Pouvoir administratif

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Le pouvoir administratif s'inscrit dans une redéfinition moderne de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) théorisée notamment par Locke et Montesquieu. Cette nouvelle vue a été particulièrement développée par le politologue Gérard Bergeron.

Bergeron établit que l'État possède quatre fonctions : législative, juridictionnelle, gouvernementale et administrative. Celles-ci remplacent les trois pouvoirs, particulièrement en ce qui a trait au pouvoir exécutif. C'est que ce dernier « continue à désigner un organe qui fait à peu près tout sauf exécuter au sens strict où, plus équivoquement encore, on recouvre par ce terme les fonctions distinctes de gouvernement et d'administration[1] ».

Les pouvoirs normatifs

Gérard Bergeron oppose tout d'abord deux grands types de pouvoirs :

Schéma simplifié des quatre fonctions de l'État en France tels qu'ils sont décrits par Gérard Bergeron (fonction législative, fonction gouvernementale, fonction administrative et fonction judiciaire)
  • d'une part, ceux qui consistent à édicter des normes juridiques (c'est-à-dire le Droit, les règles valant pour tous les citoyens d'un État, d'une collectivité territoriale ou d'une commune : lois, ordonnances, décrets, arrêtés), appelés alors "pouvoirs normatifs" (ou "impératifs") ;
  • d'autre part, ceux qui consistent à appliquer ces normes, appelés "pouvoirs exécutifs" (dont le sens ne se superpose pas tout à fait à la théorie de Montesquieu).

Les pouvoirs normatifs, dans la théorie de Gérard Bergeron, sont intrinsèquement liés à la théorie de la hiérarchie des normes de Hans Kelsen. Selon cette théorie, le droit est composé de trois grandes familles de normes (mis à part les traités internationaux) :

Les actes administratifs individuels (circulaires, arrêtés à portée individuelle, etc.) sont volontairement mis à part, car ils sont spécifiques à une administration précise ; celui qui édicte ces actes agit davantage en tant que chef d'un service administratif, et moins en tant que gouvernant politique.

En somme, on distingue :

  • d'un côté, les normes que l'on pourrait dire "de long terme" (constitution et lois), destinées à durer le plus longtemps possible, mais dont le défaut est une grande lenteur dans leur élaboration : pour garantir leur qualité, les lois sont soumises à des processus législatifs longs avec de nombreux contrôles (la "navette parlementaire" française en est une parfaite illustration)
  • d'un autre côtés, les normes que l'on dirait "de court terme" (règlements), qui n'ont pas vocation à durer, mais qui présentent l'avantage de pouvoir être déployées rapidement et de répondre en temps et en heure à des situations spécifiques.

Pour Gérard Bergeron, les lois sont l'apanage du pouvoir législatif, tandis que les règlements sont du ressort du pouvoir gouvernemental (ou pouvoir réglementaire).

Les pouvoirs exécutifs

Les pouvoirs exécutifs désignent l'ensemble des autorités de l'État dont la fonction est de faire respecter les lois et les règlements au sein de la société. Gérard Bergeron en définit deux : le pouvoir administratif, et le pouvoir judiciaire.

Le pouvoir administratif en théorie

Le pouvoir administratif en pratique

Notes et références

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