous les temps, sans protection contre les intempéries. Il met ses pieds dans de grandes et lourdes bottes de cuir bouilli - avec lesquelles il lui serait impossible de marcher - qui sont fixées sur les flancs du cheval et qui constituent une protection en cas de chute de la monture, les bottes étant suffisamment rigides (renforcées de fer) et épaisses pour supporter le poids du cheval sur la jambe[5]. Les postillons des grandes compagnies de diligences portent une livrée caractéristique.
Au XIXe siècle, dans les sociétés aisées, les bonnes manières imposent des types de voitures et d'équipages très spécifiques, demandant des cochers ou des postillons. Ainsi, une voiture attelée à la d'Aumont est tirée par quatre chevaux, deux à deux, chaque cheval de gauche étant monté par un postillon. Mais il arrive que, suivant la mode sportive, les propriétaires conduisent eux-mêmes certaines voitures.
Le postillon utilise un cor de poste (ou cor de postillon) afin de prévenir le relais de son arrivée, de se signaler dans les passages dangereux et d'obtenir, la nuit, l'ouverture des portes de ville.
Dans les arts
- Le cor de postillon est une œuvre de Mozart.
- Le postillon est le personnage central de l'opéra-comique d'Adolphe Adam Le Postillon de Lonjumeau.
- Le postillon dans le roman Les Misérables de Victor Hugo qui accompagne M. Madeleine (chap. 5 « Bâtons dans les roues »).
- Le postillon russe qui conduit les voyageurs en tarantass dans Michel Strogoff de Jules Verne (chap. 9 « En tarantass nuit et jour » et suivants).
- Dans le téléroman québécois Les Belles Histoires des pays d'en haut, l'aubergiste Ovide « ti-père » « père Ovide » Ruisselet occupe la charge de postillon de la Reine.
- Le Postillon du Mont-Cenis est un film sorti en 1927.
Journalisme
- Le Postillon est un trimestriel satirique de l'agglomération grenobloise.
- Der Postillon (de) est un site allemand d'information satirique en ligne.
- Süddeutscher Postillon était un magazine satirique allemand.
Commerce et publicité

Le rude métier des postillons leur conférait une réputation de bons vivants aimant bien manger et boire. De 1862 à 1967 ont été commercialisés des vins de consommation courante appelé « Vins du Postillon ». Jusque dans les années 1950, la réclame pour cette boisson représentait la face d'un postillon rubicond et heureux de vivre vêtu à la mode des années 1860.