Problème du vendeur de journaux

From Wikipedia, the free encyclopedia

Le problème dit « problème du vendeur de journaux » est un modèle mathématique simple en recherche opérationnelle (microéconomie) concernant le volume économiquement optimal du stock d’un bien qui sera proposé à une demande aléatoire.

L’analyse de ce problème académique montre que, lorsque des phénomènes stochastiques interviennent dans les données d’un problème d’optimisation, le fait de remplacer ces variables aléatoires par leurs espérances respectives dénature les résultats et conduit à une sous-optimisation. La simplification avantageuse (en termes de résolution) d’une formulation déterministe d’un problème qui ne l’est pas peut induire des prises de décision erronées et coûteuses.

Au début de sa journée, un vendeur itinérant achète un certain nombre de journaux au prix unitaire afin de les vendre à la criée aux passants des rues, ceci à un prix unitaire (hypothèse).

Ne connaissant pas précisément le volume de ses ventes, le vendeur cherche à déterminer la quantité lui permettant de maximiser l’espérance de son profit acquis durant sa journée :

  • s’il choisit trop grand, il lui restera des journaux invendus qu’il aura acheté au prix pour les jeter en fin de journée.
  • s’il choisit trop petit, il restera des acheteurs potentiels, soit autant de ventes perdues.

Formulations

Stochastique

La fonction objectif (à maximiser) est l’espérance du profit qui, en fonction de la quantité choisie, s’écrit

la densité de probabilité de la variable aléatoire de la demande.

Les deux premiers termes répertorient les situations où la demande est inférieure (respectivement supérieure) aux disponibilités; le troisième terme concerne les coûts d’acquisition.

Le maximum de est atteint pour le choix optimal défini par la relation implicite :

est la fonction de répartition cumulative de la demande définie par

En effet, pour tout , on vérifie :

Dans cette dernière relation, en posant (avec ), on déduit le profit espéré maximal :

Conséquemment, il existe un choix conduisant à un profit espéré positif.

Déterministe

Bien que la demande soit aléatoire, on suppose qu’elle est déterministe, égale à sa valeur espérée notée et de variance nulle. Dans un contexte plus général (et plus complexe), le but d’une telle approximation est de simplifier la résolution. Pour le vendeur de journaux, la fonction objectif (d'une formulation déterministe) s’écrit alors[1] :

dont la solution est naturellement et le profit maximal est .

Puisque , la solution de cette formulation déterministe érode le profit espéré maximal : elle est sous-optimale.

Exemple numérique

Afin de quantifier la perte de profit espéré causée par la formulation déterministe, admettons les hypothèses suivantes :

  • la demande suit une loi log-normale (choisie pour assurer des valeurs positives) d’espérance 100 et d’écart type considéré comme un paramètre libre pour l’étude,
  • le prix d’achat : 1.0,
  • le prix de vente : 1.1.
Dégradation du profit de la solution obtenue en formulation déterministe

Sous ces conditions, pour toute valeur de , il est possible de déterminer :

  • la solution ,
  • le profit espéré associé ,
  • le profit espéré qui prévaudrait avec la solution de la formulation déterministe.

La figure ci-contre visualise ces résultats associés aux deux formulations en fonction de  :

  • Lorsque la variabilité (sigma) de la demande augmente, la quantité optimale décroît (courbe noire, échelle de gauche) afin d’éviter l’achat de journaux qui seront perdus en cas de faible demande.
  • Le profit espéré de la solution de la formulation stochastique décroît également (courbe bleue, échelle de droite).
  • Le profit espéré de la solution de la formulation déterministe décroît plus rapidement (courbe rouge, échelle de droite). Il prend même des valeurs négatives à partir d’un sigma relatif excédant 25 %.
  • Même pour un faible sigma relatif de 10 % (valeur 10 sur les abscisses), la formulation déterministe conduit à une érosion significative du profit espéré, soit une perte de l’ordre de 25 %.

Ce simple exemple atteste des dangers encourus par l’application d’une formulation déterministe à un problème qui ne l’est pas. En pratique, il est généralement préférable d’utiliser une distribution mal connue au lieu de l’ignorer.

Intérêt économique des prévisions

Voir aussi

Notes

Related Articles

Wikiwand AI