Prêteur en dernier ressort international
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Un prêteur en dernier ressort international est une institution financière qui, à l'échelle mondiale, est capable de fournir de la liquidité à des banques du monde entier lorsque ces dernières ne sont pas parvenues à se refinancer auprès de leur marché monétaire à l'occasion d'une crise financière, et que le prêteur en dernier ressort national n'est pas capable de répondre à la crise. Les conditions de possibilité d'un prêteur en dernier ressort international font l'objet de débats entre économistes ainsi qu'au sein de banques centrales.
Un prêteur en dernier ressort international (PDRI) est un prêteur en dernier ressort qui agit au niveau international afin d'endosser le rôle traditionnel de ce prêteur au bénéfice du système financier international plutôt qu'à celui seul du système financier national[1]. Comme le prêteur en dernier ressort national, ce PDRI a vocation à juguler une crise financière en fournissant de la liquidité aux banques qui sont en besoin, ou bien directement, ou bien par l'intermédiaire des banques centrales nationales, qui se chargent ensuite d'agir comme prêteuses en dernier ressort vis-à-vis de leur système banque[1].
Histoire
Première mondialisation financière (1890-1914)
La mondialisation de la finance à l'époque de l'étalon-or en Occident conduit à des interrogations sur la possibilité d'une coopération internationale des banques centrales. La question de ce qu'une banque centrale joue le rôle d'un prêteur en dernier ressort au niveau international est évoquée[2].
Effets de la nouvelle mondialisation financière (1973 à aujourd'hui)
La mondialisation financière des années 1980 mène à un accroissement des interconnexions entre les systèmes bancaires nationaux et à l'ouverture internationale des marchés financiers. Si chaque pays peut disposer, avec sa banque centrale, de son prêteur en dernier ressort, il est rapidement apparu qu'il n'existait pas un prêteur en dernier ressort au niveau mondial[3]. La multiplication des crises financières dans les années 1980 et 1990, comme la crise économique asiatique de 1997, met en lumière l'absence de prêteur en dernier ressort international[3]. En effet, face au risque d'un sudden stop dans l'entrée de capitaux dans un pays et les conséquences néfastes entraînées, il n'existe pas d'entité qui, comme une banque centrale, peut « rétablir la confiance des marchés et à étouffer la contagion » (Michel Aglietta)[3].
Des économistes travaillent ainsi, à partir de cette période, sur les moyens de renforcer le système financier international. Des théorisations sur le rôle des banques centrales comme prêteuses en dernier ressort sont alors transposées au niveau international et aboutissent à la publication d'articles de recherche sur la possibilité d'un prêteur en dernier ressort international (mondial)[1].