Projet Nottaway-Broadback-Rupert

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Le projet Nottaway-Broadback-Rupert, ou projet NBR, est un projet d’aménagement hydroélectrique des rivières Nottaway, Broadback et Rupert en Eeyou Istchee Baie-James (Québec, Canada). Envisagé au cours des années 1970 et 1980, le projet NBR n’a pas été réalisé[1].

Les origines du projet NBR remontent au début des années 1960. En effet, lors de la nationalisation de l'électricité au Québec, Hydro-Québec prend connaissance d’études et de relevés hydrologiques effectués dans les années 1950 et 1960 par la Shawinigam Water and Power sur les rivières Nottaway, Broadback et Rupert[1]. La demande en électricité étant en constante augmentation, le gouvernement québécois se tourne vers les rivières de la baie James et leur potentiel hydroélectrique. Entre 1965 et 1970, des études et relevés sont donc effectués sur ces rivières par Hydro-Québec[2].

En 1964, une route est tracée pour relier Matagami à Waskagnish[1]. Cette route de 200 kilomètres traverse les rivières Bell, Broadback et Nottaway[1]. Cet accès va permettre aux ingénieurs, géologues et travailleurs d’étudier la faisabilité de potentiels projets hydroélectriques[2]. En 1965, un premier campement est ouvert au lac Du Tast, à 150 kilomètres de Matagami. L’année suivante, trois autres campements semi-permanents sont ouverts sur les bords des lacs Collon, Allard et Nottaway[1], accueillant au total trois cents travailleurs affairés à déterminer la faisabilité du projet NBR[3].

Description du projet

Il existe plusieurs variantes du projet NBR, car il évolue au fur et à mesure des années. La première version du projet est de détourner les rivières Nottaway et Broadback dans la rivière Rupert, et de construire six centrales et barrages le long de la rivière Rupert, pour un débit de 2945 mètres cubes par seconde[4]. Cette version prévoit faire du lac Mistassini un réservoir, et construire la première centrale à moins de quatre kilomètres de Waskaganish. Cette version est celle inscrite au point 8.1.3 de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois[5].

La deuxième version du projet est développée à partir de 1978[6]. Cette version prévoit de déverser les eaux des rivières Nottaway et Rupert dans la rivière Broadback, de construire sept centrales dans le cours inférieur de la rivière pour une puissance totale de 5,6 millions de kilowatts[6], ainsi que deux centrales dans le cours supérieur de la Rupert, et d’aménager cinq grands réservoirs d’une capacité totale de 35,3 milliards de mètres cubes d’eau, dont l’un d’entre eux serait le lac Mistassini[4]. La puissance totale du complexe devrait être de 8000 mégawatts[7]. C’est cette version qui est finalement retenue, car elle représente moins de problèmes techniques et environnementaux, et elle est moins coûteuse tout en fournissant plus de puissance[7].

Les travaux pour le futur complexe NBR doivent être lancés au milieu des années 1980 pour se terminer une dizaine d’années plus tard[7]. Le coût estimé du projet en 1980 est de 10 millions de dollars[7].

Abandon du projet

Au début des années 1970, le premier ministre Robert Bourassa s’intéresse sérieusement au potentiel hydroélectrique de la Baie-James, et Hydro-Québec lui présente deux projets : le complexe NBR et le complexe La Grande[2]. Hydro-Québec lui recommande le projet La Grande pour plusieurs raisons : il nécessite la construction de moins de centrales, le sol est rocailleux et donc plus propice pour la construction de tels ouvrages[1], contrairement à NBR, dont le sol est argileux. Robert Bourassa fait donc l’annonce de la future construction du projet La Grande, qui devient le projet de la Baie-James, lors du congrès du Parti libéral à Québec le 30 avril 1971[1].

Au cours des années 1980 et surtout 1990, des voix se soulèvent chez les Cris reprochant au gouvernement du Québec de ne pas respecter les conditions de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois[1]. Cela mène ultimement à la signature de la Paix des Braves en 2002. Dans le cadre de cette entente, la Convention Boumhounan est signée, entérinant définitivement le projet NBR, qui est remplacé par la construction du projet Eastmain 1-A-Sarcelle-Rupert[8].

Bibliographie

Notes et références

Articles connexes

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