La recension pose problème[1],[2],[3],[4],[5],[6].
Les passages à l'indicatif imparfait sont parfois à peu près vraisemblables, plus en tout cas que les passages au conditionnel présent d'irréalité, fréquent.
Le mot de promenade a quelque chose d'heureux, joyeux, positif, alors que seraient plus adaptés les termes ou expressions : errances, errements, erreurs. Elle a les parcours erratiques d'une bille de billard électronique, ou flipper, avec accélérations et décélérations, pour des parties toujours à recommencer.
Le personnage peut parfois s'estimer folle, ou être considérée comme telle. Elle est cyclotymique, hystérique, dérangée, moderne : souffrances, angoisses, besoins (besoin de personne, besoin des autres, besoin d'un(e) autre), instincts, fantasmes, désirs (de vie, de mort), délires, aigritudes, avilissements, vide ou trop-plein, distorsions, désespoir.
Son incapacité à vivre, seule ou à deux (ou davantage) est dérangeante. Ou plutôt la technique de narration, par accumulation de micronouvelles ou microfictions à l'intérieur du monde mental d'un même unique personnage est perturbante, plus que jouissive, pour le lecteur, qui cherche à établir une cohérence fictionnelle assez improbable.
Le narrateur, extérieur à l'action, omniscient, systématique, entraîne de force le lecteur dans les ténèbres de « ce magma d'inexistences qui s'étaient volatilisées ce matin, l'an dernier, cent siècles plus tôt, ou de cette infinité d'existences incertaines qui naîtraient peut-être un jour si elles avaient de la chance » (pages 299-300).
Les pages finales manifestent une des intentions ou des idées du narrateur, sur le monde contemporain (français, européen, moderne ou postmoderne) : « Ils étaient une multitude de minuscules îlots à la dérive qui s'entrechoquaient sans jamais pouvoir s'unir » (page 299).
L'équivalent masculin est facile à imaginer. Jean de La Bruyère a exploré certains de ces caractères, à sa façon, en 1688, de manière moins ténébreuse.