Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram
congrégation religieuse catholique pour hommes
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Les Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram (en latin : Societas Presbyterorum Sacratissimi Cordis Iesu Bétharram), également appelés les Bétharramites, ou simplement Pères de Bétharram, forment un institut de vie consacrée catholique fondée en 1832 à Bétharram, à 17 kilomètres de Lourdes en France, par Michel Garicoïts.
| Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram | |
« Me voici, sans retard, sans réserve, sans retour, par amour ! ». | |
| Institut de droit pontifical | |
|---|---|
| Approbation pontificale | 5 septembre 1877 |
| Institut | congrégation religieuse |
| Type | Congrégation religieuse cléricale de droit pontifical (pour les hommes). |
| Spiritualité | Sacré-Cœur de Jésus |
| But | éducation et formation des jeunes, animation de lieux d'accueil et de spiritualité, soutien au développement. |
| Structure et histoire | |
| Fondation | 1832, Lestelle-Bétharram |
| Fondateur | Michel Garicoïts |
| Abréviation | S.C.J. |
| Autres noms | Bétharramites |
| Site web | www.betharram.net |
| Liste des ordres religieux | |
La congrégation est visée en France par plusieurs affaires judiciaires au sein de l'institution Notre-Dame de Bétharram. Plus de deux cents plaintes sont déposées dans l'affaire Bétharram en 2024-2025 impliquant des agressions sexuelles et des viols sur mineurs.
À l'international, plusieurs cas de violences sexuelles avérées de membres de la congrégation sont jugés. À la suite de l'affaire Bétharram, d'autres victimes témoignent.
Historique
Le Basque Michel Garicoïts (1797-1863), de famille pauvre, ordonné prêtre en 1823, est supérieur du séminaire de Bétharram dans le diocèse de Bayonne. Il fonde initialement un institut de vie consacrée pour l'aider dans l'évangélisation des pèlerins venant au sanctuaire marial de Bétharram[1], puis, plus largement, pour l'enseignement et les missions pastorales dans les paroisses.
La Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram (initialement S.C.I. di Béth.), est approuvée par Pie IX à Rome le . La Maison générale est située à Rome.
En 1903, la congrégation, comme l'ensemble des religieux, sont expulsées de France par les lois anti-cléricales votées par le gouvernement français. Les religieux émigrent dans de nombreuses régions du monde, comme en Angleterre[2].
Michel Garicoïts est canonisé en 1947 par Pie XII.
Affaires judiciaires
La congrégation du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram reconnaît en France être « impliquée dans des dossiers d’abus sexuels inacceptables qui ont été perpétrés sur des mineurs par certains de ses membres des années 70 aux années 90 »[3].
Institution Notre-Dame de Bétharram
En 1996, la plainte pour « coups et blessures volontaires » et « traitements inhumains et dégradants » d'un parent d'élève de 14 ans médiatise une première fois les conditions d'éducation au sein de l'établissement Notre-Dame de Bétharram[4]. Le surveillant général est condamné à 5 000 euros d'amende avec sursis[5].
En , Pierre Silviet-Carricart, directeur de Notre-Dame de Bétharram et membre de la congrégation, est mis en examen pour viol sur mineur de 15 ans. Le prêtre, mis en liberté provisoire dans des conditions controversées, se suicide en 2000 juste avant de devoir se représenter devant le juge d'instruction de l'affaire[6],[7].
En , Alain Esquerre, ancien élève de Bétharram de 1980 à 1985, lance un groupe Facebook « Les Anciens du collège et lycée de Bétharram, victimes de l’institution », qui regroupe en près de 550 personnes[8]. Ainsi, il reçoit des témoignages sur les violences vécues dans l’établissement : « Des gens vous racontent leur détresse, des choses subies à l’âge de 10 ou 12 ans et qu’ils n’ont jamais racontées à personne. Ils se sont terrés dans leur silence alors que certains habitent à 10 kilomètres de là »[9].
En , le parquet de Pau ouvre une enquête préliminaire à la suite de vingt plaintes d’anciens élèves pour des faits de violence et des agressions sexuelles au sein de l'établissement Notre-Dame de Bétharram, dans les années 1980. Ces plaintes concernent des religieux et des laïcs[10],[11],[12]. En , treize autres plaintes sont déposées contre l’Institution Notre-Dame de Bétharram, dont dix pour des viols ou agressions sexuelles[8],[13]. Parmi ces plaintes de 2024, huit d'entre elles concernent un laïc, toujours surveillant au sein de l’internat du collège, devenu en 2009, Le Beau Rameau[14].
En , la congrégation de Bétharram annonce la suspension d'un de ses prêtres, né en 1963, et l'ouverture d'une enquête canonique à la suite de sa mise en examen pour viol[15].
École Ozanam à Limoges
En , le parquet de Limoges décide d'une enquête préliminaire, concernant les accusations d'agressions sexuelles de deux anciens élèves de l'école Ozanam, dans les années 1970, à l'encontre de deux prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram. Le parquet reçoit l'information de l'évêque de Limoges, Pierre-Antoine Bozo, lui-même informé par la cellule d'écoute du diocèse de Limoges. Les deux prêtres accusés sont morts, mais il doit être recherché s'il existe d'autres victimes ou d'autres agresseurs. La procureure de Limoges est en contact avec son homologue de Pau, afin de coordonner leurs investigations[16],[17].
Neuf témoignages et sept plaintes concordantes de plaignants de violences, viols et/ou agressions sexuelles sur mineurs entre 1966 et 1975 sont classés sans suite en , du fait de l’extinction de l’action publique, du au décès des personnes visées[18].
International
Au moins trois cas de violences sexuelles de la part de membres de la congrégation des pères de Bétharram, sur trois continents, jugés au cours des deux dernières décennies ont été recensés dans la presse[19].
Côte d'Ivoire
En , à la suite de l'affaire Bétharram, les témoignages de deux victimes présumées d'agressions sexuelles du prêtre Beñat Segur, ex-directeur de l'institution Notre-Dame de Bétharram s'expriment en Côte d’Ivoire, au sein de la paroisse d’Adiopodoumé, gérée par la congrégation depuis trente-cinq ans[20].
Après s'être rendu sur place en février 2026, la commission d’enquête indépendante sur l’affaire Bétharram rapporte que six personnes y dénoncent des agressions sexuelles par Beñat Ségur. Une victime a déposé une plainte en France, mais l'affaire est prescrite et le prêtre est mort en 2010. Par ailleurs, les membres de la commission rapporte que des enfants vivaient chez les prêtres et que dans un village proche du siège de la congrégation, des Français vivaient avec « des petits garçons qu’ils auraient adoptés »[21].
Italie

Un prêtre italien né en 1958, le père E. M., est condamné en 2012 à quatre ans de prison ferme pour des agressions sexuelles sur deux mineures de 10 ans, lors de cours de catéchisme et de confessions entre 2005 et 2006 sur sa paroisse de Santa Rosa da Viterbo, à Rome, confiée aux pères de Bétharram[19].
Grande-Bretagne
En 2010, le sociologue Laurie Taylor (en) témoigne dans le Times que lui et son meilleur ami ont été abusés sexuellement dans les années 50 par deux des prêtres, dont le père Dunworth, qui dirigeaient le collège du Sacré-Cœur de Droitwich Spa (1930[2]-1991[22]), rattaché à l'archidiocese de Birmingham, en Angleterre[23]. La communauté de Droitwich, qui gère l'église du sacré-cœur et Sainte-Catherine d'Alexandrie (en), dépend de la congrégation de Bétharram, est chargée des missions en Thaîlande et en Inde[22].
Un prêtre britannique né en 1910, le père E. S., est reconnu coupable en 2014 d’agression sexuelle sur une fillette de 11 ans, commises dans les années 1980 près de Birmingham, en Grande-Bretagne. L’homme est décédé en 2022[19].
Maroc
En mars 2026, un ancien élève du collège Charles de Foucault à Casablanca au Maroc porte plainte pour un viol en 1964 contre un religieux de la congrégation de Bétharram. Le prêtre accusé est mort en 2024, il est inhummé à Lestelle-Bétharram[24].
Paraguay
Le père R. A., un prêtre paraguayen, aurait commis des faits de nature sexuelle avant d’être interdit en 2016 de toute célébration par l’archevêque d’Asunción, puis exclu de la congrégation de Bétharram en 2019[19].
Localisation
France
En France, les prêtres de la congrégation sont présents dans le Grand Sud-Ouest : Anglet, Bordeaux, Lestelle-Bétharram (où ils animent le sanctuaire et accompagnent l'animation pastorale de leur ancien internat), Montaut, Pauillac, Pau, Pessac, Pibrac, Saint-André-de-Cubzac, Saint-Just-Ibarre (maison natale de Michel Garicoïts) et Saint-Palais (maison de retraite), mais aussi Limoges, Paris, Quimper et Fort-de-France[25].
Congrégation à Lestelle-Bétharram
Le collège-lycée catholique Notre-Dame de Bétharram est fondé en 1837, à Lestelle-Bétharram, par Michel Garicoïts.
La congrégation religieuse est propriétaire[26] sur son site de Bétharram, de l'institution Notre-Dame de Bétharram, d'un chemin de croix composé d'un calvaire et de 15 chapelles, un lieu d'hébergement, des locaux de l'institution Notre-Dame de Bétharram, de l'EHPAD Notre-Dame, d'un musée[27] et d'un cimetière[26].
Communauté de Pau
Elle est propriétaire de la maison Saint-Michel à Pau[26]. En , la municipalité avait voté le rachat pour 1,1 million € d'une partie du foncier bâti (2 000 m2 ) et d'espaces extérieurs, dans le but de créer cinq logements destinés à être occupés par des femmes victimes de violences. Cependant, la congrégation a refusé l'offre[28].
Limoges
En 1948, Louis Paul Rastouil, évêque de Limoges, fait appel à la communauté pour assurer une partie des enseignements et diriger l'établissement scolaire Ozanam. Etablissement, que quittent les derniers pères progressivement entre 2003 et 2006. La communauté de Limoges est dissoute en [29].
À l'international
La congrégation essaime au début du XXIe siècle en petites unités de trois ou quatre missionnaires, dans quinze pays[25].
Europe

Elle compte quatorze implantations en Italie[1]. Des vingt paroisses de la province italienne et de ses 105 religieux, dont Milan est le siège, ils ont une fierté toute particulière pour la communauté de Monte Porzio, centre d'accueil pour sidéens[25].
Une dans le Pays basque espagnol, à Fontarrabie ; quatre implantations en Angleterre dont celle historique de Birmingham[1].
Angleterre
En 1991, à la suite de la fermeture du collège à Droitwich Spa, les Pères du Sacré-Cœur se dispersent dans d'autres paroisses à Great Barr et Olton, Birmingham, à Whitnash près de Leamington Spa, Leigh dans le Lancashire et Guernesey et poursuivent leur travail missionnaire en Thaïlande et en Inde[2].
Amérique du sud
Elle compte cinq maisons en Argentine ; en Uruguay, à Montevideo ; au Paraguay depuis 1904 (cinq collèges représentant 5 000 élèves) ; au Brésil (cinq implantations)[1]. Il est reconnu là-bas que les élites d'Argentine, d'Uruguay, du Paraguay et du Bresil sortent encore des collèges et lycées San José de Buenos Aires, Rosario, Rio de La Plata, Montevideo, Asuncion et Belo Horizonte[25].

Afrique
La congrégation s'implante en 1959 en Côte d'Ivoire[31], où il fonde la première école secondaire catholique du nord du pays, à Ferkessédougou, en 1973 il s'implante au collège-séminaire Saint-Jean de Katiola[32], puis en 1986 en Centrafrique[31]. Ils comptent trois implantations en Côte d'Ivoire forme des communautés à Dubakala et et, près d'Abidjan, de Boniérédougou, siège d'une maison de formation scolastique[25] ; ainsi qu'en République centrafricaine[1]. Ils ont tenu des collèges marocains de Casablanca et de Sidi-Onnis[25].
Proche-Orient
Ils gèrent les premier et deuxième cycles du grand séminaire de Palestine[25] à Nazareth en Israël ; à Bethléem en Palestine ; à Zarqa en Jordanie.
Asie du Sud-Est
Les missionnaires sont présents en Thaïlande (cinq implantations) et en Inde à partie de 1995[31] sur trois implantations[1],[33].
Chine
En 1922, à l'appel du pape Pie XI, trois pères quittent Bétharram pour la Chine en . Il leur est confié, après la demande de Jean de Guébriant sur les conseils de Charles de Gorostarzu, le territoire sui juris de Tali situé à l'ouest du Yunnan[34], où ils fondent et animent le diocèse de Tah, devenu diocèse de Dali en 1948[33]. Fin 1951, les communistes commencent à expulser les missionnaires de Chine[35]. Les trois derniers pères présents, en sont expulsés en 1952 après un séjour en prison[35], à la suite de l'avènement de la Chine communiste.
Thaïlande
Les pères expulsés se fixent dans le nord de la Thaïlande à Chiang Mai en 1952[31], au pays des montagnards Karians. Le diocèse de Chiangnjai compte alors 26 000 catholiques et le séminaire de Sampran, près de Bangkok, forme cinquante-cinq novices de différentes nationalités.
En , un décret de la Sacrée congrégation de la propagande érige les huit départements du Nord-Siam en préfécture apostolique, confie aux Pères de Bétharram[35].
Le , le pape Paul VI établit la hiérarchie catholique en Thaïlande et la mission de Chiang Mai devient un diocèse. Le diocèse de Chiang Mai est officialisé le [35].
En 1968, 280 prêtres professent en Thaïlande, accompagnés de 460 petits séminaristes et une quarantaine de grands séminaristes pour 130000 fidèles catholiques[35].
Effectifs
Cette congrégation connaît son apogée numérique en 1963 avec 542 religieux[1].
En 1997, les pères de Bétharram sont 336, dont 80 en France, ils sont implantés à Limoges, en cité HLM à Pessac, à Pibrac (près de Toulouse), Vic-en-Bigorre, à l'ancien Carmel de Pau et à Sarrance (vallée d'Aspe)[36].
En 2009, elle comptait 360 religieux dont 216 prêtres[37] et en 2012, 316 religieux dont 212 prêtres.
La congrégation est en voie de disparition en France en ce début du XXIe siècle, mais elle essaime dans d'autres pays. Elle ouvre en un séminaire et un foyer d'accueil à Mangalore (elle compte 6 prêtres indiens et 30 séminaristes en formation) et connaît de nouvelles vocations dynamiques en Thaïlande et en Afrique (installée en Côte d'Ivoire en 1959, elle compte 8 prêtres autochtones et une vingtaine de jeunes africains en formation, elle est installée aussi en République centrafricaine) et continue de recruter en Amérique du Sud.
En 2013, la congrégation est composée de six prêtres à Bétharram et de 300 religieux dans 15 pays (Europe, Amérique latine, Asie…)[38].
En 2024, la congrégation est représentée par plus de 270 membres, dont certains haut-placés au Vatican au sein du synode de la famille. L'ancien directeur de Notre-Dame de Bétharram, le père Vincent Landel, est l'archevêque de Rabat de 2001 à 2017[3].
Figures
- Ignacio Gogorza Izaguirre (1936-), évêque émérite de Encarnación, Paraguay
- Claudio Silvero Acosta (1935-), évêque auxiliaire émérite de Encarnación, Paraguay
- Lucien Bernard Lacoste (1905-1989), ancien évêque de Dali, Chine
- Vincent Landel (1941-), ancien archevêque de Rabat, Maroc
Supérieurs
Supérieurs généraux
Michel Garicoïts : de 1841 à 1863[39],[40],
Jean Chirou : de 1863[40] à 1873 : régime de transition[41],
Auguste Etchécopar[39] : de 1873 à 1897,
Victor Bourdenne : de 1897 à 1909,
Pierre Estrate : de 1909 à 1910,
Hippolyte Paillas : de 1911 à 1935,
Denis Buzy : de 1935 à 1958[42],[43],
Joseph Mirande : de 1958 à 1969,
Giovanni Trameri : de 1969 à 1975,
Pierre Grech : de 1975 à 1987,
Terence Sheridan : de 1987 à 1993,
Francesco Radaelli : de 1993 à 2005,
Gaspar Fernández Pérez : de 2005 à 2017,
Gustavo Agín : depuis 2017.
Supérieur des missionnaires américains
- Didace Barbé : depuis 1856[BR 1].