Pour une vraie concurrence des monnaies
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| Pour une vraie concurrence des monnaies | |
| Auteur | Friedrich Hayek |
|---|---|
| Pays | États-Unis |
| Genre | Économie |
| Titre | The Denationalization of Money |
| Date de parution | 1976 |
| Traducteur | Guillaume Vuillemey |
| Éditeur | Puf |
| Lieu de parution | Paris |
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Pour une vraie concurrence des monnaies (en anglais : The Denationalization of Money) est un ouvrage de politique économique de Friedrich Hayek, publié en 1976. Il y défend le libre arbitre monétaire et prône l'abolition du monopole de la banque centrale Il accuse les banques centrales de pratiquer une planification économique en fixant arbitrairement la structure des prix par la manipulation des taux d’intérêts.
Friedrich Hayek remet en question le bien-fondé du monopole que la banque centrale exerce sur la création monétaire, et réclame le libre marché monétaire. Selon l'auteur, la monnaie n’est pas un outil de politique pouvant permettre, par le contrôle de sa quantité, d’atteindre des résultats prévisibles. Selon Hayek la trajectoire est prévisible : de la monnaie-papier fiduciaire à la mainmise totale de l'État. Chaque pas nous éloignant du libre marché monétaire entraîne de nouveaux problèmes qui semblent exiger une nouvelle intervention, laquelle crée de nouveaux problèmes, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le système s'effondre[1].
Selon l'auteur, dans le système de concurrence, « la bonne monnaie chasse la mauvaise ». Au contraire, dans un système de monopole monétaire, « la mauvaise monnaie chasse la bonne », conformément à la loi de Gresham, selon laquelle les agents économiques préfèrent conserver la bonne monnaie et se défaire de la mauvaise au plus vite.
La critique principale de l'auteur est le caractère arbitraire de la manière dont la banque centrale fixe les prix en manipulant les taux d'intérêt[2].
Propositions
Friedrich Hayek appelle à changer de système monétaire ou bien nous risquerons d'étouffer l’avenir de la liberté elle-même. La liberté et le marché libre (par définition concurrentiel) sont pour lui indissociables. Selon l'auteur, la monnaie sert à marchander, c’est une institution privée appartenant aux hommes libres (droit naturel) et non à l'État. Là où subsiste une concurrence institutionnelle, l’expérimentation se poursuit. La société qui préserve ce cadre, se donne de meilleures chances de faire face aux défis de demain, au contraire de celle qui se fige[3].
Hayek défend un système de monnaies où les institutions peuvent créer des monnaies qui sont en concurrence[4]. La stabilité de la valeur est présumée être le facteur décisif pour l'acceptation. Hayek fait l'hypothèse que la concurrence sera favorable aux monnaies qui préservent le plus la valeur dans le temps[5]. Hayek suggère que les institutions pourront trouver à travers l'expérimentation un vaste panier de marchandises pour base monétaire. Pour Hayek, la presse financière serait garante des informations sur la qualité des devises, publiant des rapports réguliers sur la gestion de l'émission monétaire, ou sur la quantité des encaisses en marchandises. Cette analyse d'Hayek a été citée par de nombreux économistes dont George Selgin, Richard Timberlake, et Lawrence H. White.
Pour Hayek, c'est l'émission non contrôlée de la monnaie par le monopole d'État qui conduit aux dysfonctionnements du marché : « En raison d’un manque de compréhension générale, l’acte délictueux qu’est l’émission monétaire trop abondante par un monopoliste est, encore aujourd’hui, non seulement tolérée mais même encouragée. C’est là l’une des raisons principales pour lesquelles le fonctionnement harmonieux du marché est si fréquemment bouleversé »[6].
La concurrence des monnaies conduirait à un nouvel ordre monétaire international qui serait la caractéristique des pays libres[7] : « Une fois que le principe de concurrence des monnaies aurait été généralement accepté dans les pays économiquement prépondérants, il est probable qu’il s’étendrait rapidement à tous les peuples libres de choisir leurs propres institutions. Il resterait sans nul doute des enclaves dictatoriales ne souhaitant pas abandonner leurs pouvoirs monétaires – ceci, même une fois que l’absence de contrôle des échanges serait devenue la marque distinctive des pays honnêtes et civilisés ».
Friedrich Hayek affirme que sans concurrence, il ne peut y avoir une discipline de marché responsabilisant les émetteurs de monnaie : « l’absence de concurrence a empêché l’émetteur monopolistique d’une monnaie d’être soumis à une discipline salutaire »[6].
Il affirme également que la mainmise des banques centrales conduit à un État s'accroissant de façon illimité : « Couper le robinet qui fournit sans cesse au gouvernement des liquidités additionnelles pour son propre usage apparaît en outre important pour stopper la tendance inhérente d’un gouvernement illimité à croître indéfiniment, ce qui est devenu pour le futur de la civilisation un danger aussi menaçant que la médiocrité de la monnaie qu’il a produite »[8],[6]. « Il ne peut guère y avoir de doute que l’accroissement spectaculaire des dépenses publiques au cours des trente dernières années, avec le gouvernement s’appropriant dans certains pays occidentaux jusqu’à la moitié, voire davantage, du revenu national pour des buts collectifs, n’a été rendu possible que par la mainmise gouvernementale sur l’émission monétaire »[9],[6].