Prison de Spandau
ancien édifice d'incarcération
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La prison de Spandau (en allemand : Kriegsverbrechergefängnis Spandau) était située à l'ouest de Berlin, dans l'arrondissement de Spandau qui appartenait au secteur d'occupation britannique de Berlin-Ouest. L'ancienne prison militaire construite en 1881 fut connue notamment pour ses détenus, les criminels de guerre nazis condamnés au procès de Nuremberg. Après la mort du dernier prisonnier, Rudolf Hess, en 1987, elle a été complètement démolie.
Histoire
La prison militaire, l'un des plus grandes de l'Empire allemand, fut construite de 1877 à 1881 au sud de la ville de Spandau, afin de servir de centre de détention aux membres des forces armées et aux prisonniers de guerre. Après la Première Guerre mondiale, à partir de 1919, on y incarcéra essentiellement des condamnés civils. Reconstruit sous l'administration de Grand Berlin à partir de 1920, elle comptait alors entre 400 et 700 détenus.
Après la captation du pouvoir (Machtergreifung) par les nazis et l'incendie du Reichstag en , elle a été utilisée comme camp de détention destiné aux prisonniers politiques placés en Schutzhaft, dont Hans Litten, Kurt Hiller, Paul Zech, Egon Erwin Kisch et Carl von Ossietzky, ainsi que Paul Löbe, ancien président du Reichstag, et Franz Künstler. En 1942-1943, certains membres de l'organisation de résistance « Orchestre rouge » y ont été emprisonnés, dont Adolf Grimme.
Les condamnés du procès de Nuremberg
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la prison a été remise aux Alliés le . Le , les anciens dignitaires nazis condamnés à l'incarcération par le tribunal de Nuremberg y entrèrent pour purger leurs peines. Les Américains, Britanniques, Français et Soviétiques s'occupèrent alors conjointement de l'administration de l'établissement. Ils s'assurèrent également chaque mois à tour de rôle[1] de la surveillance des sept prisonniers :
- Konstantin von Neurath (1873-1956), condamné à 15 ans de prison, libéré de manière anticipée le ;
- Erich Raeder (1876-1960), condamné à la prison à vie, libéré de manière anticipée le ;
- Karl Dönitz (1891-1980), condamné à 10 ans de prison, libéré le ;
- Walther Funk (1890-1960), condamné à la prison à vie, libéré de manière anticipée le ;
- Baldur von Schirach (1907-1974), condamné à 20 ans de prison, libéré le ;
- Albert Speer (1905-1981), condamné à 20 ans de prison, libéré le ;
- Rudolf Hess (1894-1987), condamné à la prison à vie, se suicide dans la prison le .
Le système de sécurité était maximal. Les gardiens avaient ordre de tirer à vue sur tout individu tentant de s'introduire dans l'enceinte (des panneaux avertissaient de ce risque autour de la forteresse). Les militaires des 4 puissances alliées (France, URSS, Royaume-Uni, États-Unis) qui se relayaient mois après mois dans la prison n'avaient qu'un contact limité avec les prisonniers, chaque prisonnier ayant droit notamment à des soins délivrés par les professionnels de santé des quatre armées.
- Vue sur les « Smuts Barracks » .
- Mirador, barbelés et panneau d'avertissement.
- Relève de la garde (États-Unis - Royaume-Uni).
- Relève de la garde (URSS - France) ().
Des tentatives de libération de Rudolf Hess auraient eu lieu dans les années 1970-1980, sans que l'on sache combien. L'Association pour la libération de Rudolf Hess est défendue alors par l'avocat Raymond de Geouffre de la Pradelle.
Destruction


Après la mort de son dernier prisonnier, Rudolf Hess, seul occupant des lieux entre 1966 et son suicide en 1987[2], et afin d'éviter que le lieu ne fasse l'objet de rassemblements néonazis, l'établissement est entièrement rasé en 1987 et remplacé par un supermarché, l'ancien Britannia Centre Spandau. Les matériaux qui avaient servi à la construction de la prison furent dispersés dans la mer du Nord.
La prison de Spandau est parfois confondue avec la citadelle de Spandau, construite au cours de la seconde moitié du XVIe siècle et située à trois kilomètres.
Littérature
- Le roman Des chiens vivants de Jean Anglade, qui fait référence aux sept dignitaires nazis incarcérés dans la prison de Spandau, après leur jugement au tribunal international de Nüremberg en 1945.
- Le livre Les 7 de Spandau est un document précis et documenté sur la prison-forteresse.
- Le roman Oies Sauvages 2 de Daniel Carney : un groupe d'activistes engage le mercenaire Allen Faulkner pour libérer Rudolf Hess au début des années 1980. Ce roman décrit très bien la forteresse de Spandau et l'auteur avait trouvé une vraie faille dans la sécurité de la prison[réf. nécessaire].
