Prieuré de l'Oiselière

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Début de la constructionXIe siècle
Style dominantArchitecture gothique
Prieuré de l'Oiselière
Prieuré de L'Oiselière (vue générale en 2013).
Prieuré de L'Oiselière (vue générale en 2013).
Présentation
Culte Catholicisme
Type Prieuré
Début de la construction XIe siècle
Style dominant Architecture gothique
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1989)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Ville Saint-Planchers
Coordonnées 48° 49′ 19,68″ nord, 1° 29′ 46,48″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Manche
(Voir situation sur carte : Manche)
Prieuré de l'Oiselière

Le prieuré de l'Oiselière est un prieuré situé à Saint-Planchers, près de Granville, en France. Niché dans un vallon en bordure du cours d'eau qui porte son nom, entouré de ses murs fortifiés et de ses douves, il a une histoire qui remonte au XIe siècle. Dépendant des abbés du Mont-Saint-Michel, il est le lieu où ils organisaient l'exploitation du domaine et des bois et la collecte des taxes. Ils y rendaient aussi la justice seigneuriale locale.

Sa restauration commence en 1989, date à laquelle il est inscrit au titre des Monuments historiques.

La fondation

En l'an 1022[2], Richard II (duc de Normandie) donne au Mont-Saint-Michel l’abbaye de Saint-Pair et ses dépendances, limitées à l'est par la voie publique de Coutances, au nord par la Vanlée (fleuve côtier), au midi par le ruisseau du Thar, à l'ouest par la mer avec l'île de Chausey.

Différents écrits sur l'histoire locale considèrent que l’Oiselière ferait partie des dépendances de cette abbaye de Saint-Pair dont aucune autre trace écrite ou archéologique n'est connue. Ils disent aussi que l’Oiselière correspondrait à ce prieuré de Saint-Pair cité par Pierre Le Roy, mais en 1321 qu'elle apparait nommément dans les actes historiques lors de l’autorisation de la construction de sa chapelle[3].

En 1321, il y avait donc un premier bâtiment auquel on a voulu adjoindre une chapelle. L’étude de l’Oiselière actuelle permet d’imaginer le premier bâti qui devrait être un rectangle à l’emplacement de l’actuelle salle cathédrale et du logement de la ferme. Le contrefort extérieur ouest est visible à l’intérieur du rez-de-chaussée de l’actuel manoir dont il constitue le mur est et le mur nord de la salle cathédrale. L’adjonction de la chapelle a été réalisée à l’ouest du premier bâti.

Le bois de la Prael qui dépendait de l’Oiselière est cité nommément plus tôt que celle-ci. Ainsi en 1294, on trouve trace d’une donation aux moines par Thomas, écuyer, seigneur du Pont, de la terre des Angles du bois du Prael, située en la paroisse de Saint-Planchers. Puis en 1297, une sentence arbitrale est rendue entre Guillaume du Bois et les moines, pour le bois du Prael en Saint-Planchers. Il y fut reconnu que Guillaume du Bois avait droit de tenir quatre vaches et dix porcs au pâturage et de prendre une charretée de bois chaque semaine (1297)[4].

La guerre de Cent Ans

Plan de l'Oiselière, 1776.

L’histoire des abbés du Mont-Saint-Michel fournit quelques repères historiques dans les années suivantes.

« En l'an 1420, l'abbé Jolivet, ennuyé de tant de peines et de fatigues endurées à la garde et conservation de cette place de ce Mont-St-Michel, [ … ] manquant de cœur, sort de son monastère la même année susdite 1420, et, s'en va. Il laisse ses moines en faire à discrétion. Il n’y viendra plus, demeurant tantôt à Rouen, tantôt à L’Oiselière et ailleurs, où bon lui semblera. Il fait si bien, étant dehors de ce monastère, d'acquérir la bienveillance du roi d'Angleterre , qui le fait jouir de toutes les possessions que ce monastère a en la province de Normandie, laquelle ledit anglais occupe pour lui, et notre Robert en fait à son vouloir sans en élargir aucun denier à ses moines qui portent le poids du jour et de la chaleur, à conserver cette place sous l’obéissance du roi de France. Ils sont extrêmement pauvres, presque tous les revenus et les plus beaux étant en Normandie, desquels Mgr Abbé Jolivet fait largesse et bonne chère à ses amis, laissant ses moines sans pain. »

 Thomas Le Roy, Curieuses Recherches du Mont-Saint-Michel[5]

« La première mise à mal de L’Oiselière remonte à l’année 1442 où depuis une confiscation de vingt-cinq années par le roi d’Angleterre, les français, qui viennent de reprendre Granville s’emparent du manoir, le pillent, l’incendient et le détruisent en partie. »[6].

La Renaissance

En 1509, l'abbé Guillaume de Lamps, entreprend de grands travaux à l’Oiselière, dans un style gracieux que cette époque voit fleurir. Son frère J. de Lamps, d'après le Gallia Christiana, achèvera ces travaux.

Le plan de l’Oiselière de 1766 donne une idée de ces travaux par l’adjonction à l'ouest du manoir. Toujours à la Renaissance, des jardins en terrasse sont établis à l’emplacement des remparts du premier édifice.

Les abbés commendataires

Carte de 1689.
Reconstitution de l’emprise du bois de Prael (Prais) sur la carte actuelle.

L’Oiselière sert de refuge à Arthur de Cossé (fils illégitime reconnu de Charles Ier, comte de Brissac) qui devient en 1562 évêque de Coutances en pleine guerre de religion puis abbé du Mont-Saint-Michel en 1570. Il y meurt en 1587[7].

Les abbés commendataires plus préoccupés par l'encaissement des revenus que par l’entretien des bâtiments laissèrent le logis tomber en ruine.

La statistique de 1698 indique que la baronnie de l’Oiselière dont le grand manoir est dans la paroisse de Saint-Planchers appartient aux abbés et religieux du Mont-Saint-Michel. Le terme de baronnie apparait pour la première fois sur ce document et semble indiquer que L’Oiselière est à cette époque plus qu’un manoir et qu’elle a aussi un domaine suffisamment grand pour justifier ce titre.

Le bois de Prael à cheval entre Saint-Planchers et Saint-Aubin qui faisait vraisemblablement partie du domaine de l’Oiselière a disparu depuis longtemps mais il est visible sur la carte de 1689. Son existence et son exploitation sont avérées dès le XIe siècle[8].

Thomas Cambernon fut le dernier titulaire du bénéfice de l'Oiselière, puis les terres furent vendues à la Révolution.

Abandon et restauration

Carte postale ancienne.

Au fil du temps, les bâtiments servent de matériaux de construction aux habitants des alentours. En 1878, l’abbé Lecanu note attristé que la chapelle est divisée en plusieurs pièces et appropriée aux usages séculiers, un lit occupant la place de l’autel[9].

« Tout l'appareil défensif du premier manoir fortifié a pratiquement disparu: évanoui, le plan d'eau; comblés en partie, les fossés; l'enceinte, aux murs étayés de contreforts, est toute coupée de brèches; seul le double porche cintré donne toujours accès dans la vaste cour intérieure. »[6].

Il faudra attendre son inscription au titre des monuments historiques par arrêté du pour permettre le lancement de sa restauration.

Description

Voir aussi

Notes et références

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