Processus de réconciliation entre le Fatah et le Hamas
processus devant conduire à un accord de réconciliation entre ces deux mouvements palestiniens, afin de former un gouvernement d'union transitoire
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Le processus de réconciliation entre le Fatah et le Hamas désigne le processus devant conduire à un accord de réconciliation entre ces deux mouvements palestiniens, afin de former un gouvernement d'union transitoire en vue d’élections présidentielle et législatives. Le Fatah dirigé par le président palestinien Mahmoud Abbas, administre les territoires palestiniens de Cisjordanie, et le mouvement islamiste Hamas contrôle la bande de Gaza[1]. Il aboutit en à la constitution d'un gouvernement d'unité nationale reconnu par les deux parties, même si le Hamas continue de contrôler la bande de Gaza et si les futures élections ne sont pas encore programmées.
Contexte général
Le conflit entre le Fatah et le Hamas commence en 2006, après la victoire du Hamas aux élections législatives. En 2007, un accord conclu à La Mecque a comme conséquence la création d'un gouvernement d'unité nationale de l'Autorité palestinienne, dirigé par Ismaël Haniyeh du Hamas. Quelques mois plus tard, les hostilités entre les deux mouvements conduisent à des combats à Gaza, ayant pour résultat la prise de contrôle par le Hamas de ce territoire au prix de nombreuses victimes (115 morts et 550 blessés en une semaine selon le CICR). Ce conflit est nommé «Wakseh» par les Palestiniens, expression voulant dire l'humiliation, la ruine, et l'effondrement en raison des dommages volontaires sur soi.
La prise du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza sépare de facto les territoires palestiniens en deux blocs, les territoires palestiniens de Cisjordanie gouvernés par le Fatah et l’administration militaire israélienne et la bande de Gaza gouvernée par le Hamas[2]. Le gouvernement Haniyeh a été dissous par Mahmoud Abbas, qui l'a remplacé par un nouveau gouvernement d'urgence, dirigé par Salam Fayyad[3].
L’État israélien a vu dans ce conflit un atout et a cherché à entretenir la division entre Palestinien pour empêcher la fondation d’un État palestinien. En 2019, le premier ministre Benyamin Netanyahou l’assumera publiquement devant son parti en déclarant : « maintenir une séparation entre l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza aide à empêcher la création d’un État palestinien »[4].
Origine
Jusqu’à la Première Intifada, le Fatah était le parti le plus influent de la scène politique palestinienne, y compris au sein de l’OLP . En 1987, le Hamas est apparu comme un mouvement de résistance contre l'occupation israélienne. À la suite des accords d'Oslo, l'OLP, dont le Fatah était encore le membre principal, a officiellement renoncé à la résistance armée et reconnu l’État d'Israël. Le Hamas refusa pour sa part de reconnaître Israël et s'est opposé aux accords d'Oslo ainsi qu'aux accords ultérieurs entre l'OLP et Israël. Sous la pression d'Israël et de la communauté internationale, le Fatah a tenté de marginaliser le Hamas, surtout après que Mahmoud Abbas a succédé à Arafat à la présidence de l'Autorité nationale palestinienne. Les tensions se sont accrues avant le retrait israélien de Gaza en 2005 et ont culminé avec la bataille de Gaza en , entraînant une scission du gouvernement palestinien, fragilisant donc la stabilité politique de cette région du monde, déjà très divisée et conflictuelle.
Lors des multiples tentatives de réconciliation, le Hamas s'est principalement concentré sur la réforme de l'OLP et son intégration au sein de l'organisation. Après la victoire du Hamas aux élections de 2006, celui-ci tenta sans succès de diriger le gouvernement de l'Autorité palestinienne, d'autant plus qu'il subissait un boycott israélien et international conséquent et puissant.
Bien que le Hamas ait affirmé être prêt à conclure une trêve à long terme avec Israël, il a déclaré qu'il ne reconnaitrait jamais Israël, car cela impliquerait la reconnaissance de « l’occupation sioniste de la Palestine », que le Hamas considère comme un pays arabe islamique. Selon le Hamas, la reconnaissance d’Israël impliquerait l’acceptation de l’expulsion de plus de 700 000 Palestiniens lors de la Nakba pendant la guerre israélo-arabe de 1948. Le refus du Hamas de reconnaître Israël et de d'abandonner la résistance armée, contrairement à l'OLP et, implicitement, au Fatah, a été la principale raison pour laquelle la communauté internationale s'oppose à la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, craignant le renforcement des litiges locaux et régionaux. Le Fatah a subi d'énormes pressions extérieures afin qu'il ne coopère pas avec le Hamas.
