Protection des mangroves au Gabon
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Les mangroves au Gabon sont des écosystèmes cruciaux et des zones de biodiversité qui contiennent des puits de carbone pour l'équilibre écologique et économique du pays. Elles font l'objet d'une protection stricte[1].
Le Gabon abrite les plus hautes mangroves du monde. Elles atteignent jusqu’à 60 mètres de hauteur et peuvent être admirées dans le parc national de Pongara.
La mangrove est un ensemble de végétations se développant essentiellement dans les zones de marées, sur les côtes, à l’embouchure de certains fleuves et parfois en eau douce et en terre. Elles chérissent les eaux riches en sel et pauvres en oxygène.
Au Gabon, on trouve les mangroves principalement dans 3 provinces : l’Estuaire, l’Ogooué maritime et de la Nyanga. Dans ces régions, plus de la moitié des mangroves se localisent en zones protégées. La première moitié à l’intérieur de l'arboretum Raponda Walker et dans les parcs nationaux d’Akanda, de Pongara (ESTUAIRE), de Loanga (Ogooué maritime), de Mayumba et de Moukalabou doudou (Nyanga).
L’autre moitié se situe en zone non protégées, dans les espaces de foresterie et miniers, et en zone urbanisée. La mangrove procure aux populations vivant sur les côtes des bénéfices en matière de sécurité alimentaire et de protection contre les vagues marines[2].
Impact environnemental
Le 23 juillet 2025, à l'occasion de la journée mondiale des mangroves, Libreville offre une vue sur près de 80 hectares sacrifiés sur l'autel de l'immobilier[3]. En 2020 les ONG lancent une alerte face à la destruction de cet écosystème pour qu'il soit protégé[4].
Sa destruction accentue l'augmentation des inondations au sein de la zone urbaine en pleine croissance, ce qui est un danger pour les populations. En 3ans, Libreville a perdu 70 hectares de mangroves[5].
Les moteurs de destruction et les chiffres
Les moteurs de déforestation des mangroves sont multiples :
- expansions résidentielles ;
- installation de quartiers de pêcheurs ;
- implantations hôtelières ou touristiques ;
- création et extension des décharges d’ordures ;
- industrialisation, développement portuaire et installations énergétiques ;
- l’agriculture, l’élevage et l’aquaculture.
Les chiffres démontrent que les sites de mangroves à Libreville ont connu des régressions nettes soit 35,6 hectares à Okala-Angondje et 46,9 hectares à Lowé et 36,6 hectares à Igoumié[6]. Pour la conservation de la mangrove d'Akanda, le Centre d'actions pour le développement durable et l'environnement (CADDE) a reçu une subvention[7].
État et protection
Les mangroves sont de plus en plus restaurés[8] et protégés à travers des partenariats[9]. C'est encore dans le sillage de la protection que le 24 juin 2025, une mission de contrôle a été lancée par le ministère de l'environnement[10]. Le Gabon est allé dans une démarche de protection car les arbres impénétrables des mangroves ont contribué à faire de ce pays d’Afrique centrale, l’un des rares absorbeurs nets de carbone au monde. Ces plantes séquestrent le gaz à effet de serre quatre fois plus vite que les forêts terrestres[11].
Rôle
Les mangroves retiennent les sédiments, dessalent et filtrent les eaux qui alimentent les nappes phréatiques. Elles retiennent les déchets et les substances toxiques qui sont dirigés vers la mer. De plus, les mangroves protègent les zones côtières de l’érosion par l’eau et le vent et retiennent le sable sur les plages.
Elles limitent également l’impact des intempéries marines (raz-de-marée, tsunamis, ouragans) sur les villes grâce à l’enchevêtrement des racines et des troncs qui forment une barrière naturelle[12].