La formule «les dombes» (sans majuscule) désigne les étangs, et plus précisément les fonds d'étangs, les eaux troubles.
En ce qui concerne le pays de Dombes, l'utilisation du pluriel ou du singulier est sujette à discussion. Selon Georges Fafournous, «académicien de la Dombes», il faut dire «la[1] Dombes», mais les habitants, appelés «Dombistes», disent aussi bien «la Dombes» que «les Dombes».
La formule «en Dombes» signifie «dans le pays de Dombes», tandis que si on dit «dans les dombes», il s'agit des étangs.
Le nom de la commune de Villars-les-Dombes peut prêter à confusion. Il ne s'agit pas de l'article défini pluriel, mais d'une préposition tombée en désuétude, sauf en toponymie, «lès» («lès»), qui signifie «près de», ici orthographiée «les». Une orthographe plus convenable serait «Villars-lès-Dombes».
Histoire
La Dombes dans le Saint Empire du XIIe siècle au début du XVIe siècle
Proche du royaume de France, le territoire de la Dombes est détenu par des seigneurs vassaux du roi de France, tout en restant formellement dans le Saint-Empire.
À la fin du XIIesiècle, les seigneurs de Baugé (originaires de Bâgé-le-Châtel, dans la Bresse) et de Thoire-Villars (originaires du Bugey) se partagent le pays de Dombes. En 1218, par le mariage () de la fille du sire de Baugé avec Humbert V de Beaujeu, le nord de la Dombes devient une possession de la maison française de Beaujeu. La partie sud de la Dombes[Quoi ?] reste aux sires de Thoire-Villars.
Chacune de ces deux familles fait partie d'un camp différent dans le conflit entre les maisons de Savoie et du Dauphiné, qui relèvent toutes deux de l'Empire: les Beaujeu sont alliés aux comtes de Savoie et les Villars des dauphins de Viennois, .
En 1325, voulant aider le comte Édouard de Savoie contre Guigue V de Viennois, Humbert de Beaujeu est fait prisonnier lors de la bataille de Varey. Contraint de prêter hommage pour les seigneuries de Meximieux, de Miribel et de Bourg-Saint-Christophe, il demande un dédommagement au comte de Savoie .
Les terres des sires de Villars subissent plusieurs chevauchées parties des terres de Savoie. À partir de l'avènement d'Humbert V en 1300, la famille s'oriente progressivement vers la France. Humbert VI est un des principaux artisans du rattachement du Dauphiné à la France (1349) ce qui permet que la situation s'apaise, aux alentours de 1355, alors que les rois de France sont entrés depuis deux décennies dans un long conflit contre les rois d'Angleterre.
Les maisons de Beaujeu et de Villars s'éteignent vers 1400, ce qui entraîne la prise de possession de la Dombes par des familles plus puissantes. Au nord, le dernier des Beaujeu, Édouard II, cède ses États en 1400 au duc de BourbonLouis II, tandis que Humbert VII de Thoire-Villars, menacé par le duc de Bourgogne Philippe le Hardi à qui il refuse de prêter hommage, vend ses terres en 1402 aux ducs de Savoie et de Bourbon, se plaçant ainsi sous leur protection, puisqu'il conserve l'usufruit de ses terres jusqu'à sa mort (1423).
La maison de Bourbon règne sans problème majeur sur ses terres de Dombes jusqu'à la crise survenue en 1523 entre son chef, Charles III, connétable de France, et le roi François Ier.
Il envoie aussi des troupes occuper la partie de la Dombes lui appartenant, bien que ces terres se trouvent dans l'Empire. Mais l'empereur n'est autre que Charles Quint[3], contre qui François Ier est en guerre[4]: il s'agit donc d'un acte de guerre, qui ne va pas être mis en question par Charles Quint, même après la défaite sévère subie par François Ier à Pavie[5] en 1525.
Il institue la fonction de gouverneur de Dombes ainsi qu'un parlement de Dombes qui siège d'abord à Lyon, par «territoire emprunté».[pasclair]
L'occupation française se prolonge du au [6], sous les règnes de François Ier (mort en 1547), de Henri II (mort en 1559) et de François II.
La maison de Bourbon-Montpensier (1560-1693) et la souveraineté de Dombes
Profitant de l'appartenance de la Dombes au Saint-Empire, les Montpensier, qui ne sont pas vassaux du roi de France pour ce fief, en font une petite souveraineté dont Trévoux, qui s'est beaucoup développée à la fin du Moyen Âge, devient la capitale.
Marie de Dombes, sous la tutelle de Gaston d'Orléans, de 1626 à 1627,
Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier de 1627 à 1693, sous la tutelle de Gaston d'Orléans jusqu'en 1650[6].
La duchesse de Montpensier, souveraine de Dombes (1627-1693)
Un hôpital est fondé à Trévoux par la duchesse de Montpensier, sous l'impulsion de Claude Cachet de Garnerand, conseiller au parlement de Dombes.
En échange de la libération du duc de Lauzun dont elle était amoureuse, la Grande Mademoiselle cède à Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils légitimé de Louis XIV, la souveraineté de Dombes, (initialement offerte à Lauzun en 1670 lors du mariage avorté), tout en s'en réservant la jouissance viagère jusqu'à sa mort, qui survient le .
En 1696, le duc du Maine fait transférer le parlement de Dombes de Lyon à Trévoux, faisant bâtir en 1703, un palais pour l'accueillir.
Il favorise l’imprimerie implantée à Trévoux, sur laquelle ne s'exerce pas la censure du royaume de France, autorisant notamment les Jésuites à y imprimer leur journal Mémoires de Trévoux. Plusieurs éditions du Dictionnaire de Trévoux y sont également imprimées.
Le [2], Louis Charles de Bourbon, troisième fils du duc du Maine, échange avec Louis XV la souveraineté de Dombes contre les vicomtés d'Argentan et d'Exmes, la terre et seigneurie de Sorel, le duché de Gisors, les bois royaux de Clary et du marquisat de Bizy.
↑Né en 1500 à Gand, Charles de Habsbourg est élu empereur en 1520 sous le nom de Charles V, couramment en français Charles Quint.
↑Non pas à cause de l'empire, mais à cause des intérêts de la maison de Habsbourg en Italie, aux Pays-Bas et en Espagne, Charles étant roi de Castille et roi d'Aragon.