La première mention historique de la ville de Debdou date du XIIe siècle et est liée à l'ascension des Mérinides, jusqu'alors au service des Almohades. Le dirigeant mérinide Abd al-Haqq octroie alors Debdou aux Ouartajin, un clan qui leur est étroitement lié, afin de servir de marche contre les Zianides de Tlemcen[4].
La principauté de Debdou est érigée en 1430[5] en tant que gouvernorat héréditaire. Dès la seconde moitié du xve siècle, les Ouartajin gagnent en autonomie à l'égard de Fès à la suite de l'affaiblissement du pouvoir mérinide et de la prise du pouvoir effectif par les vizirs wattasides[2] ; la principauté devient pleinement autonome lorsque Mohammed ibn Ahmed est nommé vice-roi de Debdou par le sultan wattaside Mohammed es-Saïd ech-Cheikh qui, après avoir assiégé et contraint le souverain de Debdou à se soumettre, lui témoigne néanmoins certains égards[2].
Durant les dernières années du règne du prince Mohammed II, la Principauté devient tributaire des Saadiens[2]. Le prince Ammar s'oppose néanmoins aux Saadiens et soutient les prétentions du wattasside Bou Hassoun, qu'il appuie militairement lors de l'offensive ottomano-wattasside contre Fès de 1554[6],[7]. Quatre années plus tard, en 1558, le ralliement d'Ammar aux Saadiens lors de la bataille de l'Oued-el-Leben permet à ces derniers de mettre en échec la tentative d'invasion ottomane menée par Hassan Pacha[8].
En 1563, le souverain saadien Abdellah el-Ghalib renverse les Ouartajin et fait de Debdou un pachalik totalement dépendant du pouvoir central, servant également de marche contre l'Empire ottoman[2].