La Première dame du Chili est l'épouse du président du Chili. Il s'agit d'un titre protocolaire, bien qu'il ait acquis une certaine reconnaissance officielle. Traditionnellement, elle est chargée de diriger ou de coordonner les activités sociales de la présidence (1990-2022), et son rôle consiste à accompagner le président lors de ses visites officielles à l'étranger[1].
Historiquement, au Chili, le titre de Première dame n'est porté qu'une seule fois par une personne qui n'est pas l'épouse du dirigeant: Isabel Riquelme(es), mère de Bernardo O'Higgins. De même, le titre reste vacant à quatre reprises: une fois en raison d'un veuvage — entre 1936 et 1938, à la suite du décès de Rosa Ester Rodríguez(es), épouse d'Arturo Alessandri — et trois fois en raison du célibat — entre 1958 et 1964, lorsque Jorge Alessandri est au pouvoir, et de 2006 à 2010 et de 2014 à 2018, lorsque Michelle Bachelet est au pouvoir. Cependant, à ces occasions, ses principales fonctions ont été attribuées à d'autres personnes, telles que les épouses de ministres d'État ou d'autres membres de la famille.
Étant donné que ce titre protocolaire est traditionnellement occupé par des femmes, il n'y a toujours pas de clarté quant au cas où un homme occuperait ce poste; bien qu'il ait été proposé de le nommer «premier chevalier»[2].
Depuis le 29 décembre 2022, le poste est vacant et les fonctions de sa dernière titulaire, Irina Karamanos, sont transférées à différentes entités gouvernementales, conformément au décret du président Gabriel Boric.
Période coloniale
Pendant la période coloniale, l'épouse du gouverneur est connue sous le nom de «présidente» — les gouverneurs sont également appelés «présidents» en raison de leur fonction de présider la Real Audiencia —, une appellation qui continue à être utilisée avec l'avènement de la période républicaine, comme en témoigne la presse du XIXesiècle. À partir du milieu de ce siècle, cette appellation est progressivement remplacée par celle de Première dame[3].
XIXe siècle
Enriqueta Pinto(es) (1841-1851) est la première à habiter le palais de La Moneda, son mari, le président Manuel Bulnes, y ayant transféré le siège du gouvernement et la résidence présidentielle en 1846[3]. Depuis cette époque, les Premières dames deviennent les «maîtresses du palais», chargées de le décorer, d'y organiser de grands événements, de participer à l'accueil de visiteurs illustres, tout en étant témoins du travail quotidien de leurs maris et, parfois, en l'influençant[3].
Au début du XXesiècle, les Premières dames contribuent à mener des activités caritatives, généralement en privé ou sans grande visibilité, et à soutenir ou accompagner leurs maris présidents[4].
À partir des gouvernements radicaux, les Premières dames commencent à jouer un rôle plus important, qui va bien au-delà de l'accompagnement des présidents lors des cérémonies officielles, ce qui coïncide avec l'émancipation des femmes[5]. Elles se distinguent par leur travail énergique dans le domaine social, en venant en aide aux victimes de catastrophes naturelles et en fondant des organismes ou des institutions en faveur des enfants défavorisés et, en général, des secteurs les plus pauvres du pays, ainsi que par leur intervention active dans des questions d'ordre politique, comme la promotion du droit de vote des femmes, comme ce fut le cas de Juana Aguirre Luco(es) (1938-1941)[5].
À partir de cette époque, les Premières dames créent et dirigent diverses initiatives et fondations d'aide sociale: le Comité Pro-Pascua de los Niños Pobres en 1941, une initiative de Juana Rosa Aguirre; l'Asociación de Dueñas de Casa en 1947; la Fondation El Ropero del Pueblo, en 1954, créée par Graciela Letelier(es) (1952-1958) et transformée par María Ruiz-Tagle(es) (1964-1970) en CEMA; ces deux dernières organisations institutionnalisent le rôle des Premières dames et formalisent leur relation avec ces organisations[6]. Avec Rosa Markmann(es) (1946-1952), épouse de Gabriel González Videla, les Premières dames ont leur propre bureau au palais de La Moneda et commencent à disposer d'un cabinet officiel pour coordonner les différentes activités qu'elles assumaient[5].
En 1971, avec Hortensia Bussi (1970-1973), le CEMA est rebaptisé Coordinadora de Centros de Madres (COCEMA). Pendant la dictature militaire, avec Lucía Hiriart (1974-1990), la COCEMA devient CEMA-Chile en 1974, acquérant une grande importance[7] grâce aux revenus qu'elle reçoit de la Polla Chilena de Beneficencia(es)[8]; l'année suivante, la Fondation nationale d'aide à la communauté (FUNACO) est créée[6].
Sous le gouvernement de Gabriel Boric, par une résolution émanant de la Direction administrative de la présidence le 30 mars 2022, le cabinet de la Première dame change de nom pour devenir le Cabinet Irina Karamanos[11]. Le 22 juin suivant, le gouvernement chilien supprime toutes les références à ce cabinet sur son site officiel[12], et annule la résolution, indiquant également que cette dénomination est une «erreur administrative» et qu'elle serait remplacée par celle de Coordination socioculturelle de la présidence de la République[13].
La Coordination socioculturelle de la présidence de la République cesse ses fonctions le 31 décembre 2022, ses fondations sont transférées à des ministères sectoriels: Prodemu est rattachée au ministère de la Femme et de l’égalité de Genre(es), le ministère de l'éducation prend en charge Todo Chilenter y Integra, et le Musée interactif Mirador(es), enfin Artesanías de Chile et la Fundación de Orquestas Juveniles e Infantiles de Chile(es) sont placés sous l'égide du ministère de la Culture(es); par conséquent, la présidence des conseils d'administration de ces entités est nommée par les secrétaires d'État et non par le chef de l'État, qui nommait traditionnellement son épouse à la tête de ces institutions créées au cours des dernières décennies. Ainsi, les fondations de la présidence de la République cessent de dépendre de l'épouse du président de la République. De même, le rôle institutionnel de la Première dame est supprimé[14],[15],[16],[17]. Paula Carrasco, compagne de Boric depuis 2024, ne prend ses fonctions et fait profil bas[18].
Liste des Premières dames
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↑(es) «Paula Carrasco, nueva pareja del Presidente Boric, no tendrá rol institucional y mantendrá un bajo perfil - La Tercera», La Tercera, (lire en ligne[archive du ], consulté le )