Pique-mouches ou Satire burlesque sur la déroute de Craon
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Le Pique-mouches ou Satire burlesque sur la déroute de Craon (24 mai 1592), avec un commentaire historique (titre complet) ou Pique-mouches est une chanson satirique collective mêlant prose et vers français.
Cette œuvre politico-satirique, qui a pour sujet la tenue, pendant les guerres de Religion, de la bataille de Craon qui a eu lieu à Craon le par la ligue catholique hostile à Henri de Navarre, dans le but d’élire à sa place un roi catholique, a parodié les prétentions d'Henri de Navarre et de ses partisans.
Le Pique-mouches est une œuvre en vers et en prose de Michel Luette, capitaine ligueur nommé La Vallée. Cette chanson peut-être vue comme la contrepartie de la Satyre Ménippée : de la Vertu du Catholicon d'Espaigne et de la tenuë des estats de Paris, selon la remarque d'Ernest Mourin[1]. « On y trouve pour lui des traits fort vifs, des saillies mordantes et une vraie pointe d'esprit gaulois. On répéta dans les pays d'Anjou, du Maine et de la Bretagne cette chanson populaire.
Luette, soldat ligueur fut aussi le gai chansonnier de son parti. Son Pique-Mouches, improvisé à l'occasion de la bataille de Craon, est une contrepartie assez vive des facéties de la Satire Ménippée. 6 vers sur 2 rimes, avec le mordant refrain « Il n'est que d'aller », suffisaient pour clouer un nom au pilori ligueur. On connaît 70 couplets, qualifiés de stances liricques par Jean Louvet ; on dit qu'il en fut fait plus de 100, chacun s'exerçant dans ce genre facile. Il en est dans le nombre de fort triviales, en style à la dragonne, aurait dit Gresset[2].
Jean Louvet a inséré dans son Journal les 50 « stances en vers liriques appelés piques-mouches, pour'ce qu'ilz picquent ceulx qui ont faict ledict siége. ». La Revue de l'Anjou a publié les 50 stances insérées dans le Journal de Jean Louvet, avec quelques notes sommaires en 1854[3]. Toutefois cette reproduction n'est pas entièrement conforme au manuscrit et contient un certain nombre de fautes. Cette satire était beaucoup plus développée dans l'original[4], Malheureusement cette nouvelle version a été empruntée à un document qui fourmillait de fautes, d'inexactitudes, d'omissions et d'incorrections[5]. En réunissant les deux textes, André Joubert arrive à un total de 70 couplets en respectant l'orthographe du manuscrit de Jean Louvet, pour donner aux vers liriques une lecture plus aisée[6]. Il est certain que Louvet connaissait les autres stances de la satire[7].
Contexte politique
Le chef de la Ligue pour la région est Mercœur, gouverneur de la Bretagne, il a pour principal lieutenant Urbain de Laval Boisdauphin, marquis de Sablé, qu’il crée maréchal de Boisdauphin. En 1589, le maréchal de Bois-Dauphin se replie alors sur Craon, dernière place avant la Bretagne, où il nomme commandant Pierre Le Cornu, seigneur du Plessis de Cosmes, qui en fait une place forte.
En 1590, Mercœur, gouverneur de Bretagne, se révolte contre l’accession au trône du protestant Henri de Navarre. Le duc de Mercœur se met à la tête de la Ligue de Bretagne, songeant même à rétablir la souveraineté de cet ancien duché, sa femme étant descendante de Jeanne de Penthièvre. Il se proclame également Protecteur de l’Église catholique et romaine dans cette province.
Il obtient l’aide du roi très catholique Philippe II d'Espagne. Ce dernier lui envoie sept mille Espagnols qui débarquent au Blavet (futur Port-Louis), sous le commandement de Don Juan d’Aguila[8].
Le , Henri IV voulant soumettre Craon, ses cousins Henri de Bourbon, duc de Montpensier, et François de Bourbon, prince de Conti, se réunissent secrètement à Laval pour organiser une attaque. Le , Montpensier arrive avec ses armées dont 1 200 Anglais et 800 Allemands à Craon et met le siège. Le , Mercœur et Boisdauphin arrivent à leur tour avec leurs armées et les troupes du bandit-chef de guerre Guy Éder de La Fontenelle, pour défendre Craon.
Le texte
Couplet 1 : Sus, sus braves soldarts françois, Et vous, noblesse catholicque, Q'uon chante et rechante cent fois La deffaicte du politicque[9]; Que le malheureulx héréticque Frémisse au chant de vostre voix. Il nest que daller[10].
Couplet 2 :Chantez l'ange exterminateur Qui, dune puissance celleste, Par le bras du Duc de Mercur[11] A mis a néant ceste peste. Prions Dieu que bien tost du reste, Il puisse demeurer vaincqueur. Il nest que daller.
Couplet 3 :Vray Dieu! qui eust jamais pencé Que la cruaulté enraigée Dung sourt et muet incensé[12] Eust esté si tost engaigée? Dieu seul sa fortune a changée Pour sa tirannye du passé. Il nest que daller.
Couplet 4 :La paouvre prince maunoury[13] En larmée haultement ce vante Quil fera dancer lennemy Une volte en lair malplaisante. Mais Craon lui apprend la Courante Et les Bretons la Trihory Il nest que daller.
Couplet 5 :Qui eust dict laultre Bourbon Et tant de noblesse à sa suite, Oultre son anglois escadron[14], Eust prins sy laschement la fuitte, Et laissé, fautte de conduitte, Tant de buttin à labandon. Il nest que daller.
Couplet 6 :Deulx princes extraictz des Bourbons[15], Avec trente Seigneurs deslitte, Neuf comptes et treze barons, Sans frapper prennan la garitte[16], Chascun des quelz, comme il méritte, Furent fouettez comme larrons. Il nest que daller.
Couplet 7 :Cest grant cas que pas ung dentre eulx Ne peult, pour quelque remonstrance, Tant feust il brave et couraigeulx, Nous faire aulcune résistance, Tant la terreur de leur offance Leur avoit esblouy les yeulx. Il nest que daller.
Couplet 8 :Lasches soldartz et vrais poltrons[17], Et vous, noblesse plus poltronne, Où sont les motz quen vos maisons Vostre salle bouche bourdonne Contre ce grant Duc qui ordonne Quon ait recours aux oraisons[18] Il nest que daller.
Couplet 9 :Vraiement il faict son oraison Pendant que tu fais du bravache[19], Et que tu pille la maison Du paisant et volle sa vache, Ou que tu le tiens a latache Pour mieulx en avoir la raison. Il nest que daller.
Couplet 10 :Son soldart ce met en debvoir De recongnoistre son offence, Et le tien de tout son pouvoir Contre Dieu ce met en deffence; Le fort ou est ton assurance Nest quanmoien pour en avoir. Il nest que daller.
Couplet 11 :Tu est pour tout, vray perroquet, Tu est royal, je te laccorde, Aussy natu que le cacquet Et une vie salle et orde[20] Si tu nas assez de la corde, La roe faict frapper le tracquet[21]. Il nest que daller.
Couplet 12 :Le comportement[22] outrageux Que ton soldart faict en la France, Le rent dun homme couraigeulx Un coyon plain doultre cuidance. Et aussy, pour toutte vaillance, Se tourne en homme furieux. Il nest que daller.
Couplet 13 :Il est à laise et à souhait, Quant il tient quelque paouvre vieille, Et qui luy romp son pot au lait, Ou la force, veille ou non veille; Oultre ce la il faict merveille De prendre loye et le poullet. Il nest que daller.
Couplet 14 :Mais quant ce vient à ung assault Ou à leffect dune rencontre, Il ne crainct de dire tout hault Cest par là que le villain monstre Quil trouve icy le fer trop chault. Il nest que daller.
Couplet 15 :Tesmoing le beau siège de Craon Où dix mil hommes sont en fuitte, Que deulx princes, à grant ahan[23], Avoient faict venir à leur suitte. Quant ce vient au jour de la luitte, Si tu my trouve, sy me pren[24]. Il nest que daller.
Couplet 16 :On veit ses perroquetz royaulx, Couverts descharpes et panaches, Courir comme de grands veaulx Qui venoient de tetter leurs vaches, Quilz tenoient là comme gavaches[25] Pour destruire les bledz nouveaulx. Il nest que daller.
Couplet 17 :Je vey fuir tous les plus grands Entre lesquelz Monsieur Danville, Auparavant des plus mordans, A ce camp fust le plus habille; Sy on eust peu prendre la ville En courant, il estoit dedans. Il nest que daller.
Couplet 18 :Rochepot sen vouloit sortir Et laisser le gros de larmée, Se souvenant du départir De luy et de sa bien aimée Qui transsye et demye pasmée, Qui dist avant de départir : Il nest que d'aller.
Couplet 19 :Ha! Damoiseau de Commercy, Mon tout et ma seulle espérance, Ayez de mon gros C.. mercy, Et luy gardez bien vostre lance; En ce la gist vostre vaillance Et à moy mon plus grant soulcy. Il nest que daller.
Couplet 20 :Mais quoy! le paouvre malheureux Se retirant dessus sa perte, La Haye de Thorcé[26], furieux, Se jeta dessus sa mallette[27], Et le print par sa barbe verte, Se faisans compaignons tous deux Il nest que daller.
Couplet 21 :Nermoustier[28], craignant un afront Ou davoir quelque dure atteincte, Se miste ses deulx cornes au front Où estoit sa vertu empraincte, Puis sen fuit sans auculne craincte, Faisant comme les aultres font. Il nest que daller.
Couplet 22 :La grant barbasse[29] Du Bellay[30] Se sauvant dun brave couraige, Les paisans, je ne sçay pourquoy, Lui ostèrent son ecquipaige, Et fust frappé par le visaige Dun grant villain trou de ballay. Il nest que daller.
Couplet 23 :Sainct Phalle[31], trop jeune et douillet, Eut là une mauvaise estraine, Car luy, tendre comme ung poullet, Fust incontinant hors dallayne, Allant chercher à toutte peine Si sa nourice avoit du laict. Il nest que daller.
Couplet 24 :Si Craon est prins avec du vant, Ce sera Davaugour[32] sans doutte; Car, en souflant, le plus souvant Il met les aultres vants en routte. Et en un besoin, somme toutte, Faict tourner ung moullin à vant. Il nest que daller.
Couplet 25 :Ton nom te vient bien à propos, Vray villain, marcquis de Villaine, Villain allaiton [d'] Attropos, Tes villainyes du pais du Mayne Rendent ton âme sy villaine Quelle nyra jamais en repos. Il nest que daller.
Couplet 26 :Ce vieil pharisien de Rambouillet Qui jeusne et marmotte à sa guyse, Ce pendant à grands coups de fouet Il traitte sa mère léglise. Et sy fortune favorise Lhéréticque, cest son souhait. Il nest que daller.
Couplet 27 :De là nous pouvons bien juger Quel est lhumeur de lhipocritte, Qui ne demende quà naiger Où la faveur du vant lincitte, Tous jours faisant la chattemitte, Ne sçait à quel port ce ranger. Il nest que daller.
Couplet 28 :Ce Diable enragé de Racan[33], Avec ses trouppes foudroiantes, Fust deffaict et mené a Craon, Puis de là fut mené a Nantes; Ses faczons par trop viollantes Luy ont méritté ung carcan. Il nest que daller.
Couplet 29 :Bassetenay[34], avec Madelet[35], Tous deulx frères par alliance, Des premiers eurent leur pacquet Pour leur servir de récompence; Mettez les en une ballance, Robin vauldera bien Jacquet. Il nest que daller,
Couplet 30 :Le vallet de monsieur Despeaulx[36], Congnoissant lhumeur de son maistre, Le cacha dessoubz des rameaulx En ung fossé, et le feist estre Vingt et quatre heures sans repaistre, Pendant quon jouoit des cousteaulx. Il nest que daller.
Couplet 31 :Je vey là ce traistre Fourneaulx[37], Meudrier du baron de Vernye[38], Patrière et le sieur des Pruneaulx, Bien hardiz, quoy que lon en die; Mais quoy? la mesme malladie Print à eulx et à leurs chevaulx. Il nest que daller.
Couplet 32 :Puchairicq faisoit assez bien Pour ung homme de son villaige, Encorres quil ne vaille rien, Tesmoing son bazanné visaige. Blessé quil fust, court en sa caige, Lespérance de tout son bien. Il nest que daller.
Couplet 33 :On le compare au potiron Qui nous vient en une nuittée, Et nest jamais sans compaignon. Tous deulx enfans dune brouée[39], Ilz sont fraiz a la matinée Et au soir flaistriz, vueille ou non. Il nest que daller.
Couplet 34 :Il a ung chasteau pour son lot, Sa fortune est venue en poste, Prenne garde au fouet de Halot Ou bien au béguin[40] de La Coste[41] Bussy craint bien quil ne lacoste, Quant au grec[42], ce nestoit qu'un sot Il nest que daller.
Couplet 35 :Que dict-on encor, Puchairicq ? On blazonne ton armoyrie, Une main tient ung coeur rougy De sang humain enflé denvye ; Lestoille dont il prent sa vie Ce tient au ciel bien loing de lui Il nest que daller.
Couplet 36 :Ta main est une demye foy Au sang tu metz ton espérance Charité ardente de soy Loin des deulx faict sa résidence; Il ny a donc poinct daparence Qu'on trouve rien de bon en toy, Il nest que daller.
Couplet 37 :Niaffle et Mr de Villiers[43], Lun fort gras et laultre fort maigre Avec leurs cornes de béliers, Crioient fort après le vinaigre. Le plus gros fust le plus alaigre, Car il suivoit les cuisiniers. Il nest que daller.
Couplet 38 :Dachon ne sera pas comprins Des fuyarts, car, pour faire teste, Comme ung homme fort mal aprins, Samuse a donner sur la teste Dun grant marault qui le maleste, Cela fust cause quil fust prins. Il nest que daller.
Couplet 39 :Ce grant piaffeur des Aulbiers Nattendit à ce mettre en monstre, Ce cachant parmy les fumiers, De peur de faire une rencontre; Son cheval, portant malencontre, Le jette au rang des lanterniers[44] Il nest que daller.
Couplet 40 :Mais que faisois tu, Bas Plessis?[45] Fus tu poinct frappé par derrière? Nenny, jen faisois plus que six; Je suis le compte de Bavière, Digne de faire une estrivière, Le cul sur une selle assis. Il nest que daller.
Couplet 41 :Le perfide de Montbazon[46], Pour bien marcher du pié à terre, A mis en honneur sa maison Et la gardera du tonnerre, Sy son parain, M: Sainct Pierre, Veult exaucer son oraison. Il nest que dalller.
Couplet 42 :Savez vous que je vey aussy, Qui bien tost nous quicta la place, Montsoreau'à qui de Bussy[47] Planta une corne en la face. Il sencourut froit comme glace Tant il avoit le cueur transsy. Il nest que daller.
Couplet 43 :Ce vaillant volleur de Serrouet[48] Sentoit de loin telle desserte; De peur davoir des coups de fouet, De bonne heure feist sa retraicte, Laissant sa compaignée deffaicte Et ses soldarts mis au rouet[49]. Il nest que daller.
Couplet 44 :Lestel, le borgne non pareil, Cruel et sans miséricorde, Craignant de perdre son bon œil, Se rend au premier qui laborde, Attendant quau bout dune corde, On luy face un aultre apareil. Il nest que daller.
Couplet 45 :Nos Angevins vont deux à deux, Courant comme lièvres de Beauce[50]. De paour quils ont, un pet breneux Ils laissent aller dans leurs chausses, Quilz portent pour faire la sauce Dun ustaud[51] chez Mathie Aubeux[52]. Il nest que daller.
Couplet 46 :Je vey vostre prévost d'Angers[53], Enfagotté comme une gerbe, Quon feist mener hors des dangers, De bien tost frotter son cul dherbe. Le loyer dun prévost superbe Ferme la poche des meusniers. Il nest que daller.
Couplet 47 :Cheverue[54], lorgueilleux poussif, Daller aulx coups craignoit sa peine, Aussy est il gros et massif Comme ung crappault a courte aleine; Il est fin, car sa poche est plaine. Dun Arabe il a faict ung juif. Il nest que daller.
Couplet 48 :Le vieux président de Moussy[55], Quelque temps avant sa deffaicte, Prévoyant la fin de cecy, Prist congé et feist sa retraicte. Adieu, dit il, faictes le reste, Je ne sers plus de rien icy. Il nest que daller.
Couplet 49 :Miron le suivoit pas à pas, Menant ses vaches à grant joye, Dont il a faict un grant amas A Eventard[56] et à la Haye[57]. Mais quant le bonhomme eust sa proye, Depuys il ny retourna pas. Il nest que daller.
Couplet 50 :Voyez ces vaillans champions, Voyez ce conseil magnificque, Et la garenne à morpions, (Jentends la barbe judaicque), Qui au hazard dun fer de picque Ont laissé leurs principions[58]. Il nest que daller.
Couplet 51 :Sçais tu que cest que ce Miron? Cest ung juif qui est à tout faire. Il est gendarme ergo larron; Levesché est tout son affaire : En cela il veult contrefaire Coré, Dathan et Abyron[59]. Il nest que daller.
Couplet 52 :Il gouvernoit le temporel Du royaulme és lunes passées; Il prend au jour dhuy sur l'aultel Offrandes a grandes brassées, Et cy cest des chaires[60]percées Le controlleur universel. Il nest que daller.
Couplet 53 :Proustière, pour bonne raison, Ne sortit hors de sa tannière, Car aux champs, en ceste saison, On voit fleurir la chenevière Qui a vertu particulière Détouffer ceulx de sa maison. Il nest que daller.
Couplet 54 :Elle croist au temps des fruits nouveaulx. Y a de grants vertus en elle; Elle fournit tous les bateaulx De cordaiges et de ficelle. La toille en est bien forte et belle, Mais elle est funeste aux Gourreaux[61]. Il nest que daller.
Couplet 55 : Or, puisque ton nom est honni, Pour remettre en honneur ta race, Auras tu nom Jacquet Nourri[62]? Pantalona[63] meilleure grâce; Puis Bodet, avec sa grimace, Te servira d'ung vray Zani. Il nest que daller.
Couplet 56 : Matras sera ton Arlequin Car sa façon est très badine ; Besson[64] entend le Patelin Qui sent son Horace à la mine ; Sa femme aura nom Jacqueline, Sa sœur Isabelle ou Catin. Il nest que daller.
Couplet 57 : Prends donc ta robe à hault collet[65], Tes peaulx[66], ta camisole rouge, Ta barbute[67] au lieu dun bonnet, Ton faulx nez courbe comme un vouge, Ta grant dague, et montre ton bouge[68], Avec tes chausses de rollet[69]. Il nest que daller.
Couplet 58 : Or, ce n'est pas encore tout Il fault que tu saiches ton rolle ; Pierre Ayrault taydera dun bout Et servira de porte colle[70]. Il joueroit bien de la pibole Mais ses besicles[71] gastent tout. Il nest que daller.
Couplet 59 : Ce faisant, ne reste, sinon Faire ung change en ceste manière. Proustière aura son nom Pantalon, Pantalon aura nom Proustière. Sil prend ta mule sans croupière, Dieu len doint une autre au talon. Il nest que daller.
Couplet 60 : Te voila donc en bel arroy[72], Pantalon, race de vipère, Qui, pour ton hérétique roy, Ronge le ventre de ta mère, Homme rempli de vitupère[73] Qui mets tout le monde en effroy. Il nest que daller.
Couplet 61 : Revenons à nostre propos Et laissons ce villain, en somme, Qui ne laisse rien en repos. Diable denfer, femme ni homme, Ceulx quil ne tue, il les assomme, Et les ronge jusques aulx os[74]. Il nest que daller.
Couplet 62 : Bref, nos villains ont tout perdu, Canons, boullets, pouldre, bagaiges; Le reste senfuit éperdu, Qui en mourra du mal de raige; Et, si quel q'un deulx prend couraige, En peu de temps sera pendu. Il nest que daller.
Couplet 63 : Voila q'uont servi les lauriers Que faisoit porter la princesse[75] A tous ces carbousons[76] d'Angers, En signe de son allégresse, Hault tonant partout la promesse De son bègue[77] et ses estaffiers[78]. Il nest que daller.
Couplet 64 : Voilà le destin malheureulx Du conseil de ces jeunes princes, Et du serment qui fust entre eulx De saccaiger par les provinces Prestres, nonnains, moines, novices Et tous quilz nomment ligueulx. Il nest que daller.
Couplet 65 : Apprenez, princes, apprenez A craindre Dieu et sa justice. Vous, Seigneurs, qui vous adonnez A la cruaulté et au vice, Jamais vous ne laurez propice, Si au péché vous pardonnez. Il nest que daller.
Couplet 66 : Allez, héréticques royaulx, Courrez le trot en Angleterre. Allez quérir des Anglois nouveaux[79], Pour nous venir faire la guerre, Car ceulx cy, renversez par terre, Servent de gresse à nos naveaulx[80]. Il nest que daller.
Couplet 67 : Ces liffres loffres[81], ces gourmans, Ces vieux chaudronniers d'Almaigne[82], Avec leurs femmes et enfans, Furent là gariz de la taigne. Leurs peaulx sont des jà en Espaigne Tout exprès pour faire des gans[83]. Il nest que daller.
Couplet 68 : Ceulx là furent mieux secouez Qui pensoient avoir couraige, Entre aultres les Anglois couez[84]. Après avoir vomy leur raige, Dieu les quictant en tel oraige, Le Diable les a advouez. Il nest que daller.
Couplet 69 : Ce seroit œuvre contrefaict Sy moy seul voulois entreprendre De dépeindre ung si grant effect Que le monde ne peut comprendre, Car Dieu seul nous le peut apprendre. Il ny a rien que de son faict. Il nest que daller.
Couplet 70 : Tais toy, picque mousche, tais toy, Nen parlons plus, et allons boire. Nos vaches sont en désarroy, Cest le plus fort. Il fault bien croire Que quel q'un en fera mémoire Qui dira beaucoup mieux que toy :
Il nest que daller.La liste des seigneurs royaux énumérés par Michel Luette comprend beaucoup de noms. Cependant, tous les chefs du parti présents à la Bataille de Craon ne sont pas nommés.
Références
- ↑ Ernest Mourin, la Réforme et la Ligue en Anjou, p. 283. Voir en ligne
- ↑ Avant d'être publiées dans la Revue d'Anjou et par André Joubert dans ses Misères de l'Anjou, on ne les connaissait que par le manuscrit de Jean Louvet, et dans la collection Blordier-Langlois, de la Bibliothèque d'Angers
- ↑ Revue de l'Anjou, 1854, t. II, p. 259-269.
- ↑ Comme le prouve une copie classée parmi les pièces léguées par l'historien André Blordier-Langlois. Cahier de 33 pages écrit de la main du commentateur et daté de 1842, manuscrit 526 de la Bibliothèque d'Angers, in-4° sur papier. Blordier-Langlois était conservateur-adjoint de la Bibliothèque. Barthélemy Roger avait renoncé à l'idée de publier la chanson. « J'ai été quelquefois, dit-il, dans la pensée de vous donner ici cette pièce que j'ai; mais après l'avoir bien examinée et considéré les injures atroces et piquantes qui y sont, je m'en suis déporté, et me contente de vous donner ici les noms des principaux seigneurs et gentilshommes qui y sont taxés et nommés. » (Histoire d'Anjou, p. 453.)
- ↑ Blordier-Langlois en avait modernisé le style et l'a accommodée à sa façon, ajoutant ou supprimant à son gré.
- ↑ Et en y rétablissant la ponctuation ainsi que l'accentuation nécessaires.
- ↑ Dans son récit des événements accomplis en Anjou pendant le mois de novembre 1592, il parle des tyrannies de René Bodet, le lieutenant du prévôt, que « La Vallée a mis au rang de ceulx qui ont tourmenté et affligé les bons catholicques, en ses vers liricques appelez Picque-mousche ». Or, ce René Bodet n'est nommé que dans la cinquante-deuxième strophe du texte copié par M. Blordier-Langlois.
- ↑ Jérôme d'Arradon qui s'était vu confier par Mercœur le commandement d'Hennebont et de Blavet réalisa vite que les Espagnols se conduisaient en conquérants et ne reconnaissaient pas d'autre autorité que celle de leur roi, Philippe II.
- ↑ Le polliticque, dit Louvet, est celluy qui contrefaict le catholicque et en son âme est huguenot. En Provence et dans le Midi, le peuple était hostile aux royaux et aux politiques, qu'il appelait les bigarras et qu'il affectait aussi de confondre avec les calvinistes. Entre les catholiques ardents et les huguenots fanatiques, il s'était formé un groupe important, composé de catholiques modérés, qui voulaient le rétablissement de la paix publique, par la tolérance, et une répression énergique des factions. Les trois Montmorency, Charles de Montmorency-Damville, Guillaume de Montmorency-Thoré et Henri Ier de Montmorency, étaient les chefs de ce parti des Malcontents, qui comprenait un grand nombre de magistrats et de riches bourgeois.
- ↑ Il s'agit d'une ellipse qui signifie : il suffit de courir sus aux royaux pour les mettre en déroute.
- ↑ Les lettres imprimées de Henri IV et les manuscrits du temps portent souvent Mercur au lieu de Mercœur. Ce n'était pas une erreur de plume; c'était la forme d'écriture représentant la manière dont on prononçait alors le nom, dit Auguste de Bastard d'Estang, dans Une lettre sur la bataille de Craon, le 23 mai 1592, publiée dans la Revue historique et archéologique du Maine, 1883, t. II, p. 293-315.
- ↑ Il s'agit de François de Bourbon-Conti
- ↑ Cela signifie, sans doute, mal nourri, malingre, chétif. Le texte d'André Blordier-Langlois porte mal nourri. On a imprimé dans la Revue de l'Anjou, à tort, Maunoury, comme s'il s'agissait d'un personnage de ce nom. Mais la qualification de prince ne permet pas d'accepter cette interprétation. Il n'y avait dans les rangs des royaux que deux princes: le prince de Conti et le prince de Dombes. Bodard de la Jacopière se trompe quand il indique, dans ses Chroniques Craonnaises, p. 329, note 3, Mannoury (sic), comme le surnom de Montmorency, qui était duc et non prince.
- ↑ Les Anglais, alliés des royaux, étaient de féroces brigands. Lesquelz Anglois, raconte Jean Louvet, ont faict grand dommaige au païs d'Anjou pour avoir tué beaucoup de prestres, tout rompu et brisé en l'abbaye des Anges et aultres églises où ilz ont passé.... ». Le village des Anges est situé dans la commune de L'Hôtellerie-de-Flée (Maine-et-Loire) et en partie dans celle de Saint-Quentin-les-Anges (Mayenne). Les Anglois, rapporte Jean du Mats de Montmartin, qui avait guerroyé avec ces bandes indisciplinés, vivoient comme Anglois ont accoustumé de vivre en France.
- ↑ Jean Louvet dit, en note, que ces Bourbons sont « Messeigneurs les princes de Conty et de Soissons ». Il se trompe; ce sont Conti et Montpensier. Charles de Bourbon-Soissons, comte de Soissons, fils de Louis Ier de Bourbon-Condé, et de Françoise d'Orléans, n'assistait pas à la bataille de Craon.
- ↑ Se mettant en sûreté.
- ↑ Les soldats royaux, quoique si mal approvisionnés, qu'après la première escarmouche ils n'avaient plus de balles et mirent à la place de petits cailloux et les boutons de leurs pourpoints, se défendirent avec un grand courage contre les ligueurs. La lutte se soutint avec des chances égales depuis le matin jusqu'à trois heures de l'après-midi. A ce moment, les munitions manquèrent complètement dans l'armée des princes, qui prolongea néanmoins la résistance jusqu'à la chute du jour. La retraite ne commença qu'à six heures du soir. C'est la charge de Bois-Dauphin qui mit le désordre dans les rangs des royaux et entraîna leur débandade. « Le terrible sauve-qui-peut retentit de tous côtés et la déroute devint générale. Ce n'est plus un combat, c'est un massacre sans pitié » dit Ambroise Ledru, dans son étude sur Urbain de Laval Boisdauphin, marquis de Sablé, maréchal de France (1557-1629), p. 47.
- ↑ La dévotion du duc de Mercœur était célèbre. Saint François de Sales nous apprend qu'il « employoit le temps qui lui restoit pour son plaisir à l'Oraison et à la lecture des bons livres.... Il bâtit à ses dépens les monastères des PP. Capucins et des Minimes de Nantes, desquels il avoit reçu plusieurs faveurs signalées et nommément Mademoiselle sa fille, qu'il obtint par l'intercession de saint François d'Assise.
- ↑ Fanfaron.
- ↑ Qui excite le dégoût et pour ainsi dire l'horreur par la saleté.
- ↑ Petit poignard et le cliquet d'un moulin, le rouet.
- ↑ Conduite.
- ↑ Ahan grand effort. Suer d'ahan, faire une chose très pénible. Ce mot donne l'idée de l'effort. C'est l'onomatopée de la respiration que fait entendre l'ouvrier qui travaille durement.
- ↑ C'est une allusion à un jeu où l'on se cherche et l'on se prend quand on se trouve, selon Blordier-Langlois.
- ↑ Mot emprunté de l'espagnol qui signifie lâche, misérable.
- ↑ Les du Bouchet, dont Raoul du Bouchet, participant au Siège de Laval en 1429, étaient aussi seigneurs de la Haie-de-Torcé, en la paroisse de Torcé, près de Vitré. L'Abbé Angot indique que René du Bouchet, chevalier de l'Ordre du roi, seigneur des Landes, de Coquesac, de Pingené, catholique parmi les royaux, est visé dans le couplet du Picque-Mouche, 1592. Anne Chenu, sa femme, est enterrée dans l'église de Méral en 1627.
- ↑ Sac, poche, gibecière.
- ↑ François (II) de La Trémoille, marquis de Noirmoutiers, baron de Châteauneuf, seigneur de Craon et de Rochefort, ami et coreligionnaire de Philippe Duplessis-Mornay. Il figurait en 1592 dans l'armée du prince de Conti qui assiégea le château de Rochefort-sur-Loire défendu par les Saint-Offange. Ce fut en sa faveur que Noirmoutier fut érigé en marquisat, en 1588.
- ↑ Celui qui porte une barbe inculte.
- ↑ Du Bellay, dit Jean Louvet, dans une note, était seigneur de la châtellenie du Plessis-Macé. C'était un ardent partisan de la cause royale. « Le vingt-cinquième jour dudict mois et an (1591), la ville et chasteau de Chemillé a esté prinse par ceulx du party des princes catholicques nonobstant l'empeschement de M. du Bellay qui y seroit allé, qui auroit esté contrainct s'en revenir sans rien faire. (Journal de Louvet.) La terre du Plessis-Macé était alors dans toute sa splendeur. Par trois fois, les 10, 13 et 18 mai 1598, des chasses et des fêtes y convièrent le roi Henri IV. (Voir, sur le Plessis-Macé, Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, t. III, p. 122 et suiv.) René du Bellay, seigneur du lieu, et Martin du Bellay, sieur de Commequiers, son fils, page de Henri III, puis, plus tard, maréchal des camps et armées du Roi, assistaient au siège de Rochefort-sur-Loire.
- ↑ Georges de Vauldrey, sieur de Saint Phalle en Champagne et de la Bourgonnière, avait pris possession, à main armée, du Duché de Beaupréau, en 1578, au détriment de Guy de Scépeaux. Une sentence du sénéchal d'Anjou l'y maintint le et son fils Charles en hérita. Le jour de l'Ascension, , la trahison d'un soldat livra à une bande de ligueurs, commandés par le capitaine Florencière, le château et la ville, qu'il mit au pillage et où le même jour il introduisit les garnisons de Montrevault et de Chemillé, au nom de Guy de Scépeaux. Sur la fin de juillet, Rochepot et Saint-Phalle y vinrent mettre le siège avec 2,500 hommes et 3 canons qui battirent en brèche la tour du Trésor pendant plusieurs jours. La place capitula le 4 août (Dictionnaire historique de Maine-et-Loir, t. I, p. 260). C'est sans doute le jeune Charles de Saint-Phalle qui est désigné dans la chanson. Voir, sur les violences de Saint-Phalle et sur l'attentat contre Duplessis-Mornay, à Angers, Bodin, Recherches historiques sur Saumur et le Haut-Anjou, t. I, p. 335. Vie et mémoires de Duplessis-Mornay.
- ↑ Charles de Bretagne, comte de Vertu, seigneur d'Avaugour. Le , le sieur d'Avaugour, avec La Rochepot, Châteauneuf et d'autres seigneurs, se rendait « aux Ponts-de-Cé, au-devant de M. le comte de Soissons, qui entra à Angers par le portal Sainct-Aulbin. » Le 22 du même mois, il allait à la rencontre de la princesse de Condé avec les principaux personnages de la ville. Quelque temps après, il accompagnait le comte de Soissons en Bretagne et ne tardait pas à être fait prisonnier à Chasteaugiron, près Rennes par les troupes du duc de Mercœur. Luette le plaisante « pour ce que M. d'Avaugour estoit fort gras et replain » dit Jean Louvet, dans une note.
- ↑ Louis de Bueil (1544 - 1597) est maréchal de camp à l'armée du prince de Conti et chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. Il achète vers 1569 dans la paroisse de Neuvy-le-Roi un fief consistant en un moulin et une petite ferme du nom de Racan. Au mois de mars 1589, il campait, avec d'autres gentilshommes, aux portes d'Angers proche la Madeleyne. C'est le père du poète Honorat de Bueil de Racan. Il fut blessé et fait prisonnier. La seigneurie de la Roche-Racan était située en Touraine.
- ↑ Bassetenay, gentilhomme gascon, commandait une compagnie de chevau-légers.
- ↑ Madelet était capitaine du Château d'Angers sous les ordres de Pierre de Donadieu, sieur de Puycharic, ou, comme on l'appelle souvent, Pichery. Ce capitaine était renommé pour son flegme qui contrastait avec l'impetuosité de Puycharic. Le 11 novembre 1591, Madelet accompagnait Puycharic qui avait mis en déroute au Port-Thibault un parti de ligueurs de la garnison de Rochefort. Le 6 août 1592, il était parrain de la « galliote» faite sur le quai de la Poissonnerie. (Journal de Louvet.)
- ↑ Guy de Scepeaux, seigneur de Scépeaux, comte de Chemillé, seigneur et duc de Beaupréau, connu sous le nom de comte de Chemillé, capitaine d'une compagnie de cinquante hommes des ordonnances du roi, fut tué « dans une rencontre l'an 1597, du temps de la Ligue, contre laquelle il servoit pour le Roi. » Il était fils de Guy de Scépeaux, seigneur de Scépeaux, de Landevy, de Mausson, et de Mathurine Anger de Crapado. (Père Anselme, VIII, p. 226.)
- ↑ Jean Louvet cite le sieur Fourneaux parmi les gentilshommes calvinistes de l'Anjou qui, en 1577, venaient rendre de fréquentes visites à Louis de Bussy d'Amboise, gouverneur de la province, établi alors au Château d'Angers, « lesquelz taschoient d'attirer ledict Bussy pour leur emparer tant dudict chasteau que de la ville, et de prendre leur party. » Les Chroniques Craonnaises le nomment des Fourneaux. André Blordier-Langlois et l'Histoire d'Anjou, de Barthélemy Roger, l'appellent Fourreau et Foureaux.
- ↑ Jean de la Ferrière, baron de Vernie (Sarthe), commandait au nom de la Ligue, la place de Domfront, en Normandie. Il fut assassiné par les habitants, qui voulaient faire leur soumission au Roi, en 1589. (Julien Rémy Pesche, Dictionnaire topographique de la Sarthe, t. I, Précis historique, CCVIII.)
- ↑ Brouillard.
- ↑ Le béguin de La Coste, c'est le bonnet des galères. (Note d'André Blordier-Langlois.). Cette explication paraît fantaisiste à André Joubert. Pour lui Béguin signifiait simplement coiffe ou bonnet.
- ↑ Pour André Joubert, La Coste, était sans doute un des complices de Michel de Hallot. Il indique n'avoir aucun renseignement précis sur lui. Il existait un certain nombre de fiefs du nom de la Coste, dont un était situé en Bretagne. La seigneurie de la Coste ou la Côte, sise en la paroisse de Saint-Julien-sous-les-Côtes, appartenait au XVIe siècle à la famille du Gourai, qui la possédait déjà au XIVe siècle, selon le Dictionnaire historique de Bretagne. Brantôme, dans ses Grands capitaines françois, cite le capitaine La Coste parmi les officiers du régiment de Louis de Bussy d'Amboise qui furent arrêtés, livrés à Henri de Montpensier et emprisonnés à Poitiers à la suite d'une révolte dans laquelle Saint-Ceval, plus tard gouverneur du château d'Angers, fut compromis également.
- ↑ Il s'agit du capitaine grec qui commandait dans le château, en qualité de lieutenant de Brissac, en l'absence de M. de Boucaulles, et qui fut tué par le capitaine Le Fresne. André Joubert a raconté sa fin tragique dans une nouvelle publiée dans la Revue de l'Anjou du . Il jouait au trictrac dans le Corps de garde quand il fut poignardé par Le Fresne.
- ↑ De Villiers n'a laissé aucune trace dans l'histoire. Il existe un certain nombre de seigneuries qui portent ce nom. Peut-être le sieur de Villiers était-il le seigneur de la terre de Villiers, commune de Vivoin (Sarthe). Ce domaine était possédé, croit-on, au milieu du XVIe siècle, par une famille de huguenots. On dit qu'ils y avaient érigé un prêche dont on a trouvé les traces. (Dictionnaire topographique de la Sarthe, t. VI, p. 582.)
- ↑ retardataires, ceux qui lanternent, qui musent.
- ↑ Chenu, seigneur du fief du Bas-Plessis, près Chaudron (M.-et-L.), était issu d'une famille qui possédait cette terre dès le xv siècle. La seigneurie relevait de Montrevault Haut et puissant Pierre Chenu, chevalier de l'Ordre du roi, acquit le de son suzerain Charles Turpin, comte de Montrevault, tous les honneurs seigneuriaux de la paroisse avec les droits de sceau, mesures, prévôté, moulin et four-à-ban et l'autorisation de faire ériger la terre en châtellenie. Archives de Maine-et-Loire. E. 1979.)
- ↑ À cause de sa trahison envers Henri III , qu'il abandonna quand celui-ci devint ligueur.
- ↑ Louis de Clermont, sieur de Bussy d'Amboies.
- ↑ Serrouet ou Sorrhouet, « soldat de fortune, qui s'est avancé aux guerres de la Ligue et qui a épousé une fille de Dubois de Soulaire. » (Note du vieux manuscrit copié par M. Blordier-Langlois). C'est sans doute Jean de Sorhoette, mari de Simonne de Portebise, fille de Pierre de Portebise, un des chefs du parti protestant en Anjou. Le Château du Bois est situé à Soulaire-et-Bourg. (Voir aux Archives de Maine-et-Loire, E. 3972, le dossier des Sorhoette.)
- ↑ Mettre un homme au rouet, en langage populaire, veut dire le mettre à ne savoir ni que dire ni que faire.
- ↑ Les lièvres de Beauce sont renommés dans les traités de vénerie.
- ↑ Ustaud ou hustaud repas, banquet.
- ↑ Mathie Aubeux tenait le jeu de paume du Pélican à Angers. A droite du faubourg Saint-Michel, l'ancien Clos Pineau était devenu, au XVe siècle, l'hôtellerie du Pélican, célèbre par son jeu de paume, où Henri IV fit sa partie avec Jean-Louis de Nogaret de La Valette le jour même de son entrée, le 7 mars 1598. Il s'étendait jusqu'à la Chasse royale, d'où dépendait un autre petit jeu de paume. Le Pélican appartenait en 1593 à Luc Gaignard. (Péan de la Tuilerie, Description de la ville d'Angers, édition annotée par Célestin Port, p. 369, 370, note 1.)
- ↑ M. de la Lande de Chenevière, « noble et prévost d'Angers » (Note de Jean Louvet.)
- ↑ Le 14 janvier 1596, Louis de Cheverue, prévôt d'Angers, fut pris par les ligueurs aux portes d'Angers. Les Cheverue étaient sieurs de la Lande, fief dans la paroisse de Saint-Aubin-du-Pavoil relevant du fief d'Entre-les-Eaux. Cette famille était opulente. L'hôtel SainteBarbe, rue de la Poissonnerie, à Angers, appartenait en 1605 aux Cheverue. Louis de Cheverue, sieur de la Boutonnière, avait acquis de Pierre Gallichon de Bellemotte, héritier de René Juffé, l'hôtel appelé hôtel de Cheverue, dans la rue Saint-Julien. Dans la rue de la Bouteille, on remarquait l'hôtel Nepveu, plus tard de Cheverue. (Voir Péan de la Tuilerie, ibid., p. 288, 409, 523, 164.)
- ↑ A l'enterrement de Madelon Hunault, sieur de la Thibaudière, maire d'Angers, le 21 juin 1592, Madame de Moussy-Barjot, femme du président cité dans la chanson, et Madame de Puygaillard accompagnaient la veuve et les enfants du défunt. Le 7 décembre de la même année, Barjot fut enterré dans le chœur de l'église du couvent des Cordeliers d'Angers, selon le Journal de Louvet.
- ↑ Eventard, châtau, commune d'Ecouflant. C'était la maison de plaisance des évêques d'Angers depuis la fin du Xe siècle. On remarque dans une chambre l'inscription suivante: Charles Miron, évêque d'Angers, m'a fait faire en 1609, et ses armoiries.
- ↑ La Haye-aux-Bonshommes, commune d'Avrillé, prieuré de l'Abbaye de Grandmont, fondé vers 1178 par Henri II dans le parc des comtes d'Anjou, qu'il donna aux religieux avec divers domaines dans les paroisses de Montreuil-Belfroy et sur la vallée. En dehors de l'enclos s'élevait la Maison prieurale. Charles Miron, évêque d'Angers, était prieur de la Haye-aux-Bonshommes en 1592. (Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, t. II, p. 342.)
- ↑ Principions principicules, princes peu puissants.
- ↑ Coré, Dathan et Abiron furent engloutis pour s'être révoltés contre l'autorité de Moïse.
- ↑ Chaires : chaises.
- ↑ Le chansonnier fait ici allusion, sans doute, aux poursuites dirigées contre le chancelier Guillaume Poyet.
- ↑ Jacquet Nourri, dit André Blordier-Langlois, dans une note, était un pauvre comédien du temps.
- ↑ Pantalon était un personnage bouffon du théâtre italien. Au figuré, c'est un homme qui joue toute sorte de rôles.
- ↑ Besson était président de la Chambre des comptes à Nantes. (Note d'André Blordier-Langlois.)
- ↑ Simarre, espèce de soutane que certains magistrats portent sous leur robe.
- ↑ Peaulx: fourrures.
- ↑ Barbute bonnet avec mentonnière.
- ↑ Culotte. Le mot est employé dans ce sens par François Villon.
- ↑ Rôlet, petit rôle.
- ↑ Il s'agit d'un souffleur de théâtre. Le terme est utilisé aussi par Rabelais.
- ↑ Besicles : lunettes à branches qui se fixent à la tête.
- ↑ Arroy : train, équipage
- ↑ Blâme.
- ↑ L'acharnement dont Michell Luette fait preuve contre Pierre Ayrault nous montre combien ce personnage qui, selon Jean Louvet, « avoit faict coupper des testes à ung grand nombre de gentilshommes de ce pays d'Anjou, qui estoient mauvais et qui l'avoient bien mérité » était haï des ligueurs.
- ↑ La princesse désigne probablement Élisabeth Ire, reine d'Angleterre, alliée au parti des royaux. Peut-être est-ce aussi la princesse de Conti qui est ici visée. Jeanne de Coesme, dame de Bonnétable, avait épousé le 17 décembre 1581 François de Bourbon-Conti, prince de Conti, cité dans la chanson; elle mourut le 26 décembre 1601.
- ↑ Mot forgé par l'auteur du Picque-Mouche.
- ↑ Son bègue désigne ici François de Bourbon-Conti.
- ↑ En Italie, domestique armé et portant manteau. En mauvaise part, laquais de haute taille, et aussi coupe-jarret, brigand, assassin de profession.
- ↑ Référence aux Anglais, qui combattirent à la bataille de Craon, dans les rangs des royaux.
- ↑ Navets.
- ↑ Liffres loffres: synonyme de goinfres. Cette expression a été employée par Rabelais.
- ↑ Allemagne. Les Allemands figuraient, à la bataille de Craon, dans les rangs de l'armée royale et composaient le corps des lansquenets.
- ↑ Les gants de peaux, venus d'Espagne, étaient alors à la mode.
- ↑ Couez: terme de chasse qui se dit des animaux auxquels on n'a pas coupé la queue. (Note d'André Blordier-Langlois.). On appelle les Anglais coués parce qu'en 599 ceux de Dorchester attachèrent des grenouilles au derrière de ceux que le pape leur avait envoyés pour leur prêcher l'Evangile, en punition de quoi, comme dit la légende, ceux de cette province naissent avec une queue par derrière, ce qui a fait surnommer les Anglais coués. (Dictionnaire de Trévoux). Le mot « couez » est peut-être une allusion au fait que les Anglais étaient alors considérés comme des diables, si bien que l’imagination populaire leur attribuait une queue. Une autre interprétation est d'attribuer à ce mot le sens de « peureux » ou « lâche », si l'on considère qu'il est apparenté au mot « couard » en français et coward en anglais.
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- André Joubert, Étude sur les misères de l'Anjou aux XVe et XVIe siècles (présentation en ligne).
