Prieuré de Francour
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Le prieuré de Francour (parfois appelé localement l'abbaye de Francour, ou Francou[1]) est un ancien prieuré de l'ordre de Grandmont situé à 6 kilomètres au nord du village de Lafrançaise, en Tarn-et-Garonne, dans un lieu-dit appelé Francour-en-Quercy.
Le , Bernard de Durfort et ses frères, ainsi que Mucien de Carmaing, Pons de Gourdon et Arnaud de Montaigut font don de terres à l'ordre de Grandmont afin d'élever une « celle » (du latin cella, ce qui signifie maison de Dieu ou cellule) placée sous le vocable de Notre-Dame, au milieu de la forêt de Francour[2]. En , Richard Cœur de Lion lui ajoute encore des terres. Au recensement de l'ordre en 1295, Francour comptait huit clercs. Lorsque Jean XXII impose la réformation de l'ordre en 1317 qui doit regrouper toutes ses maisons sous l'autorité de trente-neuf prieurés (où se trouve désormais chaque communauté) et d'une abbaye-chef d'ordre (l'abbaye de Grandmont), Francour accède au statut de prieuré et compte vingt-deux clercs[3]. Les celles qui ne sont plus que des fermes de rapport et qui lui sont rattachées sont Dégagnazès, le Bois-Menou, le Boismineur de Cahors et les Vayssières[4]. En 1366, Charles V confirme certains droits et privilèges dont l’exemption des tailles et subsides, donnés auparavant par le roi d’Angleterre. Isolé au milieu des bois, Francour souffre des bandes de routiers à la fin du XIVe siècle.
À la fin du XVe siècle, Francour est placé in commendam (régime de la commende), comme tant d'autres, et c'est le début de la fin pour les Grandmontains. La discipline se relâche, les pensions versées aux différents commendataires sont lourdes et le recrutement de novices limité à cause des dépenses induites. Le premier commendataire de Francour[5] est Raymond de Caussade, chanoine de Cahors et protonotaire apostolique. En 1567, le prieuré de Francour est dévasté par les huguenots. Il faudra un siècle pour restaurer le monastère dont la communauté est désormais réduite.
Le bâtiment sud a été entièrement remanié en 1678.
En 1748, le prieur claustral de Francour est Dom Giboust de Chastellux qui meurt assassiné par son valet de chambre en 1752 alors qu'il est en visite à l'abbaye de Peyrouse[4]. En 1772, il n'y a plus que deux religieux[6] au prieuré, lorsque l'ordre est supprimé par la Commission des Réguliers, présidée par Loménie de Brienne. Désormais les revenus et bénéfices provenant de ses fiefs et fermes sont dévolus à la cathédrale de Cahors.
Le , le prieuré est vendu aux enchères comme bien national[4], mais la somme étant trop faible, il est finalement adjugé en juillet suivant pour 115 600 livres.
Le corps central est refait en 1843 avec une aile orientale ajoutée en 1890. Il demeure une imposante cheminée de briques moulurées du XIIe ou XIIIe siècle qui se trouvait dans la cuisine des moines et qui a été installée ici au XVIIe siècle[4]. L'aile Ouest a été entièrement démolie. Un pigeonnier a été édifié au nord de l'église en 1844[7]. Divers bâtiments agricoles ont été ajoutés au fil du temps.
Le couloir du cimetière, les façades et toitures de l'ancienne maison de maître, des bâtiments de la ferme et du pigeonnier sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du . L'église, sa sacristie, la salle capitulaire, le réfectoire, l'oratoire d'hiver au premier étage, les dortoirs au premier étage ainsi que la cheminée monumentale de brique au rez-de-chaussée et l'aire du cloître sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du [8].
