Élections législatives bangladaises de 2026
élections au Bangladesh
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Les élections législatives bangladaises de 2026 ont lieu de manière anticipée le afin d'élire les 350 députés de la Jatiya Sangsad. Un référendum constitutionnel a lieu le même jour.
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| Élections législatives bangladaises de 2026 | ||||||||||||||
| 350 députés de la Jatiya Sangsad (majorité absolue : 176 sièges) | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type d’élection | Élections législatives | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Population | 172 954 319 | |||||||||||||
| Votants | 127 711 793 | |||||||||||||
| 59,44 % | ||||||||||||||
| Parti nationaliste du Bangladesh – Tarique Rahman | ||||||||||||||
| 49,97 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 249 | |||||||||||||
| Shafiqur Rahman – Alliance des 11 partis | ||||||||||||||
Liste
Bangladesh Jamaat-e-Islami
Parti National Citoyen Bangladesh Khelafat Majlis Khelafat Majlis Autres membres | ||||||||||||||
| 34,81 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 90 | |||||||||||||
| Premier ministre | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Muhammad Yunus (par intérim) Indépendant |
Tarique Rahman BNP | |||||||||||||
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Elles interviennent environ un an et demi après la révolution de Juillet, qui a conduit à la chute de la Première ministre Sheikh Hasina puis à la formation d'un gouvernement intérimaire sous la houlette du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus.
Elles voient s'opposer le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), mené par Tarique Rahman, et l'Alliance des 11 partis, composée principalement des islamistes du Jamaat-e-Islami et à laquelle participe le Parti national citoyen de Nahid Islam, figure des manifestations de .
Avec 212 sièges remportés, le BNP obtient une large victoire.
Contexte
Gouvernement de Sheikh Hasina

La Ligue Awami est au pouvoir depuis 2008 sous la direction de la Première ministre Sheikh Hasina. Les précédentes élections législatives en voient ainsi la Ligue remporter à nouveau une large majorité des sièges au sein de sa coalition gouvernementale, la Grande alliance. Les élections se déroulent cependant dans un climat d'affrontement sanglants entre partisans de l'opposition et du gouvernement, qui met en place une répression politique à l'égard de ses opposants, emprisonnés ou poursuivis en justice[1].
A la tête du principal parti d'opposition, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), l’ancienne Première ministre Khaleda Zia est ainsi condamnée à dix ans de prison pour corruption, et son fils et successeur désigné Tarique Rahman à la prison à vie pour conspiration[2]. Son remplaçant, Kamal Hossain, décide de ne pas renouveler l'appel au boycott du BNP en 2014 et se coalise avec plusieurs partis d'opposition, formant le Front d'unité nationale[3]. La victoire de la Grande alliance est rejetée comme illégitime par le Front d'unité nationale, qui accuse le gouvernement de fraude électorale et exige en vain la mise en place d'un gouvernement apolitique de transition[4],[1].
En 2023, le BNP décide de boycotter les élections à venir, en l'absence d'une organisation libre et équitable du scrutin par un gouvernement d'intérim[5],[6].
Dépourvu de suspense quant à son issue, le scrutin aboutit comme attendu à la victoire de la Ligue Awami, qui remporte une large majorité face au boycott des principaux partis d'opposition. La Ligue ne parvient cependant pas à obtenir une forte participation. Devenu le seul enjeu des élections, celui-ci s'établit finalement à environ 40 % des électeurs. Le scrutin est néanmoins une victoire pour la Première ministre Sheikh Hasina qui obtient un cinquième mandat, soit le quatrième consécutif depuis 2008[7].
L'opposition dénonce un « simulacre d'élection », le Parti nationaliste du Bangladesh allant jusqu'à accuser le gouvernement de bourrage des urnes. Tarique Rahman qualifiant quant à lui le scrutin de « honte pour les aspirations démocratiques du Bangladesh »[8].
Le vote est par ailleurs reporté au 13 janvier dans les circonscriptions de Naogaon-2 et Mymensingh-3 en raison de la mort de candidats en lice, laissant deux sièges vacants dans l'intervalle[9]. Les deux sièges sont remportés par des candidats de la Ligue Awami[10],[11].
Manfestations de 2024

Après la publication de la décision de la Cour suprême qui modifie le système de quotas d'avant 2018 dans les emplois gouvernementaux pour les étudiants, le , plusieurs étudiants venant de différentes universités de Dacca organisent des mobilisations contre le système de quotas. Ainsi, avec ce système de quotas, l'immense majorité des emplois dans la fonction publique sont réservés aux vétérans de la guerre d'indépendance et à leurs descendants, ce qui favorise les membres de la Ligue Awami au pouvoir[12].
De nombreuses universités publiques du pays sont concernées par le mouvement[13], rapidement rejointes par des universités privées[14]. Après quelques jours de contestation, la Cour d'appel décrète le statu quo pour quatre semaines à partir du , annulant la réforme voulue par la Cour suprême[15]. En réaction au verdict de la cour, les étudiants annoncent vouloir se débarrasser pour de bon des quotas, et que cette décision n'est qu'un début de satisfaction de leurs revendications. Le mouvement affecte également les réseaux ferrés et routiers nationaux dans les villes de Dacca, Chittagong, Comilla, Jessore, Rangpur et Râjshâhî[16].
Le , des violences ont lieu, opposant des étudiants manifestant contre les quotas et des membres des forces de l'ordre et de la Bangladesh Chhatra League (BCL), organisation de jeunesse du parti au pouvoir, la ligue Awami. Les militants de la BCL sont équipés d'armes de fortune et secondés par les forces de police[17]. Le pays décide également de couper Internet le soir du 18 juillet, quelques jours après avoir décidé de fermer les universités du pays[18]. Le , des affrontements entre policiers et manifestants ont lieu dans le quartier aisé de Banani (en), après que de nombreux étudiants ont bloqué plusieurs routes du quartier. La police utilise du gaz lacrymogène pour tenter de disperser les participants. Le même jour, des militants prennent d'assaut une prison, en prennent le contrôle et libèrent plusieurs centaines de prisonniers, selon les autorités du Bangladesh. Ils quittent le bâtiment avant de l'incendier[19]. Tous les rassemblements organisés à Dacca le sont interdits et un couvre-feu est instauré[19].
Au moins 52 personnes sont tuées et plus de 700 personnes ont été blessées, dont 104 policiers et 30 journalistes le , portant le nombre de décès à au moins 105[20].
Chute du gouvernement
Le , lors de la journée la plus sanglante depuis le début du mouvement, 97 personnes sont tuées dans des affrontements violents entre des manifestants anti-gouvernementaux et des unités de police[21],[22]. Le , Sheikh Hasina démissionne et quitte le Bangladesh en hélicoptère, après la prise d'assaut du palais du gouvernement par des manifestants. Le chef de l'armée Waker-uz-Zaman annonce la formation d'un gouvernement avec l'opposition excluant le parti au pouvoir[23],[24],[25].
Les représentants des manifestants appellent à nommer l'opposant et prix Nobel de la paix Muhammad Yunus comme Premier ministre[26]. Le , le président de la République Mohammad Shahabuddin dissout le Parlement et nomme Yunus pour diriger le gouvernement après des discussions avec l'armée et le mouvement[27].
Système électoral

Le Bangladesh est doté d'un parlement monocaméral, le Jatiya Sangsad, composé de 350 sièges pourvus pour cinq ans, dont 300 désignés au scrutin direct uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions. Est ainsi élu le candidat ayant réuni le plus de suffrages dans sa circonscription. Les 50 sièges restants, réservés aux femmes, sont répartis entre les différents partis, proportionnellement à leur part des voix, et les candidates validées par un vote du Parlement[28].
Les candidats doivent obligatoirement être âgés d'au moins vingt cinq ans, ne posséder que la nationalité bangladaise, et ne pas avoir été libéré d'une condamnation à plus de deux ans de prison dans les cinq années précédant le scrutin. Il n'est pas imposé de limite du nombre de mandats, et l'appartenance à un parti politique n'est pas obligatoire, mais un candidat indépendant doit préalablement réunir les signatures de soutien d'au moins un pour cent des électeurs de sa circonscription, sauf s'il s'agit d'un candidat ayant déjà été député[29],[30],[31]. Un candidat peut se présenter dans plusieurs circonscriptions à la fois, une pratique courante pour les dirigeants des principales formations politiques. En cas de victoire multiple, il ne peut cependant en conserver qu'un seul, les autres étant remis en jeu lors d'élections partielles[32].
Une fois élu, les députés ont interdiction d'être absents sans justification plus de 90 jours consécutifs, sous peine de se voir retirer leur mandat. Il en va de même pour la dissidence vis à vis de leur parti, très strictement restreinte par la Constitution de 1972. Cette dernière interdit ainsi aux députés de quitter le parti sous l'étiquette duquel ils ont été élus, mais également de voter à l'encontre des directives de leur parti, ou même de s’abstenir ou d'être volontairement absent. Un député qui enfreint l'une de ces règles perd automatiquement son siège, ce qui conduit à la tenue d'une élection partielle dans sa circonscription, à laquelle il peut néanmoins se représenter sous une autre étiquette[29].
Candidats
Parti nationaliste du Bangladesh
Au Parti nationaliste du Bangladesh, la cheffe du parti Khaleda Zia, ancienne Première ministre de 1991 à 1996 et de 2001 à 2006, est candidate pour un troisième mandat. En prison depuis 2018, elle est finalement libérée en 2024[33] à l'occasion de la démission et l'exil[34] de la Première ministre Sheikh Hasina. Cependant, elle meurt le , à l'âge de 80 ans[35] et son fils Tarique Rahman la remplace.
Parti jatiya (Ershad)
Depuis 2024, le parti est entre les mains de Ghulam Muhammed Quader ; déjà candidat à l'élection précédente, il annonce vouloir se présenter à la prochaine élection[36].
Bangladesh Jamaat-e-Islami
Ce parti est dirigé depuis 2016 par Shafiqur Rahman qui annonce se présenter aux prochaines élections[37].
Liste des candidats
| Illustration | Nom du candidat | Age | Parti |
|---|---|---|---|
| Ghulam Muhammed Quader | 77 ans
(24 février 1948) |
Parti jatiya (Ershad) | |
| Shafiqur Rahman | 67 ans
(31 octobre 1958) |
Bangladesh Jamaat-e-Islami |
Résultats
| Parti | Votes | % | +/– | Sièges | +/– | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Direct | Indirect | Total | ||||||||||||
| Parti nationaliste du Bangladesh | 37 933 873 | 49,97 | Abs. | 210 | 36 | 246 | ||||||||
| Gono Odhikar Parishad | Nv. | 1 | 0 | 1 | ||||||||||
| Ganosanhati Andolan | Abs. | 1 | 0 | 1 | ||||||||||
| Parti jatiya Bangladesh | Abs. | 1 | 0 | 1 | ||||||||||
| Total Coalition BNP+ | Nv. | 213 | 36 | 249 | ||||||||||
| Bangladesh Jamaat-e-Islami | 24 109 762 | 31,76 | Abs. | 68 | 9 | 77 | ||||||||
| Parti national citoyen | 2 315 288 | 3,05 | Nv. | 6 | 2 | 8 | ||||||||
| Bangladesh Khelafat Majlis | Abs. | 2 | 1 | 3 | ||||||||||
| Khelafat Majlis | Abs. | 1 | 0 | 1 | ||||||||||
| Ganotantrik Party | Abs. | 0 | 1 | 1 | ||||||||||
| Autres partis | Abs. | 0 | 0 | 0 | ||||||||||
| Alliance des 11 partis | Nv. | 77 | 13 | 90 | ||||||||||
| Islami Andolan Bangladesh | Abs. | 1 | 0 | 1 | ||||||||||
| Parti jatiya (Ershad) | 0 | 0 | 0 | |||||||||||
| Front démocratique uni | 0 | 0 | 0 | |||||||||||
| Autres partis | – | 0 | 0 | 0 | ||||||||||
| Indépendants | 7 | 1 | 8 | |||||||||||
| Sièges non pourvus | – | – | – | 2 | 0 | 2 | – | |||||||
| Votes valides | ||||||||||||||
| Votes blancs et invalides | ||||||||||||||
| Total | 100 | – | 300 | 50 | 350 | |||||||||
| Abstention | ||||||||||||||
| Inscrits / participation | ||||||||||||||
Analyse
Les résultats officiels font état d’une large victoire du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP). La formation dirigée par Tarique Rahman obtient 212 des 300 sièges à pourvoir, tandis que la coalition menée par le Jamaat-e-Islami remporte 77 sièges, selon le secrétaire de la commission électorale[40].