Pronoïa (psychologie)

Phénomène psychologique qui s'apparente à l'inverse de la paranoïa From Wikipedia, the free encyclopedia

La pronoïa est, pour une personne, le sentiment qu'il existe une conspiration pour son bien. Elle s'oppose en cela à la paranoïa[1].

Définition

Le mot est apparu dans la littérature psychologique en 1982, lorsque la revue académique Social Problems a publié un article intitulé « Pronoia » écrit par Fred H. Goldner, professeur émérite au Queens College de New York. Dans cet article, Goldner décrit un phénomène opposé à la paranoïa et fournit de nombreux exemples de personnes présentant ce type de caractéristiques[1] :

« La pronoïa est le pendant positif de la paranoïa. Il s'agit de l'illusion que les autres pensent du bien de nous. Les actions et les fruits de nos efforts sont perçus comme étant bien accueillis et loués par autrui. Les simples connaissances sont considérées comme des amis proches ; la politesse et l'échange de banalités sont interprétés comme des expressions d'un attachement profond et comme la promesse d'un soutien futur. La pronoïa semble s'enraciner dans la complexité sociale et l'ambiguïté culturelle de nos vies : nous sommes devenus de plus en plus dépendants des opinions d'autrui, lesquelles se fondent sur des critères incertains[1]. »

Pour le psychiatre canadien Laurence J. Kirmayer, la pronoïa peut trouver sa source dans deux origines, l'une individuelle, l'autre collective[2].

La première est une forme de pathologie que peuvent développer certaines personnes fragiles ou narcissiques. La pronoïa se caractérise alors par « une forme de déni qui permet à une personne fragile de protéger son estime de soi contre la critique et le rejet. Elle peut découler d'une pensée grandiose persistante chez une personnalité narcissique[2] ».

La seconde est une forme d'adaptation chez certaines organisations sociales[2] :

« Un comportement pronoïde peut également apparaître au sein de structures sociales où les individus ne sont pas valorisés pour leur vie intérieure, mais uniquement pour leurs rôles stratégiques dans l'organisation globale. [..] La pronoïa comme la paranoïa créent un sentiment exagéré de cohérence face au chaos et à la confusion du monde social. Les organisations sociales qui acceptent l'échec individuel et la vulnérabilité sont plus à même d'éviter cette fausse impression de cohérence, ce qui favorise le développement de perceptions plus justes et de modes de relation plus intimes[2]. »

Notes et références

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