Prison de Bristol
From Wikipedia, the free encyclopedia
HM Prison Bristol
| Prison de Bristol (en) HM Prison Bristol | |||||
| Localisation | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Nation constitutive | |||||
| Région | Angleterre du Sud-Ouest | ||||
| Localité | Bristol | ||||
| Quartier | Horfield (en) | ||||
| Coordonnées | 51° 28′ 51″ nord, 2° 35′ 32″ ouest | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Bristol
Géolocalisation sur la carte : Angleterre du Sud-Ouest
Géolocalisation sur la carte : Angleterre
Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
| |||||
| Architecture et patrimoine | |||||
| Construction | 1883 | ||||
| Installations | |||||
| Type | Prison | ||||
| Fonctionnement | |||||
| Opérateur(s) | |||||
| Statut actuel | En fonctionnement (d) | ||||
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |||||
La prison de Bristol (en anglais : HM Prison Bristol), antérieurement désigné sous l’appellation de prison d’Horfield, est une prison britannique de catégorie B destinée à une population carcérale masculine. Implanté dans le quartier d’Horfield (en), à Bristol, en Angleterre du Sud-Ouest, cet établissement relève de la compétence opérationnelle de l’administration pénitentiaire de His Majesty’s Prison Service.
Développement d'après-guerre

Édifiée en 1883, la prison d'Horfield vint se substituer à l’établissement pénitentiaire antérieur, dénommé « Nouvelle Prison » et érigé en 1820. Préalablement, la municipalité avait fait l’acquisition d’un jardin d’agrément sis à Horfield (en), ainsi que du champ attenant, dans le dessein d’y construire un nouveau pénitencier[1]. Toutefois, lorsqu’il fut établi que le gouvernement central envisageait d’assumer la charge de la construction et de l’entretien des prisons, la municipalité se désista de ce projet et en laissa l’entière responsabilité à l’État. L’édifice, une fois achevé, fut inauguré et commença à recevoir des détenus à compter de février 1883[2].
Lors de son édification, l’établissement pénitentiaire disposait de cent soixante cellules, offrant une capacité d’hébergement théorique avoisinant 179 prisonniers.

L’établissement pénitentiaire d’Horfield a été le théâtre de quatorze exécutions capitales. La première de ces sentences fut appliquée le 11 mars 1889, concernant un individu nommé Withy, condamné à la pendaison pour homicide[1]. La dernière eut lieu le 17 décembre 1963 : Russell Pascoe fut exécuté par pendaison pour le meurtre de William Rowe commis à l’occasion d’un vol. Son complice, Dennis Whitty, subit un châtiment identique le même matin au sein de la prison de Winchester.
En 1953, l'administration pénitentiaire instaura le premier établissement de type « pré-libératoire » au sein même de l'enceinte carcérale[1]. Cette innovation institutionnelle fit l'objet d'une couverture médiatique étendue et d'une documentation systématique par le biais de la photographie, laquelle en conserva les principales manifestations[2].
L’établissement pénitentiaire connut une première extension en 1967 par l’inauguration de l’aile « B », élevant sa capacité d’hébergement à trois cent vingt cellules. Une seconde aile vint ultérieurement s’y adjoindre, suivie de travaux complémentaires au cours de la décennie 1990.
L’établissement pénitentiaire de Bristol fut le théâtre de soulèvements de détenus en 1986, puis de nouveau en 1991. Chacun de ces événements occasionna des destructions considérables au sein des quartiers cellulaires de l’institution.
L'établissement pénitentiaire devint l'objet d'une polémique en 1996, à la suite de la révélation que certains transfèrements de détenus entre Bristol et ladite prison étaient occasionnellement effectués au moyen d'une limousine. Les autorités carcérales arguèrent que ce véhicule n'était mobilisé qu'en l'absence de taxis conventionnels suffisamment spacieux pour contenir plusieurs prisonniers escortés par leurs gardiens. Subséquemment, le pénitencier de Bristol fut reclassé en catégorie A, intégrant ainsi le dispositif des centres de détention de haute sécurité, et se vit attribuer la mission de custodier les individus jugés les plus périlleux.
XXIe siècle

Un rapport émanant du Conseil des visiteurs en 2000 formula des critiques à l’encontre de l’établissement pénitentiaire de Bristol, lui reprochant de maintenir certains prévenus à l’isolement à titre de sanction disciplinaire[2]. L’institution fut de nouveau épinglée en 2002 lorsqu’il fut révélé qu’une disette d’infirmières l’avait contrainte à engager des dépenses considérables, évaluées en milliers de livres sterling, pour recourir à du personnel intérimaire[1]. L’année suivante, en raison de problèmes récurrents de surpopulation carcérale et des appréhensions exprimées par les riverains quant à la sécurité, la prison de Bristol fut rétrogradée au rang d’établissement local de catégorie B[1].
En 2005, l’établissement pénitentiaire de Bristol fit l’objet de vives critiques à la suite de la publication d’un rapport émanant de l’Inspecteur en chef des prisons de Sa Majesté. Ce document dénonçait une gestion erratique, des lacunes sécuritaires notoires et l’existence de vives tensions raciales au sein de la détention[1]. L’année suivante, le personnel pénitentiaire signala une recrudescence des actes violents, imputée à la consommation endémique de substances opiacées et psychotropes, telles que l’héroïne, le crack et le cannabis, parmi la population carcérale[2].
En 2011, un rapport émanant du Conseil de surveillance indépendant faisait état d’une dotation budgétaire annuelle de l’ordre de 16,8 millions d’euros pour l’établissement pénitentiaire de Bristol[1]. Le document relevait des lacunes persistantes concernant la fourniture de vêtements et d’effets aux détenus, de même que l’usage des commodités sanitaires. Il constatait parallèlement des progrès dans les domaines de la réinsertion et des parloirs par comparaison avec l’exercice antérieur. Le bilan du rapport concluait à une « amélioration sensible et soutenue » de l’établissement.
Archives
Les fonds d’archives pénitentiaires de Horfield sont conservés, pour l’essentiel, au sein des Archives de Bristol (cote 41405 ; catalogue consultable en ligne). Une partie subsidiaire de la documentation afférente à cet établissement carcéral est déposée aux Archives nationales du Royaume-Uni[1].
La prison aujourd'hui
La prison de Bristol assume une fonction pénitentiaire plurielle. Elle héberge conjointement des adultes et de jeunes délinquants, ces derniers étant définis comme les individus âgés de dix-huit à vingt et un ans. Ces personnes sont majoritairement placées sous écrou en attente de leur comparution devant les juridictions locales. L'établissement reçoit également une population de condamnés, incluant des détenus purgeant une réclusion criminelle à perpétuité ou des peines indéterminées, mesures prononcées dans un objectif affirmé de protection de la collectivité. Institutionnellement, ce pénitencier est désigné comme l'établissement de catégorie B de référence pour toute la région du Sud-Ouest de l'Angleterre.
À la suite d’une inspection inopinée conduite en mai 2013, l’établissement fut l’objet de sévères réprobations. Les rapports consignèrent que des membres du personnel avaient proféré des invectives à caractère raciste envers les détenus, et qu’à une occurrence, ils avaient refusé toute sustentation à un prisonnier. Cette même vérification mit également en lumière que plus de la moitié de la population carcérale – incluant une proportion substantive d’individus en détention préventive – était astreinte à une réclusion de vingt-trois heures sur vingt-quatre dans sa cellule[1].
L’infiltration clandestine de substances stupéfiantes au sein de l’établissement pénitentiaire de Bristol induit chez les détenus des conduites erratiques et occasionnellement agressives. Parallèlement, on observe un décroissement des effectifs du personnel carcéral depuis 2010. La violence, problématique endémique, occasionne des lésions tant parmi le personnel que la population incarcérée. Les gardiens, en effectifs réduits, éprouvent une certaine réticence à exercer leur autorité et se trouvent désemparés face à ces manifestations de brutalité. Le recrutement de nouveaux agents pénitentiaires se heurte à des difficultés notoires.
L'établissement pénitentiaire dispense des enseignements portant sur le développement personnel et l'exercice de l'esprit critique, de même qu'il offre des formations à visée professionnelle. Une partie des personnes incarcérées exercent une activité au sein d'ateliers, des cuisines, de la salle de gymnastique ou occupent la fonction d'auxiliaire de propreté dans les différents quartiers de la détention. Par ailleurs, un service téléphonique d'écoute, accessible à toute heure, est institué à l'intention des détenus présentant une vulnérabilité suicidaire ou des risques de sévices auto-infligés.
L’établissement pénitentiaire dispose d’un dispositif de soins constitué d’une infirmerie intra-muros, bénéficiant d’une permanence infirmière diurne et nocturne. Du reste, des infirmiers sont attachés à chaque quartier de détention durant le service actif pour y administrer les traitements et opérer le triage des détenus atteints d’affections ou de lésions bénignes. L’institution se distingue par un Service intégré de traitement des toxicomanies (SITT) jouissant d’une reconnaissance nationale pour la prise en charge des conduites addictives, incluant l’alcoolisme. Ce service, logé dans un quartier spécialisé, s’appuie sur une équipe pluri-disciplinaire regroupant des surveillants, des infirmiers et des assistants spécialisés en addictologie. En outre, un médecin généraliste est présent en permanence au sein de l’établissement pendant les heures d’ouverture des services.
En juin 2019, une inspection pénitentiaire a évalué l’établissement, lui octroyant les cotes les plus basses pour ce qui relève de la sûreté et des activités de réinsertion. Subséquemment, les carences dans la prise en charge des détenus les plus fragiles ont été mises en exergue dans un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Ces manquements ont conduit le ministère de la Justice, alors dirigé par David Gauke, à adresser à la direction de la prison une « notification urgente », procédure réservée aux situations critiques[3].
