Quartier de l'Orphelinat (Nouméa)
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Anciens noms
D'abord appelée baie des Anglais, elle prend pendant un temps l'appellation de baie de la Bayonnaise, reprenant ainsi le nom de la corvette dont le capitaine, un certain M. Le Bris, fut commandant supérieur de la Nouvelle-Calédonie, récemment devenue française entre 1856 et 1857. À partir de 1867, elle englobe plus généralement la petite baie des Pêcheurs voisine (située entre les pointes Brunelet et Chaleix, la première ne consistant pas en soi en une véritable séparation entre les deux baies).
L'orphelinat
Le quartier tire son nom actuel du fait que, entre 1866 et 1884, y étaient prises en charge, par les sœurs de Saint-Joseph de Cluny, les « orphelines de l'Impératrice », envoyées sous le parrainage de l'impératrice Eugénie de Montijo afin d'augmenter la population féminine de la colonie. L'orphelinat devient ensuite, lors des épidémies de peste fréquentes au début du XXe siècle, un lazaret, puis un lieu d'accueil des immigrants javanais venus travailler dans les mines.
Un quartier industriel
Le quartier est aussi le lieu des premières activités industrielles développées à Nouméa. En 1877, MM. Le Mescam, Carbonneau et Belet fondent la première fonderie de nickel dans des ateliers situés entre les pointes Brunelet et Chaleix (à l'emplacement des actuels Port-Plaisance et le Cercle des nageurs calédoniens CNC). Elle est composée de deux hauts fourneaux. Après la faillite de la Banque Marchand, qui déstabilise fortement l'économie locale la même année, cette première usine est rachetée par la société de John Higginson. Cette dernière fusionne en 1880 avec la compagnie de Jules Garnier pour devenir la Société Le Nickel (SLN). Les Hauts fourneaux de la pointe Chaleix traitent le minerai de manière grossière pour le transférer ensuite à l'usine de Septèmes-les-Vallons au nord de Marseille. La production est arrêtée en 1885, et les infrastructures sont transportées en 1887 vers le site d'Ouroué, au nord de Thio, sur la côte est[1].
À cette activité métallurgique s'ajoute l'installation en 1883, à l'angle sud-est de la baie, d'une usine à gaz (d'où le nom de « Vallon du Gaz » que porte encore aujourd'hui la petite vallée donnant sur la baie où cette usine était située). Celle-ci va alimenter à partir de 1887 les premiers réverbères de la ville, allumés chaque soir. L’éclairage électrique inauguré en 1932 met un terme à l'utilité de cette usine, peu appréciée des riverains et finalement démolie en 1937. Par la suite, le quartier s'affirme, et ce jusqu'à nos jours, comme une zone résidentielle.
