Prison de Liverpool
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HM Prison Liverpool
| Prison de Liverpool (en) HM Prison Liverpool | |||||
| Localisation | |||||
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| Pays | |||||
| Nation constitutive | |||||
| Région | Angleterre du Nord-Ouest | ||||
| Comté | Merseyside | ||||
| Localité | Liverpool | ||||
| Coordonnées | 53° 27′ 28″ nord, 2° 58′ 11″ ouest | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Merseyside
Géolocalisation sur la carte : Angleterre du Nord-Ouest
Géolocalisation sur la carte : Angleterre
Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
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| Architecture et patrimoine | |||||
| Architecte(s) | John Weightman | ||||
| Construction | 1855 | ||||
| Propriétaire | His Majesty's Prison Service | ||||
| Installations | |||||
| Type | HM Prison | ||||
| Capacité | 1 370 places | ||||
| Fonctionnement | |||||
| Chef d'établissement | Rob Luxford | ||||
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La prison Liverpool (antérieurement dénommé Walton Gaol) est une maison d’arrêt de catégorie B, destinée à la détention masculine. Située dans le district de Walton, à Liverpool en Angleterre, elle relève de l’administration du His Majesty's Prison Service.
Histoire
L'établissement pénitentiaire de Liverpool, dénommé à l'origine Walton Gaol, fut édifié entre 1848 et 1855. Sa conception revient à John Weightman, alors arpenteur-géomètre de la cité (à distinguer de son quasi-homonyme et contemporain, John Grey Weightman). Cet ouvrage architectural supplanta une prison du XVIIIe siècle située au cœur de la ville, jugée dès lors exiguë et inadaptée aux impératifs carcéraux contemporains. À son inauguration, cette enceinte pénitentiaire recevait une population mixte, accueillant indistinctement des prévenus des deux sexes[1].
Le 4 février 1939, dans le cadre de la campagne d'attentats explosifs du « S-Plan » menée sur le sol britannique au cours de cette année, l'IRA entreprit, sans y parvenir, de forer une brèche dans l'un des murs de l'établissement pénitentiaire.
Au cours du Blitz de Liverpool, durant la Seconde Guerre mondiale, le 18 septembre 1940, des bombes aériennes allemandes de haute puissance destructrice atteignirent une aile de la prison de la ville, occasionnant sa destruction partielle. Cet assaut causa la mort de vingt-deux prisonniers. La dépouille de l’un d’entre eux ne fut exhumée que onze années plus tard, lors du déblaiement ultime des gravats[2].
L’établissement pénitentiaire servit de cadre à soixante-deux exécutions capitales judiciaires entre 1887 et 1964. La dernière application de la peine de mort qui s’y déroula concerna Peter Anthony Allen. Celui-ci et son acolyte, Gwynne Owen Evans, furent reconnus coupables du meurtre de John Alan West en avril 1964. Leurs supplices furent simultanés, par pendaison, le 13 août 1964 : Allen subit son châtiment dans la prison de Walton, tandis qu’Evans le subissait dans celle de Strangeways, à Manchester[1]. L’abolition de la peine capitale pour le crime de meurtre intervint quinze mois plus tard.

En mai 2003, un rapport émanant de l'Inspecteur en Chef des Prisons de Sa Majesté formula de sévères réprobations à l'encontre de l'établissement pénitentiaire de Liverpool. Les critiques portaient principalement sur sa surpopulation carcérale et la dégradation des relations professionnelles, ayant engendré un régime pénitentiaire jugé inacceptable. L'inspection constata que plusieurs secteurs de la geôle étaient d'une insalubrité notoire, infestés de blattes, et que de nombreuses fenêtres étaient fracturées. Les conditions de vie des détenus étaient telles que l'accès aux douches et le renouvellement des vêtements n'étaient autorisés qu'une fois hebdomadaire[3].
Un rapport d'inspection ultérieur, daté de février 2010, mit en évidence que la consommation de stupéfiants, les pratiques de harcèlement et les actes de violence persistaient, demeurant chose courante au sein de l'établissement pénitentiaire de Liverpool, et ce en dépit d'améliorations notoires observées dans d'autres secteurs de la gestion carcérale[3]. Peu de jours après cette révélation, il fut établi que l'administration pénitentiaire avait procédé au remboursement d'une somme avoisinant les 10 000 livres sterling (approximativement 11 700 euros) à des détenus de ce même établissement. Ce versement faisait suite à la perception indue de redevances télévisuelles. En effet, l'institution appliquait un prélèvement hebdomadaire d'une livre par individu incarcéré, plutôt que de fixer un tarif forfaitaire par cellule. Ce système engendrait une surfacturation pour les détenus cohabitant dans une même geôle, les contraignant à acquitter une somme supérieure au coût légalement autorisé[3].
Au mois de janvier 2015, trois fonctionnaires de l’administration pénitentiaire ont dû être admis dans un établissement hospitalier à la suite d’une agression perpétrée par des individus incarcérés[3].
La prison aujourd'hui
L’établissement pénitentiaire de Liverpool (HM Prison Liverpool) constitue une geôle locale affectée à la custode d’hommes adultes, qu’ils soient prévenus ou condamnés. Situé dans le Merseyside, ce pénitencier se compose de huit ailes intégralement rénovées et pourvues de sanitaires en cellule. En mai 2009, sa population carcérale, quoique inférieure au maximum historique de 1 443 captifs atteint l’année précédente, s’élevait à 1 184 détenus. Cette importance numérique la classait alors parmi les plus considérables du Royaume-Uni.
Le centre pénitentiaire de Liverpool bénéficie d'enseignements prodigués par l'organisme Novus, auxquels s'adjoignent des ouvroirs ainsi que des protocoles thérapeutiques pilotés par son département de psychologie. L’institution recèle en ses murs « Walton Radio », une officine de radiodiffusion intracellulaire rencontrant une faveur certaine ; celle-ci permet aux reclus d'acquérir des brevets en matière de réalisation radiophonique et de techniques musicales, tout en privilégiant leur reclassement social par l'affinement de leurs talents. Une œuvre d'écoute, étayée par les Samaritains, est mise à la disposition des détenus sujets à des velléités de suicide ou d'autolyse. L'établissement est pourvu d'un quartier de réhabilitation englobant une permanence de conseil aux administrés, le dispositif Connexions, un asile et un bureau d'embauche. L’intégralité des services de santé de la geôle ressortit à l'autorité du Liverpool Primary Care Trust. Un nouvel édifice polyvalent, doté d'une capacité de 28 lits pour les soins nosocomiaux et primaires, fut inauguré lors de l'estive 2007. En octobre 2016, le Lancashire Care NHS Foundation Trust fit part de la résiliation de son mandat de prestataire sanitaire pour avril 2018, l’expectative d'un nouveau mandataire demeurant d’actualité[3].
En octobre 2017, le directeur de l’établissement pénitentiaire, Peter Francis, fut révoqué pour « motifs opérationnels » à la suite d’une inspection inopinée de l’Inspection des prisons de Sa Majesté[3]. Des rapports antérieurs de cette même instance l’avaient antérieurement décrit comme un « dirigeant contestable » et « dépourvu de crédibilité ». Cette année-là, il fut signalé que la prison était envahie de rongeurs et de blattes, et que des travaux d’entretien élémentaires – tels que la réparation de toilettes et de lavabos fuyards – étaient restés en suspens dans de trop nombreux cas[3]. Des incidents ayant entraîné le décès ou des blessures graves de détenus, imputables à des carences de prise en charge, furent également relevés[3]. Dans un rapport, Peter Clarke décrivit la situation d’un détenu atteint de troubles mentaux complexes, détenu dans une cellule vide de tout ameublement à l’exception d’un lit. Il nota que « les fenêtres de la cellule et des sanitaires étaient brisées, le luminaire des toilettes était fracturé avec des fils électriques à nu, les toilettes étaient souillées et semblaient obstruées, le lavabo suintait, et la cellule était obscure et humide ». Il ajouta : « Il est notable que cet individu était apparemment maintenu dans ces conditions depuis plusieurs semaines. » Clarke souligna également que « les responsables locaux de la prison avaient requis l’assistance des autorités régionales et nationales afin de remédier à des conditions qu’ils savaient inadmissibles bien avant notre visite, sans obtenir de réponses substantielles[3]. » Le parlementaire local Dan Carden qualifia finalement la situation pénitentiaire de « carence étatique des plus graves »[3].

Le 24 janvier 2018, la commission de justice de la chambre basse tint une audition dérogatoire afférente à la vétusté des prisons de Liverpool, en présence du gouverneur et de mandataires de l’administration carcérale ainsi que du NHS England. Au terme de cette vacation, la commission exhaussa un rapport actant une profonde incurie dans le suivi des remontrances antérieures[3]. Ce factum suscita une joute oratoire au sein de l’assemblée entre le chancelier de la commission, Robert Neil, et le garde des Sceaux, Rory Stewart[3]. Les diligences de cet organe permirent d’octroyer des subsides accrus à l’Inspection des prisons de Sa Majesté, afin qu'elle pût parachever le récolement de ses propres censures[3].
En 2018, un rapport a mis en lumière la situation périlleuse des détenus atteints de troubles psychiatriques, un constat étayé par les observations d’un psychiatre exercant en milieu carcéral. Ce document révélait des délais d’attente exorbitants pour les consultations et une inaptitude chronique à dispenser des soins appropriés, imputable à une insuffisance d’effectifs[3]. Parallèlement, l’instauration d’une nouvelle politique contraignit deux membres du personnel pénitentiaire à exercer leurs fonctions en solitaire, suscitant leur inquiétude. Ils redoutaient une soustraction de leur caisse à outils par des détenus et la potentielle utilisation des instruments en tant qu’armes. Leur révocation, consécutive à l’expression de cette préoccupation, fut ultérieurement jugée abusive par un conseil de prud’hommes[3].
Au terme d’une inspection réalisée en janvier 2020, il a été établi que les conditions pénitentiaires du site s’étaient notablement bonifiées, voire assainies, comparativement à l’état des lieux constaté en 2017[3].
Anciens détenus notables
- Akinwale Arobieke
- Brendan Behan
- Fenner Brockway
- Charles Bronson
- Constance Bulwer-Lytton
- Selina Martin
- Martin Murray
- Henry Tibbs
- Robert Tressell
- Mark Ward
- Laetitia Withall