Pourriture sèche

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Pourriture sèche causé par Serpula lacrymans sur un pieu de bois à Pörtschach am Wörthersee (Klagenfurt, Autriche)

L'expression anglaise « dry rot », traduite aussitôt en français par « pourriture sèche », a servi au XVIIIe siècle puis au XIXe siècle, à décrire les effets destructeur de la mérule pleureuse sur les navires en bois de la Royal Navy, ce que nous nommons aujourd'hui « pourriture brune » ou « pourriture cubique ». Le terme « sec » a été utilisé en raison de la masse friable résultante et du fait qu'il n'était alors généralement pas admis que la pourriture était causée par l'eau, bien que l'on ait reconnu qu'elle était exacerbée par des situations confinées, chaudes et humides.

L'expression « pourriture sèche » peut aussi désigner la « fusariose », dont la « fusariose de la pomme de terre ».

Les premiers enregistrements du terme « dry rot » datent de la seconde moitié du XVIIIe siècle[1]. En français l'usage de l'expression « pourriture sèche », suit la publication de Ambrose Bowden en 1810, « A Treatise on the Dry Rot », et surtout sa traduction par Jean-Pierre Marcassus de Puymaurin publiée en 1819 sous le titre: De la Pourriture sèche qui détruit les bois employés pour la construction des vaisseaux[2]. En français on rapporte aussi les termes de « carie sèche », et rapport à sa couleur les expressions de « bois cannelle » et « tabac d'Espagne »[3].

Le terme dry rot est toujours utilisés aujourd'hui en anglais mais sa signification est différente.

Genèse de l'expression

En 1759, les chantiers navals de la Tamise furent invités à donner leur avis sur la durabilité comparée des navires anglais et français. Ils conclurent que les navires de guerre anglais devaient survivre de longtemps à ceux français[4],[2],[1]. Au début du XIXe siècle, toutefois, la situation s’était inversée. L'affaire prit de l'ampleur en 1810 lorsque le HMS Queen Charlotte (1810) fut lancé à Deptford. Un examen minutieux révéla que toutes ses œuvres mortesthe ends of most of the beams, carlings, and ledges, the joinings of the plan , etc. – étaient atteinte de « dry rot ». Ambrose Bowden, du Navy Office, enquêta sur cette situation et publia ses conclusions en 1815 sous le titre « A Treatise on the Dry Rot ».

Le terme « sec » (dry) fut utilisé en raison de la masse friable restante après la dégradation du bois par la pourriture et en raison du fait qu'il n'était généralement pas admis que ce type particulier de pourriture puisse être causée par l'eau; bien qu'on reconnaisse qu'elle était exacerbée par des situations confinées, chaudes et humides[1],[5]. Bowden déclara que « la pourriture sèche existe là où il n'y a pas d'humidité extérieure pour la produire[4] ».

La « pourriture sèche » a donc été nommée d'après l'effet produit, et non la cause, pour le distinguer de la « pourriture humide », désignation malheureuse qui induisit en erreur de nombreuses personnes, en leur faisant croire que le bois pourrirait à sec; et longtemps les précautions adéquates ne furent pas prises pour prévenir la pourriture, à supposer qu'elles aient été efficaces. Fin XIXe siècle cette idée était corrigée, car il est impossible d'initier la pourriture sèche sans humidité, sans chaleur suffisante et sans exposition à l'air[6].

Descriptions

Les premiers enregistrements du terme « pourriture sèche » datent donc de la seconde moitié du XVIIIe siècle; une description particulièrement utile des dommages a été publiée au début du XIXe siècle par Thomas Wade: « Le bois se gonfle d'abord puis il change de couleur et émet des gaz qui ont une odeur de moisi[7] ». Aux stades les plus avancés, la masse se fendille transversalement, devient peu à peu pulvérulente et forme une terre végétale. On trouve généralement, à certains de ces stades de décomposition, les différentes espèces de champignons sur la masse[1],[8].

À l'époque de Bowden, on reconnaissait deux formes principales de décomposition du bois: une pourriture commune ou humide (common rot, wet rot) et ce phénomène relativement nouveau qu'on appela « pourriture sèche ». On a observé que la pourriture sèche attaquait le bois de l'intérieur vers l'extérieur et ne laissait souvent qu'une peau extérieure apparemment saine, à la différence de la pourriture humide qui progresse de la surface vers l'intérieur.

Aux XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, la pourriture commune ou humide était considérée comme une forme de décomposition qui était causée par le vent, la chaleur et l'eau; on pensait que la dégradation des bois avait des origines chimiques ou mécaniques et que le bois modifié résultant offrait un substrat particulièrement approprié pour les champignons[1].

En 1864, Fréminville en ce qui concerne la pourriture sèche, ne s'écarte pas de cette théorie ; elle résulte d'une véritable fermentation, assimilable à un combustion lente, dans laquelle interviennent la sève, le ligneux et la cellulose. Le champignon de la pourriture sèche est identifié; toutefois la concordance invariable de la présence de boletus lacrymans, la mérule pleureuse, et du développement de la pourriture faisait hésiter l'observateur: le champignon était-il la cause de la pourriture, ou sa conséquence[5]?

Selon Mazaudier, la pourriture sèche a la couleur de la cannelle, le bois en est cassant et même friable et il finit par se réduire dans l'intérieur même de la pièce en poussière fine qui ressemble à du tabac d'Espagne. Cette maladie est d'autant plus dangereuse qu'elle commence par attaquer un point quelconque du cœur de l'arbre sans aucun indice extérieur; aussi arrive-t-il des pièces sur chantier, atteintes de la pourriture sèche, dont on ne reconnaît le vice qu'en les façonnant. Souvent même une pièce est travaillée, coupée de longueur et mise en place sans présenter aucun défaut; et ce n'est qu'en faisant usage de la tarière pour la fixer que l'on est obligé de la rejeter. Lorsque dans les visites de recette l'on découvre les indices de la pourriture sèche, soit au pied, soit à la tête, soit enfin au corps de la pièce, il est facile d'extraire le mal parce qu'il ne se propage pas de préférence dans le sens des fibres ligneuses, il s'étend au contraire dans toutes les directions. Il suffit donc pour extirper le mal de tronçonner la pièce lorsque sa longueur le permet à une distance déterminée par l'expérience[9].

Différentes expériences furent menées. On prit les bois les moins destructibles tels que le bois de teck et le gaïac que l'on mit en contact avec des bois ordinaires où ces champignons croissaient déjà, et la contagion s'étendit rapidement à ces bois renommés pour leur durée[10].

La pourriture sèche dans la marine en bois historique

Notes et références

Voir aussi

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