Professeur documentaliste

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En France, le professeur documentaliste est un enseignant certifié de l'Education nationale française, recruté par le CAPES de documentation[1]. Il exerce principalement dans un collège ou un lycée, où il est responsable du Centre de documentation et d'information (CDI). Il peut exercer parfois au sein d'un établissement régional d’enseignement adapté (EREA).

L'activité professionnelle est définie par la circulaire no 2017-051 du 28 mars 2017[2], intitulée Circulaire de missions des professeurs documentalistes.

Missions

Avec le développement de la société de l'information et l'évolution des pratiques informationnelles, ainsi que l'essor du numérique, la mission pédagogique a été réévaluée et renforcée grâce à la circulaire de mars 2017. Elle s’articule autour de trois missions principales[3]: une mission pédagogique centrée sur l'éducation aux médias et à l'information (EMI), une mission de gestion et de diffusion des ressources documentaires et une mission d'ouverture culturelle de l'établissement. A la croisée des fonctions d'enseignant et de spécialiste de l'information, il participe à la formation des élèves à la maitrise de l'information et au développement de leur esprit critique.

Maître d’œuvre de la culture de l’information et des médias des élèves

Expert en sciences de l'information et de la communication (SIC), le professeur documentaliste conçoit et met en œuvre une progression des apprentissages en Éducation aux Médias et à l'Information[4] (EMI), de la classe de sixième à la terminale.

Ses interventions visent à développer l'esprit critique des élèves face à l’augmentation des sources d'information numériques et physiques. Il peut intervenir de manière autonome lors de séances de formation ou en co-enseignement avec des professeurs de discipline pour accompagner des travaux de recherche (tels que le Grand Oral ou les exposés). Ces séances s'inscrivent dans le cadre des programmes scolaires et de projets interdisciplinaires.

En plus du programme d’EMI, les séances peuvent se baser sur le Cadre de Références des Compétences Numériques (CRCN) et le socle commun de compétences et de culture.

Son action favorise l'acquisition de compétences transversales liées à la recherche d'information, à l'évaluation de la fiabilité des sources et à la production éthique de contenus.

Cette mission pédagogique s'appuie généralement sur des méthodes actives, qui visent à rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages, comme la pédagogie de projet, qui privilégie les situations concrètes, collaboratives et interdisciplinaires. Elle peut notamment s’appuyer sur des ressources comme le Centre de Liaison de l'Enseignement et des Médias d'informations (CLEMI) et la Semaine de la Presse et des Médias dans l'Ecole.

Organisation et gestion des ressources documentaires de l'établissement

Sous l'autorité du chef d'établissement, le professeur documentaliste est responsable du Centre de Documentation et d'Information (CDI). Sa mission consiste à élaborer et piloter la politique documentaire de l'établissement, validée en conseil d'administration.

Il assure la constitution et l'enrichissement du fonds documentaire : sélection d'ouvrages (fictions, documentaires, presse) et de ressources numériques adaptés aux besoins des élèves et des programmes.

Egalement, il se charge de l'organisation technique du CDI : indexation et gestion du portail documentaire (souvent via les logiciels BCDI et E-sidoc) pour rendre les ressources accessibles sur place ou à distance (ENT).

Enfin, il exerce une veille professionnelle et pédagogique pour la communauté éducative et conseille les usagers dans l'accès aux ressources, notamment celles liées à l'orientation scolaire et professionnelle en lien avec les psychologues de l'Éducation nationale (Psy-EN).

Acteur de l'ouverture de l'établissement sur son environnement

La troisième mission est liée à l’ouverture de  l’établissement, sur son environnement éducatif, culturel et professionnel.

Sur le volet littéraire, il met en place des actions d’incitation à la lecture plaisir (quart d’heure lecture) et/ou inscription à des prix littéraires scolaires (ex: Prix Goncourt des Lycéens, Prix Sorcières, Prix UNICEF, Les Incorruptibles, etc). Il peut aussi organiser des rencontres avec des auteurs ou artistes.

Il peut également organiser des expositions, des sorties culturelles (musée, théâtre) ou des conférences au sein du CDI, transformant ce lieu en lieu de découverte.

Enfin, il développe des partenariats avec des structures locales comme les bibliothèques municipales, les librairies, le réseau Canopé, les médias locaux et les associations culturelles.

Il est un acteur clé des parcours éducatifs de l'élève, notamment le Parcours d'Éducation Artistique et Culturelle (PEAC)[5] et le parcours citoyen[6]. Il peut endosser le rôle de référent culture[7], comme tout membre de l’équipe pédagogique. Le référent culture est chargé de coordonner le volet culturel du projet d’établissement, de suivre sa mise en œuvre, de travailler avec les partenaires culturels locaux (DAAC, musées, collectivités), et de valoriser les actions menées.

Autres missions dans l'établissement

Il peut également assurer la fonction de professeur principal, comme tout autre membre de l’équipe pédagogique.

Sur le plan éducatif, les professeurs documentalistes contribuent également à des enseignements transversaux comme l’éducation à la citoyenneté[8], l'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité[9] ou bien à l'enseignement laïc des faits religieux[10], en partenariat avec les autres personnels éducatifs : enseignants, CPE, infirmier·ères, assistantes sociales, psychologues de l’éducation nationale (PsyEN).

Enfin, leur mission comprend aussi un volet d’accompagnement à l’orientation professionnelle. Ils assurent une veille sur les filières, métiers et formations, en mettant à disposition des ressources papier (ex: publications de l’ONISEP) et numériques. Ils participent aussi à la diffusion d’informations liées aux journées portes ouvertes, salons de l’orientation (comme le Salon de l’Étudiant), ou d'autres événements liés à l’insertion professionnelle.

Dans chacune de ces missions, les professeurs documentalistes travaillent en lien étroit avec les équipes pédagogiques, les personnels de la vie scolaire, les partenaires culturels ou institutionnels, et les familles.

Compétences

En juillet 2013, le référentiel de compétences du professorat et de l'éducation (Bulletin officiel de l'Éducation nationale n° 30 du 25 juillet 2013[11]) définit les compétences attendues des professeurs documentalistes. En plus des compétences communes à tous les professeurs et personnels d'éducation, il doit maîtriser quatre domaines de compétences et connaissances spécifiques, décrites ainsi :

  • maîtriser les connaissances et les compétences propres à l'éducation aux médias et à l'information : ces connaissances et compétences relèvent des sciences de l'information et de la communication, de la sociologie des médias et de la culture, et des sciences de l'éducation – en particulier, la pédagogie et de la didactique infodocumentaires ;
  • mettre en œuvre la politique documentaire de l'établissement qu'il contribue à définir : il s'agit pour cela de mobiliser des connaissances en bibliothéconomie, telles que la gestion d'un système d'information, la politique d'acquisition, la veille informationnelle, l'accueil et la formation des publics accueillis, la politique de lecture ;
  • assurer la responsabilité du centre de ressources et de la diffusion de l'information au sein de l'établissement ; regroupées avec celles du domaine précédent, les compétences décrites sont ici plus techniques : chaîne documentaire, travail en réseaux, gestion et intégration des ressources numériques dans les pratiques pédagogiques ;
  • contribuer à l'ouverture de l'établissement scolaire sur l'environnement éducatif, culturel et professionnel, local et régional, national, européen et international ; sont mises en œuvre dans ce cadre des compétences en gestion de projet, en montage de partenariats, pour mettre en place une politique de lecture et participer activement aux actions d'éducation artistique et culturelle de l'établissement.

Aucune mention n'est faite dans la circulaire de missions quant à la gestion des manuels scolaires[12] : ces chantiers ne reviennent pas de facto aux professeurs documentalistes, lesquels sont plus souvent observateurs de cette tâche[13]. Tout au plus, ils forment à l'utilisation de logiciels documentaires (BCDI ou PMB) pour effectuer les prêts et retours des manuels scolaires empruntés par les élèves et les professeurs.

Recrutement

Le recrutement des professeurs-documentalistes s'effectue par voie de concours du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPES de documentation ou certificat d'aptitude aux fonctions d'enseignant du second degré dans les établissements d'enseignement privé sous contrat CAFEP pour l'enseignement privé).

Le CAPES Documentation existe de depuis 1989 Elle connaît une transition à partir de la session 2026. Durant deux ans, deux modèles d'accès cohabitent afin de mettre en oeuvre la réforme des concours de l'enseignement :

Concours externe accessible après une licence

La réforme de 2026 introduit un concours accessible aux titulaires d'une licence (niveau bac +3). Les épreuves d'admissibilité comprennent une épreuve écrite disciplinaire sous forme de dissertation. Celle-ci s'appuie sur un un texte lié à une thématique du programme renouvelée tous les trois ans, évaluant les connaissances en sciences de l'information et de la communication (SIC) ainsi qu'en sciences humaines. Elle est complétée par une épreuve écrite disciplinaire appliquée consistant en l'analyse d'un corpus de documents relatifs à une problématique du système éducatif.

Les épreuves d'admission se composent d'une leçon, où le candidat analyse un sujet à partir d'un dossier documentaire avant d'échanger avec le jury. Une épreuve d'entretien permet également d'évaluer le parcours du candidat, sa maîtrise des valeurs de la République, de la laïcité et des enjeux de la transition écologique, ainsi que son aptitude à exercer le métier.

Période transitoire pour les titulaires de master

Pour les sessions 2026 et 2027, un concours parallèle est maintenu pour les candidats titulaires d'un master (niveau bac +5). Cette voie reste régie par les dispositions des arrêtés du 26 janvier 2021. L'admissibilité repose sur une épreuve de maîtrise des savoirs académiques et une étude de sujet de politique documentaire. L'admission se divise en une mise en situation professionnelle et un entretien à partir d'un dossier.

Autre modalités de recrutement

Le recrutement s'organise également par d'autres voies qui ne sont pas concernées par le calendrier de la réforme immédiate. Le CAPES interne, ou concours d'accès à l'échelle de rémunération (CAER) pour le privé, est ouvert aux fonctionnaires ou agents contractuels justifiant de trois années de services publics. Ce concours repose sur un dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (RAEP).

Un troisième concours est accessible aux personnes justifiant d'une expérience professionnelle dans le secteur privé, hors établissement d'enseignement, sous réserve de conditions de durée spécifiques. Enfin, des concours réservés peuvent être organisés, de façon ponctuelle pour permettre la titularisation des personnels contractuels leur ancienneté.

Conditions d'exercice

Les professeurs documentalistes exercent principalement leur activité au CDI, mais peuvent également intervenir dans d'autres lieux de l'établissement auprès d'élèves, par exemple, en salle de classe ou en salle multimédia.

Ils ont également une activité reconnue hors de l'établissement scolaire ; leur temps de travail comprend 36 heures hebdomadaires, dont 30 heures au sein de l'établissement, et 6 heures dédiées aux relations extérieures et à la veille informationnelle.

Ce temps de travail est défini dans la circulaire no 2015-057 du 29 avril 2015 : Missions et obligations réglementaires de service des enseignants des établissements publics d'enseignement du second degré[14].

Concernant les obligations règlementaires de service et les professeurs documentalistes[15], le décret n'opère pas de distinction entre les enseignants des différents corps qui peuvent être chargés, avec leur accord, de fonctions de documentation et ceux ayant été recrutés par la voie du CAPES de documentation. Ils doivent assurer un service hebdomadaire de 36 heures dans les conditions présentées ci-dessus. Les 30 heures peuvent comprendre, avec leur accord, des heures d'enseignement telles que définies au 1 du B du I de la présente circulaire. Chacune d'elles est alors décomptée pour la valeur de 2 heures. Les intéressés ne peuvent bénéficier d'heures supplémentaires.

La plupart du temps, les heures d'enseignement sont dispensées à l'initiative du professeur documentaliste, parfois à la demande du chef d'établissement. Par ailleurs, ces heures d'enseignement ne comprennent pas les séances mises en place en dehors des créneaux réservés, telles les formations d'éducation aux médias et à l'information (EMI) pour les élèves de 6ème. En outre, la question de l'amplitude horaire d'ouverture du CDI est entière : les heures décomptées entraînent une fermeture de l'espace CDI, ce qui le rend inaccessible pour les autres usagers.

Historique du métier

La création puis l’évolution du métier de professeur documentaliste sont liées à l’histoire des centres de documentation et d’information en France. En 1958, Marcel Sire[16], professeur de sciences naturelles puis proviseur au lycée Janson-de-Sailly à Paris, crée dans son établissement le premier service de documentation afin de gérer la documentation administrative et technique pour les enseignants. Par la suite, devenu inspecteur général de l’Éducation nationale, il impulse le développement des services de documentation et d'information (SDI) en y rassemblant l'ensemble des fonds documentaires des établissements (essentiellement les bibliothèques générales). D'abord destinés aux enseignants, ces SDI s'ouvrent ainsi rapidement aux élèves, et trouvent leur légitimité par une circulaire de 1973 disposant qu'ils doivent être présents dans tous les établissements secondaires. En 1974, ils prennent leur nom actuel de centre de documentation et d'information (CDI), signe d'une évolution majeure : on les considère comme vecteur de la rénovation pédagogique et de l'ouverture souhaitées des établissements scolaires.

1958-1976 : des responsables sans statut ni missions, mais une identité professionnelle qui émerge

En 1958, dans les établissements scolaires coexistent donc des bibliothécaires, responsables des bibliothèques générales des lycées, et des documentalistes, responsables des services de documentation nouvellement créés. Le cadre réglementaire les emploie sous le statut d'adjoint d'enseignement, mais des enseignants sont aussi amenés à occuper ces postes (reconversion, discipline excédentaire, démotivation pour le métier de professeur…). À la suite de la création des SDI, ces personnels sont appelés documentalistes-bibliothécaires. Leur formation professionnelle en documentation et bibliothéconomie est succincte et non formalisée par l'institution. Quant aux missions qui leur sont confiées, seules des circulaires indiquant les « tâches à exécuter en début et en fin d'année scolaire par les responsables des SDI » paraissent régulièrement chaque année à partir de 1967 ; on y trouve des activités essentiellement administratives, de gestion du fonds et de communication interne sur les événements de l'établissement.

Toutefois, ces personnels s'investissent dans leur métier, se mobilisent et font rapidement valoir une identité professionnelle spécifique. En 1972, la FADBEN (Fédération des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale) est créée, ainsi que la revue professionnelle InterCDI.

1977-1986 : premières circulaires définissant la profession

Du côté de l'institution, l'inspecteur général Georges Tallon s'intéresse de près à la question des CDI ; il est à l'origine de la circulaire de 1974 sur l'aménagement des CDI[17], consacrant leur existence et leur rôle central dans les établissements scolaires. Il lance également une concertation avec les professionnels qui aboutit, en 1977, à la première circulaire de mission, intitulée Les Fonctions des responsables de centre de documentation et d'information des établissements d'enseignements du second degré[18]. Le responsable est nommé documentaliste-bibliothécaire, et sa mission pédagogique est clairement affirmée en début de circulaire : « au même titre que ses collègues enseignants, [il] est membre à part entière de la communauté éducative que constitue un établissement scolaire. Quelles que soient les formes que prend son action, il contribue toujours, soit indirectement, soit directement, à la formation des élèves : sa fonction est donc d'ordre essentiellement pédagogique ». Sont ensuite déclinées les différentes fonctions, dans cet ordre : aspect technique, accueil et information, relations extérieures, loisirs, information scolaire et professionnelle, et animation pédagogique.

En 1986, une nouvelle circulaire définissant « Les missions des personnels exerçant dans les centres de documentation et d’information»[19] marque une évolution majeure en parlant de missions et non plus de fonctions. Elle est motivée par la volonté de positionner les CDI au cœur de la mise en œuvre des projets de rénovation pédagogique et d'introduction dans les établissements des nouvelles technologies audiovisuelles et informatiques. Il s'agit donc de repréciser le rôle qu'ont à y jour les personnels qui y travaillent. Si est réaffirmée la nature essentiellement pédagogique de la mission du documentaliste-bibliothécaire, celle-ci doit toujours s'exercer en étroite liaison avec les professeurs de l'établissement. Quatre axes définissent ensuite cette mission : le premier précise le contenu de l'initiation à l'utilisation du centre de ressources à dispenser à tous les élèves, qui reprend les étapes de la recherche documentaire ; viennent ensuite la participation aux actions pédagogiques, où le travail par projets est largement mentionné, la gestion du centre de ressources, et l’ouverture de l’établissement sur l'extérieur. Cette circulaire restera en vigueur jusqu'en mars 2017. Entre-temps, deux projets de circulaires verront le jour, en 2002 et en 2010, sans toutefois être promulguées.

Avec ces deux circulaires (de 1977 et de 1986), le documentaliste-bibliothécaire voit son rôle pédagogique clairement affirmé, est reconnu comme membre à part entière de l'équipe éducative, mais la question de son statut n'est pas abordée. La revendication du statut d'enseignant reste forte dans la profession, et des discussions à ce sujet entre syndicats, association professionnelle et ministère se poursuivent après 1986.

1989 : création du CAPES de documentation

En 1989, la loi d’orientation publiée au BOEN reconnait « au documentaliste un rôle capital dans l’établissement ». Le 19 mai de la même année, débute à Strasbourg le premier congrès de l'APDEN (ex-FADBEN). Lionel Jospin, ministre de l’Éducation nationale, y annonce la création d’un CAPES de documentation pour l’année 1990[20]. Les documentalistes de l’Éducation nationale intègrent alors le corps des enseignants certifiés. La première version du CAPES comprenait pour l'admissibilité une épreuve écrite d'une discipline d'enseignement et une épreuve spécifique. En 2001, il est rattaché à une discipline universitaire qui lui est propre, les sciences de l'information et de la communication (SIC)[21] qui correspond à la 71e section du Conseil National des Universités[22].

L'obtention d'un recrutement par CAPES, avec des contenus scientifiques et professionnels précis et rattachés aux SIC et au monde des bibliothèques, a favorisé l'émergence et la reconnaissance d'une identité professionnelle spécifique, ainsi qu'un positionnement plus clair au sein des équipes éducatives. Il a également permis de rationaliser le recrutement et d'apporter des personnels formés et qualifiés dans les établissements. Toutefois, le nombre de postes offerts aux concours ne permet pas de pourvoir l'ensemble des postes vacants. La discipline Documentation étant déficitaire, des dispositifs de reconversion (comme le protocole Rivano en Midi-Pyrénées) peuvent être mis en place par les académies pour permettre à des enseignants d'autres disciplines de devenir professeurs documentalistes. Les services académiques peuvent alors les accompagner par une formation ; toutefois, la disparité entre académies, le contenu allégé de ces formations et le fait que des personnels non formés (fonctionnaires titulaires ou vacataires) soient trop souvent positionnés sur ces postes discréditent le métier et dégradent la reconnaissance difficilement acquise de la profession[réf. souhaitée].

Au mois d’, un courrier au ministère cosigné par le SNES, le SNESUP et le SNETAP pour demander la création d’une agrégation en information-documentation est resté sans réponse[23].

Dernièrement en décembre 2020, une pétition d'envergure[24] a été lancée par une professeure documentaliste de l'Oise, Ophélie D., réclamant l'attention portée aux autres enseignants de collège, lycée, EREA de percevoir la prime informatique allouée, dans le contexte de pandémie, à tous les personnels enseignants ainsi qu'aux psyEN.

Elle met en cause dans sa lettre de pétition le mépris envers les professeurs documentalistes français de ne pas être considérés comme tels et d'être relégués comme surveillants ou personnels de bibliothèque, réfutant ainsi les missions pédagogiques des professeurs documentalistes.

Le décret n° 2020-1524 du 5 décembre 2020 fait mention dans l'article 1[25] d'une prime d'équipement informatique « attribuée aux psychologues de l'éducation nationale stagiaires et titulaires et aux enseignants stagiaires et titulaires relevant du ministère chargé de l'éducation nationale, qui exercent des missions d'enseignement, à l'exception des professeurs de la discipline de documentation ».

Quelques journaux de la presse quotidienne nationale dont Le Monde s'emparent du sujet[26], permettant de rendre quelque peu visible les luttes de fond pour la reconnaissance du métier et de ses missions. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, explique fin novembre 2020 que la prime informatique, envisagée après les affres de l’enseignement à distance du premier confinement, serait réservée aux enseignants « qui sont devant les élèves ».

Le ministère de l'Éducation nationale indique dans sa note de service du 10 janvier 2023 publiée au Bulletin Officiel n° 2 du 12 janvier 2023 intitulée « Savoirs fondamentaux » [27] que l'investissement notamment des professeurs documentalistes a permis « d'améliorer de manière quasi constante depuis 5 ans le niveau des élèves en 6e » sans étayer d'avantage cette affirmation.

Les professeurs documentalistes aujourd'hui : enjeux et perspectives

Notes et références

Voir aussi

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