Pyrrhus L'Enfant
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Pyrrhus L'Enfant ou Pierre L'Enfant, seigneur de Patrière, chef huguenot et militaire français. Issu de la famille L'Enfant, il est seigneur de la Patrière, Cimbré, la Houssaie en L'Huisserie, Scépeaux en Astillé et Portebise.
Origines

Pyrrhus ou Pierre L'Enfant est membre de la famille L'Enfant, et par sa mère à la Maison du Plessis de Richelieu. Il est le fils de Georges L'Enfant et de Françoise du Plessis, grand-tante paternelle du cardinal de Richelieu).
Protestantisme
Il fut célèbre dans les rangs des huguenots. Il n'était peut-être pas encore déclaré en 1571 car il présente alors à l'un des bénéfices dépendant de sa terre de Scépeaux.
Dès 1564, il refusa de payer à la fabrique d'Ahuillé la rente du vin léguée par ses ancêtres. On le trouve aux registres de Courbeveille trois ou quatre fois. Comme d'autres huguenots, il est possible qu'il dissimula pendant quelque temps ses opinions suivant les lieux ou les personnes.
Pendant la première guerre de Religion

Il est possible que de 1560 à 1562, il s'associa dans les crimes, vols, pilleries et conspirations de ses coreligionnaires en s'attachant à la fortune de Gabriel Ier de Montgomery. Pirrhus Lenfant de La Patrière, avec du Touchet, a joué l'un des rôles les plus importants auprès de Montgommery, qui est resté longtemps ignoré des historiens[1].
Il accompagne Montgomery à son retour d'Angleterre au siège de Valognes.
Après l'exécution de René de la Rouvraye, sieur de Bressault, Pyrrhus L'Enfant se marie avec sa veuve Claude de Chivré. Le terrible châtiment infligé à René de la Rouveraye n'avait pas détourné sa veuve de s'allier de nouveau à un autre seigneur protestant, dont les allures ressemblaient fort à celles de son premier mari[2].
Pendant la cinquième guerre de Religion
Siège de Domfront

Enluminure du manuscrit Carmen de tristibus Galliae, 1577, Bibliothèque municipale de Lyon, ms. 0156, fo 30 vo.
En 1574, dans le cadre de la cinquième guerre de Religion, deux calvinistes, Ambroise et Pierre Le Hérissé s'emparent par surprise du donjon. Ils ouvrent les portes de la place à leur chef, le capitaine protestant Gabriel Ier, comte de Montgommery, lointain descendant des Bellême. Il est le à Domfront. Le lendemain, le maréchal de Matignon Jacques II de Goyon, qui était à ses trousses, arrive avec toute sa cavalerie. La ville que les habitants ont désertée est investie. Dix jours plus tard, une artillerie arrive en renfort. Gabriel Ier de Montgomery, se retranche dans le château, mais la forteresse vétuste ne résiste pas aux boulets. Il se rend le . Il est conduit à Paris, jugé et aura la tête tranchée en place de Grève le , sur ordre de Marie de Médicis. L'Enfant est aussi au siège de Domfront en 1574 en compagnie de plusieurs protestants connus depuis le commencement des guerres de religion par leurs violences: Gabriel Ier de Montgomery vit combattre à ses côtés Roland de Chauvigné, sieur de Boisfroult, Pyrrhus Lenfant, sieur de la Patrière et de Cimbré, Ambroise et Pierre Le Hérissé, deux frères qui périrent l'un et l'autre, du Matz de Saint-Gravé, tué sur la brèche, du Jean du Mats de Montmartin, sieur de Terchant, René de Frotté, sieur de Say et de Couterne, du Breuil, des Cornières ou Collières, etc. Prisonnier avec la garnison, le , il en fut quitte pour une rançon de 30 000 livres.
Plusieurs historiens indique que ce fut Pyrrhus L'Enfant qui tua Ambroise Le Héricé[3].
Avec Guy XIX de Laval
Il se rangea ensuite sous les ordres de Guy XIX de Laval, qui le nomma, le , maître des eaux et forêts du comté de Laval, habitait l'Anjou en février 1577, suivait son chef en Poitou et en Saintonge et se retrouvait en 1588 à Cimbré (en Tiercé).
A la reprise des hostilités après l'assassinat d'Henri III, 1589 et 1590, Pirrhus L'Enfant, fut nommé maréchal de camp et se joignit au marquis de Villaines (Brandélis IV de Champagne, avec ses troupes et du canon qu'il amenait d'Angers et du Mans, pour débusquer les Ligueurs du prieuré de Brûlon[4].
Il fut blessé en 1590 devant le Château de Sours en Beauce[5]. Il eut le la capitainerie du château de Laval, capitaine de cent chevau-légers par commission du 7 juillet 1591, capitaine de cent hommes d'armes en 1591. Il devint gentilhomme de la chambre du roi, le .
Il assista à la bataille de Craon, le .
« Je vey là ce traistre Fourneaulx[6],
Meudrier du baron de Vernye[7], Patrière et le sieur des Pruneaulx, Bien hardiz, quoy que lon en die; Mais quoy? la mesme malladie Print à eulx et à leurs chevaulx.
Il nest que daller[8].
Michel Luette, Pique-mouches, 1592 »
Son autorité fut toutefois très-paralysée par le ligueur Pierre Le Cornu. Le château de la Patrière, pris et repris plusieurs fois pendant ces guerres, eut beaucoup à souffrir[9].
Ordre de Saint-Michel
Henri IV, en 1593, le nomme chevalier de l'Ordre de Saint-Michel[10], et lui donne la disposition de l'Abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l'Autise, et du Prieuré de Grandmont-lès-Chinon (alias de Pommier-Aigre) qui avaient appartenu à Jacques du Plessis de Richelieu, son oncle, ce qui semble indiquer qu'il était redevenu catholique.
Henri IV est à l'origine de la promotion de cet officier, pour ses intérêts, parce que tout le pays de Laval ne voulait point d'un roi huguenot, se dévouait à la Ligue catholique, et L'Enfant pouvait y avoir quelque autorité. On retrouve la trace de l'Enfant, en 1593, aux registres de Courbeveille, où le nom de Pirrhus est changé en celui de Pierre, la seconde, aux archives de la Ragottière d'Astillé, à la date de 1594. Il vivait encore en 1606 et devait être mort en 1609. On lit, dans les Plaintes des Églises réformées de France, que le sieur de la Patrière, gentilhomme angevin, fut déterré par sentence de la justice d'Angers.


