Le quartier Saint-Pierre est urbanisé dès le Iersiècleav. J.-C. et correspond au cœur de la ville romaine: inscrit dans une boucle de la Charente, il s'articule autour du cardo et de la principale voie décumane (actuelle rue Victor Hugo), et est dominé par le forum romain, probablement situé sur ce qui est l'actuelle colline du Capitole[1]. Au IIIesiècle, tandis que s'ouvre une période de troubles, la ville antique se contracte en un castrum ceint de puissants remparts. Basiliques et temples sont démontés pour servir à l'édification de l'enceinte, qui demeure en place jusqu'au XVIIIesiècle.
Le quartier accueille au Moyen Âge une cathédrale et une cité épiscopale comprenant, outre le palais épiscopal, un hôtel-Dieu, une manécanterie et un cloître canonial. Seul ce dernier a survécu aux déprédations dont a souffert la cité durant la période révolutionnaire, tandis que le palais épiscopal était démoli en 1846 et que le doyenné du chapitre épiscopal se consumait dans un incendie en 1871.
Bien que plusieurs églises médiévales aient également été détruites (église Saint-Maur, église Saint-Michel, au XIXesiècle ), de même que le couvent des jésuites (1965), des témoignages de l'architecture religieuse ont été préservés, tels l'église Sainte-Colombe et le couvent des jacobins. Symbole du pouvoir civil, l'hôtel de l'échevinage est également conservé.
La rue Victor Hugo
L'enceinte urbaine est démantelée au XVIIIesiècle sur l'ordre de l'intendant Guéau de Reverseaux, soucieux d'aérer la ville. Ainsi sont également démolies les deux portes médiévales qui seules permettaient l'accès au quartier: la porte Evesque et la porte Aiguière.
Au XIXesiècle, la place du marché (anciennement connue sous le nom de «marché aux herbes») est agrémentée d'une halle, aujourd'hui détruite et remplacée par un marché couvert plus discret.
Le couvent des jacobins est transformé en bibliothèque municipale en 1938, puis en médiathèque en 2001. Le bâtiment mitoyen, dit «de l'hostellerie», a été converti en un espace consacré aux activités patrimoniales et culturelles en 2007.
De nos jours, le quartier conserve sa topographie médiévale, faite de ruelles, venelles et placettes, lesquelles convergent souvent vers la cathédrale Saint-Pierre. Si la place du Synode et la rue des Jacobins abritent plusieurs maisons du XVesiècle, dont l'une conserve des traces de colombages, la majorité des maisons ont été remplacées par des hôtels-particuliers et des maisons bourgeoises au XVIIesiècle et XVIIIesiècle[2].
Notes et références
↑ in Mediolanum Santonum, Saintes: de la fondation jusqu’à l’époque julioclaudienne, par Laurence Tranoy, page 231